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05/08/2015 10:45 EDT | Actualisé 05/08/2016 05:12 EDT

Promouvoir le français autrement

L'Institut de Promotion de la langue française à l'international (IPLFI) a été lancé durant le 2ème Forum mondial de la langue française, qui s'est tenu à Liège, en Belgique, du 20 au 23 juillet dernier.

La langue française n'étant pas un sujet de prédilection pour les médias, on aurait pu s'attendre à ce que ce lancement passe totalement inaperçu. Pourtant, contre toute attente, c'est avec enthousiasme que «la toile» a réagi. En effet, après quelques jours d'existence, la page Facebook du nouveau venu a déjà reçu près de 10 000 «J'aime» (et les a probablement dépassé au moment de la publication de cet article). Celle du FMLF, par exemple, qui existe depuis 2011 et profite d'un fort soutien institutionnel, en a 32 000. La rapidité avec laquelle l'IPLFI attire des abonnés est donc spectaculaire. Et au rythme auquel ceux-ci se multiplient, l'Institut pourrait bien réussir son premier pari, celui de réunir une communauté de plus de 100 000 personnes avant la fin de l'année.

Comment expliquer un tel succès dans un environnement qui éveille généralement assez peu l'attention? L'IPLFI aspire à créer un nouveau paradigme d'action autour de la langue française. Peut-être est-ce là qu'il faut chercher la réponse!

Langue française et Francophonie

Il y a aujourd'hui quelque chose de paralysé et de paralysant dans la culture qui s'est développée autour de la défense et de la promotion du français. Sur le plan public, malgré les efforts de l'OIF - et des autres acteurs institutionnels spécialisés comme la DGLFLF, l'Office québécois de la langue française ou le réseau Opale -, le monde francophone semble tourner en rond autour d'analyses et de rapports récurrents qui font encore et toujours les mêmes constats.

Et le secteur privé n'est pas plus performant. La plupart des entreprises francophones se désintéressent de ce qui devrait pourtant être au cœur de leur identité. Les associations, quant à elles, se débattent pour trouver des fonds institutionnels de plus en plus restreints.

Dans ce contexte, les citoyens francophones qui voudraient agir se sentent démunis. Que peut faire «Monsieur tout le monde» contre l'anglicisation de la planète; ou face au non-respect des lois et des règles linguistiques dans les organisations internationales, les universités, les ministères, les grandes entreprises?

Les solutions présentées sont tellement éloignées de son rayon d'action qu'il ne peut de toute façon que se sentir spectateur d'un jeu qui le dépasse. Comment dès lors s'étonner qu'il s'en désintéresse?

Changer le paradigme d'action

Pour faire face à cet état de fait, L'IPLFI propose une toute autre approche: mettre le citoyen francophone et son rayon d'action personnel au cœur du processus de promotion de la langue.

Par ce changement de paradigme, l'Institut vise à provoquer une multitude de petites actions individuelles. L'idée centrale est que l'effet «pyramide inversée» aura pour vertus d'éveiller un nouvel intérêt; de générer un nouveau dynamisme; de démontrer à «Monsieur tout le monde» qu'il peut devenir un acteur important.

L'action individuelle étant le nerf du dispositif, l'IPLFI a d'ores et déjà lancé une invitation ouverte à tous: «Engagez-vous immédiatement pour le français de façon très pratique et selon des règles simples».

Le coût doit être nul ou limité; les actions concrètes, faciles à réaliser, rapides, constructives. Dans ce cadre, aucune limite aux ambitions. Libre cours à l'imagination. Le rôle principal de l'IPLFI sera de donner aux initiatives développées autant de visibilité que possible afin de susciter leur multiplication par «effet loupe». Pour ceux qui auraient besoin de quelques idées pour se lancer, l'Institut propose déjà une série de projets de promotion, de prospection, de vigilance, de poésie, de «réseautage» et de production de vidéos auxquels il est possible de participer, quels que soient sa localisation géographique et ses compétences.

On peut rêver

Alors que j'écris ces quelques lignes j'imagine, chez de nombreux lecteurs, les réserves et contre-arguments d'usage. Je vois se rédiger la longue liste des «très bonnes raisons» qui démontreront incontestablement que cela ne peut pas marcher. On ne convainc pas si facilement l'adepte du «verre à moitié vide»!

Alors pour tous les sceptiques spontanés voici une réflexion!

Et si le pire ennemi de la francophonie et de la langue française était justement ce réflexe de la démonstration contraire, ce besoin «pavlovien» de chercher et trouver l'erreur? Et si, pour une fois, nous faisions tous abstraction de nos réserves et décidions de mettre un peu de temps et d'énergie pour réaliser individuellement une toute petite chose positive pour la langue française? Quels seraient alors les effets de nos petits projets personnels cumulés? Chacun sera juge de sa réponse!

En attendant, quoi qu'en disent les détracteurs, les cyniques et les sceptiques, ce nouveau modèle de l'IPLFI attire du monde. C'est incontestable. Et qui sait! Peut-être qu'un nouvel acteur aux méthodes différentes - suivi par une communauté graduellement plus nombreuse et donc plus influente - pourra effectivement changer les logiques en place; amener quelques médias à s'intéresser au sujet; amener quelques entreprises à vouloir soutenir les actions; amener quelques États à agir enfin conformément à ce que certaines analyses et rapports de grande qualité leur recommandent (.1)

Après tout, les grandes réalisations ne commencent-elles pas toujours par une idée simple?

1. On peut citer par exemple l'excellent rapport «pour une ambition francophone» auquel je consacrerai bientôt un article.

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