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26/03/2015 07:32 EDT | Actualisé 26/05/2015 05:12 EDT

Budget Leitao, difficile de livrer le reste de la marchandise

Les Québécois devront attendre en 2016 et 2017 pour juger de ce deuxième budget du ministre des Finances, Carlos Leitao, budget qui présume de la capacité du gouvernement à presser davantage la Santé et l'Éducation.

2016 pour l'équilibre des finances, 2017 pour le début de la fin de la taxe santé.

Le déficit zéro est à portée de main (dans un an), mais pour y parvenir à la Terre Promise plusieurs conditions doivent être réunies: une reprise économique soutenue (à 2%), un gel de la rémunération des employés de l'État, un budget des ministères plafonné à 1,6% et, surtout, des coupes sévères dans les deux grosses missions que sont l'éducation et la santé.

Visiblement, ce budget vise donner de l'espoir aux citoyens et à faire oublier le carcan de l'austérité devenu la marque de commerce du gouvernement Couillard. Mais les Québécois ne sont pas au bout de leur peine. «L'effort national», pour reprendre les mots du ministre Coiteux, n'est pas terminé.

L'augmentation des dépenses de l'État a été, en moyenne, de 4%, au cours des dernières années. Au prix de bien des grincements de dents, cette hausse a été ramenée à 2,1% cette année. Or, le budget 2015-16 vise 1,2%, un creux historique!

En santé, la hausse du budget est de 1,4% et en Éducation de 0,2%, du jamais vu. Les fonctionnaires du ministère des Finances évaluent que les «coûts de système», c'est-à-dire l'augmentation automatique des dépenses, est de 4% en Santé et de 3% en Éducation.

Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor, rétorque que c'est faisable en s'attaquant à ces coûts structurels: «Les mesures que nous avons déjà prises», expliquait jeudi un haut fonctionnaire «équivalent à une injection de 3% dans les budgets de la Santé et de l'Éducation».

En fait, les Finances expliquent avoir récupéré plus de 7 milliards$ depuis un an. La grande partie provient des compressions des ministères (plus de 2 milliards$), le contrôle de la rémunération (689 millions$), le gel des effectifs (500 millions$), le pacte municipal transitoire( 300 million$), l'étalement de la rémunération des médecins (194 millions$), les frais de garde (193 million$), la réduction des crédits d'impôt (270 million$)...

Par ailleurs, les contribuables devront attendre deux ans, en janvier 2017, pour bénéficier de l'abolition graduelle, sur 3 ans, de la taxe-santé. En campagne électorale, les libéraux s'étaient engagés à la supprimer durant leur premier mandat. Il s'agit donc d'un accroc à leur engagement mais le ministre Leitao a laissé entendre qu'il pourrait y avoir un devancement.

Tel que prévu, ce budget ne contient pas de nouvelles taxes ou de hausse d'impôt mais, comme le soulignait la Coalition Avenir Québec, cela n'empêchera pas de subir des augmentations des taxes scolaires, municipales et du tarif électrique.

Fait à noter, le gouvernement a décidé de rebaptiser son Budget et de le nommer Plan économique, sans doute pour répondre aux critiques de l'opposition qui lui reprochent de ne pas en avoir.

Le budget Leitao demande un certain acte de foi dans la capacité du gouvernement à livrer le reste de la marchandise.

Depuis son élection, il y a moins d'un an, le gouvernement Couillard a donné un sérieux coup de barre dans les finances publiques et il faut saluer sa détermination.

En 2015 il va donc continuer de pratiquer l'austérité en l'enrobant, toutefois, d'espoir de jours meilleurs.

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