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15/08/2015 09:04 EDT | Actualisé 15/08/2016 05:12 EDT

Le métier de politicien est une vocation

Devant la complexité du milieu politique, je lève mon chapeau à tous ces hommes et toutes ces femmes, ces professionnels ou ces rêveurs qui se sentent appeler à se dévouer à la chose politique et à accomplir leur mission. Le 19 octobre, puissent les plus valeureux obtenir l'assentiment du peuple.

Messieurs les cyniques, avant de déclencher une tempête dans un verre d'eau, veuillez s'il vous plaît continuer à lire. « Audi alteram partem » dit l'adage. J'abonderai dans votre sens plus loin, car ma réflexion se veut le moins partisane possible et au demeurant le moins subjectif possible, si possible.

Ceci étant dit, je trouve déplorable et triste que les débats publics d'aujourd'hui soient tronqués par l'instrumentalisation de la pensée où la plus grande victime est la vérité. Des journalistes qui hier encore étaient prêts à défendre la vérité et à révéler tous les travers de la société, et Dieu seul sait qu'elle en a, clament aujourd'hui haut et fort que la vérité est relative dépendamment du point de vue où l'on se place ou encore qu'elle est tributaire des intérêts défendus. « Les vertus se perdent dans l'intérêt comme les fleuves dans la mer », dit le sage.

Revenons à mon assertion première et pour ce faire, creusons un peu le concept de vocation et une définition de politique. Selon le Wikipédia, le mot vocation tire son étymologie du mot appel, la vocation est un appel (latin vocare, appeler). « Le concept s'enracine dans la Bible et est corrélatif au thème de l'écoute. Aujourd'hui ce mot est utilisé dans un sens plus large pour désigner l'appel que peuvent ressentir des personnes à une mission particulière : humanitaire, professionnelle, scientifique, etc. »

Donc, un appel vocationnel est mû par le désir de changer une situation existante ou de contribuer au chantier de l'humanité.

Qu'est-ce que donc la politique ?

« La politique peut se définir à partir de ses différents acteurs (élus,gouvernement agissant par délégation, partis, syndicats, associations, groupes de pression ou de lobbying...) et des équilibres qui se mettent en place. » (source)

Ainsi donc pour continuer la réflexion, nous pouvons citer André Ponte-Sponville dans « le Capitalisme est-il moral?-2004 » : « La politique n'est pas là pour faire le bonheur des hommes. Elle est là pour combattre le malheur - et elle seule, à l'échelle d'un pays ou du monde peut le faire efficacement. »

Quiconque est appelé à faire de la politique, doit s'engager à travailler pour le plus grand bien de la société humaine dans son comté, dans son pays et à l'échelle internationale. J'ai eu la chance de discuter cet été avec un acteur important qui œuvre dans le domaine de l'éthique appliquée. Nous avons échangé sur le modèle idéal de politiciens qui devrait occuper le haut du pavé de la sphère politique. Dans notre réflexion, nous avons passé en revue des hommes politiques comme Churchill, De Gaulle ou même Obama comme étant des modèles loin de la perfection, si elle existe, mais susceptibles de servir d'exemples tant par leur savoir-être que par leur savoir-faire. Force est de constater qu'aucune décision politique ne s'applique seulement au niveau local, mais influence tant soit peu la politique à l'échelle internationale. Il ne faut pas oublier que l'international c'est le « ici » d'ailleurs, d'où l'importance de promouvoir des règles de gouvernance mondiale pour assurer le bien-être de l'humanité.

Plongeons maintenant dans l'actualité

L'appel aux urnes a été décrété par le gouvernement conservateur, l'une des plus longues campagnes de l'histoire du Canada, concluent les analystes. Les chefs de partis politiques sont furieux. Le premier ministre et ses ministres continuent à gouverner selon le « caretaker convention » avec toutes les prérogatives de leur fonction. Ils doivent veiller aux affaires urgentes et extraordinaires qui affecteraient la chose politique sans toutefois rendre compte au parlement étant donné que celui-ci a été dissous. D'aucuns les accusent de faire payer une facture gargantuesque aux contribuables au profit de la caisse de leur parti. Ils pourront, semble-t-il, dépenser jusqu'à 50 millions de dollars et se faire rembourser la moitié selon les règles édictées par la « Fair Election Act » promulguée par les conservateurs. Charité bien ordonnée commence par soi-même. C'est ici que je rejoins les cyniques pour m'indigner de ces manœuvres électorales indignes, ces publicités négatives et le gaspillage de fonds public. Pour parodier un grand penseur, « le pouvoir est l'opium des idéologues ».

Une élection est censée être la clé de la stabilité et la promotion du dynamisme d'une démocratie. On comprend mal comment un homme politique peut vouloir s'approprier la seule expression du pouvoir populaire sans soulever l'ire de la population. Les conservateurs veulent ramener les concitoyens à l'idée que le Canada vit sous un système monarchique d'où ma compréhension de l'idée que certaines provinces veulent se séparer pour s'en défaire. Ils veulent faire oublier que Pierre Elliot Trudeau a fait rapatrier la Constitution du Canada et de ce fait ils ravivent à mon humble avis les désaccords qui ont conduit à l'échec cuisant de l'Accord du Lac Meech.

Devant la complexité du milieu politique, je lève mon chapeau à tous ces hommes et toutes ces femmes, ces professionnels ou ces rêveurs qui se sentent appeler à se dévouer à la chose politique et à accomplir leur mission. Le 19 octobre, puissent les plus valeureux obtenir l'assentiment du peuple. Puissent-ils exercer leur fonction en toute liberté d'esprit et de conscience sans être oppressés par les lignes de parti. Que la politique redevienne ce que sa définition signifie : Bien de la cité.

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