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28/02/2016 07:09 EST | Actualisé 28/02/2017 05:12 EST

Le PQ et le Quik aux fraises

Cette note discordante est la seule qui est apparue durant cette réunion de 2 jours qui a servi à peaufiner la machine de guerre péquiste.

Qui parle au nom du PQ sur le projet d'oléoduc Énergie Est?

Une fissure est apparue entre Pierre Karl Péladeau, chef du Parti québécois, et le député Sylvain Gaudreault au cours du conseil national tenu en fin de semaine à Trois-Rivières.

Le chef péquiste venait à peine de laisser tomber devant les journalistes que l'opposition au pipeline n'est pas «définitive» que le député de Jonquière clamait que le parti s'y opposerait même s'il transportait du «Quik aux fraises». Déclaration aussi idiote que révélatrice du dogmatisme qui imprègne ce dossier.

Donc, pour les opposants, ce n'est pas le pétrole et les risques de déversement qui posent problème, mais le tuyau lui-même, celui qui traverserait le Québec reliant l'Alberta et le Nouveau-Brunswick.

Cette note discordante est la seule qui est apparue durant cette réunion de 2 jours qui a servi à peaufiner la machine de guerre péquiste.

Toutefois, tout indique que le débat sur les questions énergétiques bat son plein au sein du caucus du PQ. Il y a quelques jours, la députée Martine Ouellet a refusé d'endosser une motion sur le pétrole d'Anticosti et son chef a tenté, maladroitement, de la couvrir pour préserver une image d'unité.

La position du PQ sur le pipeline Énergie Est est pour le moins mouvante. Le PQ de Pauline Marois était nettement pro-pétrole. En novembre 2012, Mme Marois annonçait, en compagnie de la première ministre albertaine, Alison Redford, la formation d'un comité mixte Québec-Alberta sur le transport du pétrole des sables bitumineux.

L'ex-première ministre parlait des avantages pour notre économie, avantages doublés d'un approvisionnement sûr. C'est le PQ qui a permis à Pétrolia de forer à Anticosti.

De tous les candidats au leadership péquiste, PKP était le seul à afficher une certaine ouverture face au projet de TransCanada. Depuis son enthousiasme s'est atténué et le PQ est officiellement contre ce pipeline. Ce n'est pas un non définitif, si on se fie à ses déclarations du week-end.

Par ailleurs, le chef du PQ a profité de sa réunion pour faire de l'œil à Québec solidaire (QS) et Option nationale (ON) en disant vouloir examiner une forme de vote proportionnel. Une proposition assez timide qui a provoqué une surenchère de demandes de la part des autres partis souverainistes.

QS demande la fin de la lutte au déficit zéro, de renoncer à réduire la taille de l'État, de faire une croix Anticosti ... Le PQ deviendrait, en quelque sorte, le Parti solidaire, larguant tous ses sympathisants plus au centre sur l'échiquier politique.

Du haut de son résultat électoral, 0,73%, ON veut que la prochaine élection soit référendaire, rien de moins.

On est bien loin d'une union des 3 formations politiques. Ce rapprochement repose sur une fausse prémisse voulant qu'il suffise d'additionner les scores de chacun des partis pour gagner des élections. Les solidaires sont d'abord des gens de gauche qui voteraient pour l'indépendance seulement si elle créait un état dit «progressiste».

On voit mal Françoise David, elle qui a déjà affirmé que jamais elle ne s'assoirait à la même table que PKP, sceller une entente avec son parti.

Le PQ est-il en train de concéder qu'il est incapable de faire le plein d'électeurs et de prendre le pouvoir sans conclure des alliances?

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