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18/10/2018 19:25 EDT | Actualisé 18/10/2018 19:29 EDT

Conseil des ministres de Legault: des valeurs sûres et des surprises

Le nouveau gouvernement de François Legault est largement inexpérimenté, mais laissons la chance au coureur.

François Legault a présenté un Conseil des ministres composé de nombreux nouveaux visages, jeudi.
La Presse canadienne
François Legault a présenté un Conseil des ministres composé de nombreux nouveaux visages, jeudi.

Il y avait un petit air de 1976 à l'Assemblée nationale quand François Legault a présenté son conseil des ministres de par le nombre de nouveaux visages sur la photo officielle.

René Lévesque, en 1976, avait aligné ce qui fut considéré comme l'un des meilleurs gouvernements québécois avec les Jacques Parizeau, Bernard Landry, Claude Charron, Pierre-Marc Johnson, Lise Payette, Camille Laurin... Dans ce premier mandat, le gouvernement péquiste avait lancé des réformes qui ont fait l'histoire. Un gouvernement courageux.

Une page est tournée maintenant que les libéraux et les péquistes ont fini de se passer le pouvoir. Le temps nous dira si un gouvernement Legault sera à la hauteur de ses promesses. L'impression laissée lors de la formation de ce cabinet c'est que l'on vient de boucler un cycle de 40 ans qui redéfinit le nationalisme, un nationalisme pragmatique.

Le nouveau premier ministre a emprunté la phrase célèbre de son prédécesseur pour conclure son discours après avoir présenté ses ministres: «nous sommes quelque chose comme un grand peuple», comme pour établir une certaine filiation.

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Le conseil des ministres est un mélange de valeurs sûres dans les postes stratégiques (Girard aux Finances, Dubé au Conseil du Trésor, Fitzgibbon à l'Économie, Roberge à l'Éducation, McCann à la Santé, Lebel à la Justice, Bonnardel aux Transports....) et de choix plus risqués.

C'est un gouvernement largement inexpérimenté. Seuls Legault et Marguerite Blais ont déjà dirigé des ministères! Deux des vedettes de la CAQ, Geneviève Guilbaut et Simon Jolin-Barrette en ont beaucoup sur les épaules. La jeune maman est vice-première ministre, responsable de la Sécurité publique (police et désastres) et ministre de la Capitale et, à ce titre, devra livrer un 3e lien malgré le braquage du maire de Québec.

Jolin-Barrette devra justifier la baisse du nombre d'immigrants, faire passer un projet de loi sur la laïcité et, accessoirement, agir comme leader en Chambre. On va beaucoup le voir au cours des prochaines semaines.

Personne n'avait imaginé Jonatan Julien, un comptable ex- bras droit de Régis Labeaume, prendre l'Énergie et les Ressources naturelles.

Si le 450 est au pouvoir avec la moitié du conseil des ministres Montréal est plus isolée.

Marie-Chantale Chassé est la nouvelle ministre de l'Environnement. Cette chef d'entreprise aura la lourde tâche de démontrer que ce gouvernement se préoccupe des changements climatiques.

Si le 450 est au pouvoir avec la moitié du conseil des ministres Montréal est plus isolée. La ministre responsable de la Métropole a un statut de ministre déléguée ou junior, un camouflet pour Montréal. La nouvelle ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, est une enseignante et propriétaire de garderie.

Marie-Ève Proulx devra couvrir tout l'est du Québec qui a tourné le dos à la CAQ.

On comprend que les considérations régionales ont pesé lourd dans la composition de la deuxième ligne du cabinet.

Le gouvernement Lévesque de 1976 nous avait permis de découvrir des néophytes en politique. Laissons la chance au coureur. On aura sûrement des surprises.

Si François Legault a joué d'audace dans l'attribution de certains ministères il s'est gardé un certain contrôle. Tous les ministres sont pairés avec des chefs de cabinet chevronnés choisis au préalable par le bureau du PM. Avec cette ligne directe on espère ainsi éviter les faux-pas.