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25/09/2015 09:22 EDT | Actualisé 25/09/2016 05:12 EDT

Débat: pas de vainqueur mais un perdant

Le débat de Radio-Canada n'a pas désigné de vainqueur. Thomas Mulcair qui semblait se diriger vers le pouvoir il n'y a pas si longtemps devait dominer cet affrontement pour stopper la glissade de son parti. Il ne l'a pas fait.

Thomas Mulcair, le chef du NPD, n'a pas connu un débat des chefs qui lui permette de freiner le recul de son parti ce qui en fait le perdant de ce premier affrontement en français.

Stephen Harper et Gilles Duceppe ont bien performé alors que Justin Trudeau a trébuché à quelques reprises et connu son plus mauvais débat depuis le début de cette campagne électorale.

Le port du niqab et la question constitutionnelle ont nettement départagé les chefs des partis fédéraux et provoqué les échanges les plus vifs.

Trois chefs ont tenté de minimiser l'importance de prêter serment de citoyenneté à visage découvert. C'est Stephen Harper qui a lancé les hostilités en cette matière en parlant de sa fille. Thomas Mulcair a bondi pour affirmer que le premier ministre se cache derrière le niqab pour faire oublier son bilan de 10 ans. «C'est une arme de distraction massive», a-t-il asséné.

Pour Justin Trudeau l'État ne peut imposer un vêtement à une femme, point final. Élizabeth May, chef du Parti vert, du haut de son 1% d'appui, a cherché à noyer le poisson en affirmant: «quel est l'impact du niqab sur l'économie?».

Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois, a rappelé à tout ce beau monde qu'il ne s'agit pas d'une question anodine comme le démontre le vote unanime de l'Assemblée nationale.

Le revenant de la politique a faut preuve de beaucoup d'aisance et démontré sa vaste expérience. Il a tenté d'obtenir des engagements des autres chefs sur les transferts en santé la caisse d'assurance-emploi, les ventes d'armes à l'Arabie saoudite, la gestion de l'offre...

Reste à savoir si les électeurs considèrent toujours que le Bloc peut faire une différence à Ottawa.

Le débat s'est animé également sur l'abolition du Sénat et la question constitutionnelle. Thomas Mulcair a demandé aux électeurs un «mandat pour se débarrasser du Sénat» bien qu'il sache très bien que c'est une mission quasi impossible.

D'ailleurs, Duceppe lui a rappelé que la constitution «n'est pas amendable». L'animosité entre Duceppe et Mulcair était palpable.

Stephen Harper a été égal à lui-même et a réussi à placer tous ses messages sur un gouvernement responsable qui baisse les taxes, assure la sécurité et contrôle les finances. Il s'est donné une stature de premier ministre (sortant) et a piqué le chef bloquiste en disant que les négociations constitutionnelles c'est «passé date».

Mis à part Duceppe, les interventions des chefs étaient particulièrement scriptées. Dans certains cas, la réponse n'avait rien à voir avec la question posée. Les spectateurs ont eu droit à des dizaines de «j'ai un plan pour le Canada» . Le chef libéral emporte la palme du recours à la cassette. Justin Trudeau a démontré qu'il maîtrise mal le français et le chef conservateur a bredouillé à quelques occasions.

Quant à Mme May....

Le débat de Radio-Canada n'a pas désigné de vainqueur. Thomas Mulcair qui semblait se diriger vers le pouvoir il n'y a pas si longtemps devait dominer cet affrontement pour stopper la glissade de son parti. Il ne l'a pas fait.

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