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20/02/2013 05:30 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

Déficit zéro: et puis après?

PC

Le gouvernement Marois est obsédé, à juste titre à mon avis, par la volonté d'éliminer le déficit budgétaire du Québec, dès l'an prochain.

Ce qui est loin d'être clair et ce qui inquiète c'est: qu'arrive-t-il après le déficit zéro?

Le message qui est martelé par la première ministre et ses principaux ministres consiste à dire que le Québec a un «mauvais moment à passer» avant de retrouver le cycle «vertueux» (dixit Bernard Landry) de finances publiques en équilibre.

On annonce, déjà, des corrections importantes des budgets en 2014-15. Par exemple, pour faire avaler les compressions de 124 millions$ en éducation, Mme Marois soutient que son gouvernement va augmenter le budget de ce secteur de 8,5% dans 2 ans.

Pour mesurer ce que ça signifie, mentionnons que les dépenses des ministères ont été plafonnées à 1,8% cette année, les exceptions étant la Santé (3,4%) et l'Enseignement supérieur (2%).

Il s'agit donc d'un bond prodigieux en terme de dépense.

La première ministre s'est engagée en Chambre à réinvestir aussi en Santé et en Culture après ce passage obligé.

Interrogée par l'opposition libérale, Mme Marois a affirmé qu'elle misait sur une forte croissance économique, et la richesse qui en découle, pour y parvenir. Soit.

Le nouveau gouvernement a renoncé à certains revenus dans son dernier budget, 300 milions $ notamment provenant de la hausse des frais de scolarité.

Le portrait de nos finances est fardé par le règlement du dossier de la TPS-TVQ qui a représenté 733 millions, l'an dernier, et 1,4 milliard $ en 2013-14. De l'argent non récurrent.

Les transferts fédéraux dépassent les 15 milliards$ et le Québec devrait se préoccuper des finances de l'Alberta. La province des sables bitumineux est confrontée à une chute de ses revenus et supporte un déficit de 4 milliards $.

La richissime province qui alimente la péréquation a annoncé un gel de salaire de ses cadres et la mise à pied de fonctionnaires!

En 1996, le premier ministre Lucien Bouchard avait fait de l'atteinte du déficit zéro la priorité des priorités, un véritable mantra.

La société civile s'était mobilisée lors de sommets pour ramener le déficit du Québec de 3,9 milliards$ à zéro en 4 ans, au tournant du siècle.

La mesure la plus spectaculaire avait été la mise à la retraite anticipée de certains employés de l'État. Plus de 30,000 personnes ont sauté sur l'occasion, surtout des profs, des infirmières, des médecins.

Pour empêcher un retour en arrière et retomber en déficit, le gouvernement Bouchard avait fait adopter une loi anti-déficit qui contenait des ouvertures dans lesquelles se sont engouffrés les libéraux de Jean Charest.

Le gouvernement Marois ne peut se contenter de promettre la Terre promise en 2014-15. Il lui faut un plan de réduction de la taille de l'état s'il veut éviter d'échapper, à nouveau, l'objectif zéro, à moins bien sûr, que les revenus ne croissent de façon providentielle.

Sinon, on sera porté à croire que le gouvernement ne cherche qu'un argument électoral pour chercher une majorité, au printemps prochain, lors d'élections qui semblent inévitables.

EN IMAGES:

Le meilleur et le pire du gouvernement Marois