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13/02/2014 12:06 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Philippe Couillard et les tirs amis

Philippe Couillard a connu une bonne performance en Chambre cette semaine à titre de chef de l'opposition officielle. Ce qu'il n'avait pas prévu c'est qu'il serait victime de tirs amis.

Deux périodes de questions ne font pas une carrière, mais il a trouvé le ton juste et démontré un sens de la réplique intéressant. Quand la première ministre Pauline Marois lui a demandé de répondre à une question, il a rétorqué qu'elle aurait tout le loisir de poser des questions... quand elle aura traversé le Salon bleu.

Mercredi, au cours d'un échange sur le budget du Québec, il a évité le piège que lui tendait la première ministre qui voulait l'entendre dénoncer le budget fédéral. Le chef libéral a lancé alors qu'avec le PQ c'est toujours la faute de quelqu'un: le fédéral, les libéraux et, pourquoi pas, El Nino.

Il est évident que quelques-unes de ces lignes étaient préparées, mais le ton était donné et il a sans doute rassuré ses troupes sur sa capacité à tenir tête à la première ministre.

Henri-Francois Gautrin et Fatima Houda-Pepin ont gâché ses premiers pas.

Le brumeux député de Verdun a prédit une victoire majoritaire du PQ aux élections ce qui équivaut à marquer dans son but à un moment décisif.

Le cas de la députée de La Pinière est bien plus dérangeant pour le PLQ. Son exclusion du caucus libéral en a fait une vedette instantanée, invitée à TLMEP et à toutes les tribunes médiatiques. En martelant qu'elle demeure une libérale, elle met en cause le leadership de celui qui a remplacé Jean Charest.

Le projet de loi privée qu'elle a déposé a le mérite de s'attaquer au problème réel, la montée de l'intégrisme religieux, plutôt que de cibler une clientèle de femmes musulmanes pour des motifs électoralistes. Sur les mariages forcés, la polygamie, les mutilations, il contient des pistes intéressantes et rappelle à quel point la Charte des valeurs de Bernard Drainville rate la cible.

Les oppositions ont senti la bonne affaire et la députée libérale indépendante sera invitée dans les caucus de ses adversaires. On maintient l'impression que les libéraux sont divisés sur cette question.

Le gouvernement a une bonne occasion de démontrer qu'il est parlable en troquant le bannissement des signes ostentatoires chez ses employés pour des clauses Fatima.

Chez les libéraux, on reproche à la députée d'avoir piraté en quelque sorte le travail du comité Ouimet qui étudiait ces questions. Certains rappellent qu'elle n'était pas montée aux barricades quand le gouvernement Charest avait présenté le projet de loi 94 (sur l'identité) qui est mort au feuilleton. «Elle avait voté avec le caucus» souligne-t-on.

Par ailleurs, on assure que toutes les contorsions ont été faites pour «accommoder» cette dernière avant la rupture.

En rétrospective, Philippe Couillard aurait été mieux avisé de permettre la dissidence de Fatima Houda-Pepin et d'assouplir la ligne de parti.

Son métier, malgré un assez bon début, il l'apprend à la dure.

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