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17/02/2013 06:47 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Une aventure sans lendemain entre la CAQ et QS

En s'affichant avec Amir Khadir, même pour une bonne cause, François Legault n'a pas marqué de points et a semé la consternation chez bien des sympathisants de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Legault et Khadir ont donné une conférence de presse conjointe, vendredi, pour dénoncer la décision du gouvernement Marois d'autoriser la minicentrale de Val-Jalbert.

«Alliance contre nature», «strange bedfellows»...la twittosphère n'en revenait tout simplement pas de cette alliance ponctuelle entre la gauche et la droite québécoises. Par contre, d'autres vantaient ce moment béni.

Des caquistes étaient franchement scandalisés de ce copinage entre le chef de la CAQ et le co-chef de Québec Solidaire. L'influent Mario Charpentier a émis un gazouillis pour exprimer son désaccord et il aurait, dit-on, abandonné le poste qu'il occupait au sein de la commission politique du parti.

C'est la Fondation Rivières qui a approché la CAQ pour tenir un évènement non-partisan et bloquer ce qu'elle décrit comme la destruction d'un site exceptionnel.

L'opposition de la Coalition à cette minicentrale était déjà connue et la dénonciation commune ne suffira pas à faire reculer le gouvernement ( bien qu'il pédale par en arrière depuis son élection). En décembre c'est la première ministre elle-même qui a mis en marche le projet de Val-Jalbert.

Pour bien des caquistes, principalement ceux qui ont milité au sein de la défunte ADQ, s'allier avec QS c'est pactiser avec le diable et son principal représentant sur Terre.

Selon certains informations, on avait mis en garde l'entourage du chef de lsa CAQ du risque encouru par cette opération médiatique.

Ses conseilers ont jugé sans doute que, faire de la politique autrement, cela veut dire, à l'occasion, mettre de côté la partisanerie. C'est une conception bien noble, mais si le but de la CAQ est de plus être la deuxième opposition, sa cientèle se trouve chez les libéraux, pas les solidaires.

On a beau expliquer, après coup, qu'une opposition au projet de minicentrale est de nature économique et l'autre de nature écologique (est-ce à dire que la CAQ n'est pas préoccupée par l'environnement?), la photo parle.

Les libéraux ont sauté sur l'occasion et y ont vu, sans rire, une alliance entre la gauche québécoise et ce Legault au passé péquiste-gauchiste douteux.

Déjà, jeudi dernier, plusieurs observateurs avaient été surpris quand Amir Khadir a applaudi des deux mains le chef caquiste. Ce dernier avait suggéré de sabrer dans les crédits d'impôt aux entreprises pour remettre 124 millions de dollars en éducation.

Depuis la reprise de la session, la CAQ est revenue dans les nouvelles. L'idée de créer un poste de commissaire à l'intégrité n'est pas bête. Les députés de la Coalition ont poussé pour que le Vérificateur mette son nez dans les livres d'Hydro-Québec et dénoncé la hausse des taxes scolaires.

Le leader parlementaire de la CAQ, Gérard Deltell, minimise la portée de cette affaire mais il sait fort bien que les libéraux vont l'exploiter. « C'est une tempête dans un verre d'eau. On ne parle pas de fusion CAQ-QS mais d'une conférence de presse sur un thème précis. Mois aussi j'ai déjà été applaudi par Khadir en Chambre». Il admet, toutefois, que certains militants sont «fâchés».

La contribution de la CAQ est essentielle actuellement. Les libéraux, sans chef, sont souvent hors-jeu car le gouvernement ramène inévitablement les erreurs du passé. Cette formation prépare d'ailleurs un document de réflexion qu'on dit substantiel sur la direction devrait prendre le Québec sur un horizon de 15-20 ans.

Entre-temps, la CAQ se comporte comme quelqu'un qui a vécu une aventure d'un soir («one night stand») et cherche à se justifier au petit matin.