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12/09/2016 07:23 EDT | Actualisé 12/09/2016 07:27 EDT

Grosse chicane de famille

Le Parti québécois s'est tapé en fin de semaine à Sherbrooke une vraie chicane de famille qui va laisser des cicatrices.

Le premier débat entre les candidats au leadership du PQ tenu à Sherbrooke a atteint une virulence étonnante dans une course entre voisins de bureau.

Martine Ouellet s'est en quelque sorte sorti du jeu en ramenant le fait que le meneur présumé, Alexandre Cloutier, a voté en faveur de trois forages à Anticosti. Bien préparé, cette fois-ci, Cloutier lui a mis sous le nez que c'est elle, en tant que ministre des Richesses naturelles, qui a signé l'entente avec Pétrolia et l'a défendue sur les tribunes.

Et vlan. La députée a rejeté la responsabilité sur l'ex-première ministre Pauline Marois. On apprend donc que la ministre ne pesait pas lourd dans le cabinet et qu'elle a préféré gommer ses convictions vertes pour garder sa limousine.

En décrivant ses adversaires comme des «provincialistes», Martine Ouellet, qui n'a pas rallié un seul député à sa candidature, ne s'est pas fait des amis.

«La présence écrasante de Pierre Karl Péladeau dans l'autre course au leadership avait fait oublier les divisions profondes au sein du PQ. Elles sont revenues en force.»

Jean-François Lisée et Alexandre Cloutier ont connu un fort débat bien que Lisée ait perdu un peu de sa superbe en interrompant son rival (au point de se faire couper le micro).

L'objet de l'affrontement: une proposition, une parmi tant d'autres dans la vie de l'ex-stratège, de privatiser 25% d'Hydro-Québec pour dégager 2 milliards$. C'est de bonne guerre, mais cette proposition date tout de même d'une dizaine d'années.

Le candidat Lisée devait lui rendre la monnaie de sa pièce en ridiculisant son projet de train électrique reliant Québec et Montréal. «Ça ne dépend pas de toi...tu ne possèdes pas la voie, tu ne possèdes pas Via », de faire observer ce dernier.

La mécanique référendaire s'est invitée dans le débat et a provoqué des échanges brutaux. Après avoir dit que son flair lui dirait quand déclencher un référendum, Alexandre Cloutier soutient maintient que ce sera le Conseil national du parti qui décidera, 6 mois avant une élection.

Tu nous prépares un «traumatisme», une «chicane historique» de rétorquer le député de Rosemont qui a soulevé que le chef pourrait se faire renverser par son parti.

C'est un bon argument, 6 mois c'est un délai trop court, d'autant que les campagnes électorales se mettent en branle, en réalité, un an avant l'ouverture officielle des hostilités.

La présence écrasante de Pierre Karl Péladeau dans l'autre course au leadership avait fait oublier les divisions profondes au sein du PQ. Elles sont revenues en force.

Lisée et Cloutier ont beau affirmer qu'ils vont se rallier au nouveau chef, cette course révèle des lignes de fracture.

Un mot sur Paul Saint-Pierre-Plamondon: il a bien fait, mais c'est plus facile pour un «outsider» qui n'est pas un élu.

Le PQ aime se décrire comme le parti des débats. Pour beaucoup de gens, il est surtout le parti de la chicane.

La famille péquiste est-elle dysfonctionelle?

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