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17/03/2013 05:54 EDT | Actualisé 17/05/2013 05:12 EDT

L'ère Couillard et ses inconnues

Ils ont choisi un homme qui n'est pas député, qui n'a pas de pensée économique bien connue, l'expérience d'un seul ministère, un intellectuel de haut vol, qui traîne ses amitiés avec le Dr Arthur Porter comme un boulet, un orateur ordinaire qui veut réouvrir un débat constitutionnel dont personne ne veut entendre parler. Cet homme, Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec, avait un gros avantage: il plait dans les sondages et pourrait redonner le pouvoir aux libéraux.

CP

Ils ont choisi un homme qui n'est pas député, qui n'a pas de pensée économique bien connue, l'expérience d'un seul ministère, un intellectuel de haut vol, qui traîne ses amitiés avec le Dr. Arthur Porter comme un boulet, un orateur ordinaire qui veut réouvrir un débat constitutionnel dont personne ne veut entendre parler.

Cet homme, Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec, avait sur ses 2 adversaires (Pierre Moreau et Raymond Bachand) un gros avantage: il plaît dans les sondages et pourrait redonner le pouvoir aux libéraux. Cela lui a procuré une victoire sans équivoque, avec 58,5% du vote des délégués au congrès au leadership.

Le Dr. Couillard ne pourra pas diriger ses troupes en Chambre dès mardi prochain et affronter Pauline Marois. Bien sûr, cela lui donne les coudées franches pour sillonner le Québec et reconstruire le PLQ mais, inversement, il est assez loin de la patinoire alors qu'on touche à des questions importantes comme la loi 14, les redevances sur les mines, les coupures-surprise...

Il ne dispose pas non plus de plusieurs années avant de faire face à l'électorat.

Le vrai chef présent à l'Assemblée nationale sera donc François Legault de la CAQ.

La marque de commerce et l'obsession du PLQ c'est l'économie.Or, c'est la-dessus que le nouveau chef est le plus vulnérable. A cours des 5 débats entre les candidats il a été extrêmenent flou à ce chapitre et mis de l'avant des propositions vagues à souhait du type une réforme majeure de la fiscalité.

Comme disait Raymond Bachand avant le congrès: qui parlera d'économie si je ne suis pas élu?

Un attaché politique libéral confiait en fin de semaine s'inquiéter de l'absence de tenors versés en économie.

Effectivement, outre Bachand, qui est le porte-étendard du PLQ en ces matières?

Le nouveau aurait intérêt à s'attacher les services de son adversaire qui a subi l'humiliation de finir 3ème.

Cette lacune ouvre la porte toute grande à la Coalition Avenir Québec qui doit dévoiler, la semaine prochaine, une politique économique.

Par ailleurs. l'expérience politique du nouveau chef de l'opposition officielle se limite à un seul ministère, la Santé, secteur toujours affligé de problèmes récurrents. Durant les débats, Philippe Couillard a mis de l'avant bien peu de nouvelles propositions.

Il est aussi un «cérébral», éloigné des préoccupations du monde ordinaire. Il a beau répéter qu'il veut implanter un «open government» cela laisse l'électeur de glace.

Dans son discours de victoire dimanche il avait trouvé de bonnes lignes - «Le PLQ est de retour» - mais son discours du matin aux délégués était plutôt terne.

Des 3 candidats à la succession de Jean Charest, Philippe Couillard est le plus nationaliste et il est le seul à soutenir qu'il faut relancer les discussions constitutionnelles afin que le Québec adhère à la constitution de 1982. Dans un parti où le mot constitution donne des boutons, ce n'est pas gagné.

Tous les jours, le nouveau chef doit expliquer ses relations avec le Dr. Porter impliqué dans l'affaire du CUSUM et ne réussit vraiment pas à évacuer le sujet.

Philippe Couillard est un homme brillant et il saura peut-être surmonter ces difficultés. Il dégage une image d'assurance et de sérieux qui explique sa popularité.

Ce n'est toutefois pas une bête politque du type Jean Charest. Ce dernier, on l'a bien vu en week-end, aurait jeté fait passer les 3 prétendants au trône pour des faire-valoir.

Philipe Couillard me rapelle d'une certaine façon Pierre-Marc Johnson, un autre médecin, présenté come le «dauphin» de René Lévesque et adulé pendant une brève période. Il est vrai qu'on parlait du PQ qui excelle dans l'art de trucider ses chefs et non du PLQ.

Philippe Couillard dispose de quelques mois pour s'imposer comme alternative au gouvernement Marois et ramener au bercail les brebis qui se sont réfugiées sous le parapluie de la CAQ.

Signe de nervosité? Stratégie de positionnement? Jacques Duchesneau commentait l'élection du nouveau chef de l'opposition officielle directement sur les lieux du congrès libéral à Verdun.

Galerie photo Congrès au leadership du PLQ Voyez les images