LES BLOGUES
17/03/2016 07:49 EDT | Actualisé 18/03/2017 05:12 EDT

Budget Leitao: maison en ordre, urgent besoin de rénovations

Quand on y regarde de plus près, il n'y a pas de quoi se péter les bretelles, sauf en ce qui concerne le contrôle des dépenses.

La maison est peut-être en ordre mais ses fondations demeurent très fragiles, malgré deux ans d'une austérité budgétaire qui a laissé des traces.

Le troisième budget de Carlos Leitao confirme des choses qu'on savait déjà: Québec a réussi à dégager un surplus de 2 milliards$, on devance l' abolition graduelle de la taxe-santé, le secteur de l'Éducation est privilégié avec un généreux (?) 3% d'augmentation, les dépenses des ministères augmenteront au rythme de 2,7%, l'économie est stagnante.

Quand on y regarde de plus près, il n'y a pas de quoi se péter les bretelles, sauf en ce qui concerne le contrôle des dépenses. Corriger la taxe-santé c'est reconnaître que c'était une mauvaise taxe. Baisser rétroactivement le tarif en garderie (pour un deuxième enfant), c'est admettre qu'on est allé trop loin avec la modulation.

Après avoir malmené l'Éducation, le gouvernement Couillard corrige le tir et en fait la mission chouchou. Avant de pavoiser, il faut souligner que la hausse réelle se situe autour de 1% si on tient compte des «coûts de système» qui incluent les hausses de salaires et les avancements d'échelon. Nicolas Marceau, le critique péquiste a rappelé que, traditionnellement, l'enveloppe éducative croissait de plus de 3%.

Amir Khadir de Québec solidaire ironisait en disant que le réinvestissement en Éducation signifie 0,50$ par enfant, par jour.

La Santé sort écorchée de ce budget avec une augmentation de ses dépenses de 2,4% qui ira surtout en salaires. Le Dr. Gaétan Barrette devra faire des miracles pour maintenir son patient.

Les mesures destinées à donner un coup de fouet économique totalisent 345 millions$ dispersés par le biais d'une variété de programmes qui touchent la forêt, l'agriculture, l'économie verte ou numérique. Bonne idée de prolonger Logirenov devenu, au goût du jour, RenoVert.

À mi-mandat, le gouvernement, qui avait promis de créer 250 000 emplois sur 4 ans, a du rattrapage à faire avec 80 700 jobs créés à ce jour.

Une donnée troublante a fait sursauter l'opposition: le ministère des Finances anticipe que les investissements des entreprises seront nuls (o,o%) cette année. Ils ont plongé de 4,7% l'an dernier.

Deux grands thèmes

Deux grands thèmes de fond apparaissent entre les lignes de ce budget.

Les transferts fédéraux occupent une place grandissante dans l'équilibre budgétaire du Québec. C'est l'éléphant dans la pièce.

Cette année c'est 20 milliards $ qui proviennent de la péréquation et des transferts fédéraux en éducation et en santé. François Legault, chef de la CAQ, s'inquiète puisque la péréquation, calculée sur trois ans, n'a pas encore subi le choc de la baisse du prix du pétrole.

Il pourrait y avoir des lendemains douloureux. Voilà du matériel d'étude pour l'Institut sur l'indépendance.

L'autre grand débat c'est de choisir si les surplus doivent servir à baisser la dette, en alimentant le Fonds des générations, ou à diminuer le fardeau fiscal des contribuables.

Depuis l'élection, le premier ministre Couillard parlait d'un partage des surplus moitié-moitié entre la dette et l'impôt.

Dans ce budget, le premier 2 milliards$ a été rapidement gobé alors qu'on a mis un autre 2 milliards$ dans le Fonds des générations. Ce Fonds à été mis sur pied il ya 10 ans pour faire fondre la dette du Québec. Or, on observe que la dette continue d'augmenter (217 milliards$) et, pire, que le ratio dette-PIB demeure collé à 55%. L'objectif c'est de le ramener à 45% ...en 2026. Croisons-nous les doigts.

La CAQ, plutôt conservatrice au plan fiscal, argumente qu'il vaut mieux se servir des surplus pour donner un «break» de 500$ aux contribuables qui sont pris à la gorge en versant moins d'argent dans le Fonds. Cette somme, disent-ils, bien que modeste, pomperait la consommation.

Quelle est la meilleure solution pour les jeunes du Québec?

L'affaire Normandeau

Les accusations portées contre Nathalie Normandeau et autres ont poussé dans l'ombre le 3e budget du gouvernement Couillard. Si les libéraux souhaitaient reprendre l'initiative politique avec le budget c'est raté, rattrapés par de vieux péchés.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Galerie photo Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost Voyez les images