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10/05/2016 10:12 EDT | Actualisé 11/05/2017 05:12 EDT

Hernie discale et lombalgie: des conseils pour protéger votre dos

Le​ mal de dos nous concerne tous et je sais que plusieurs d'entre vous en ont été incommodés récemment: hernie discale, lombalgie, spasmes musculaires, etc. Voici donc mes réponses à quelques-unes des questions que vous m'avez récemment adressées.

Le​ mal de dos nous concerne tous et je sais que plusieurs d'entre vous en ont été incommodés récemment: hernie discale, lombalgie, spasmes musculaires, etc. Mon article d'aujourd'hui répond à quelques-unes des questions que vous m'avez récemment adressées. J'espère que mes conseils vous seront utiles. Bonne lecture!

Question 1: hernie discale

« J'ai une hernie discale au bas du dos. Que dois-je faire? Et si je ne fais rien, est-ce que ma condition risque de se détériorer? »

Ma réponse

Avant toute chose, précisons qu'une hernie discale ne cause pas systématiquement de douleur, particulièrement lorsqu'elle se situe au bas du dos. En d'autres mots, il est possible qu'un résultat de résonance magnétique confirme la présence d'une hernie discale sans que celle-ci soit la cause de votre douleur. Afin d'y voir plus clair, la première chose à faire est d'obtenir une évaluation de votre condition afin de pouvoir faire des liens directs entre la hernie et vos symptômes. Pris isolément, le résultat de la résonance magnétique est bien souvent insuffisant pour établir un plan de traitement. Un examen clinique est indispensable et il doit notamment inclure une évaluation de la mobilité de votre dos, de votre force musculaire (ex.: abdominaux, muscles du dos...), de votre posture ainsi qu'un examen minutieux de vos vertèbres et des articulations sacro-iliaques (au bassin) et vos hanches.

Question 2: détérioration de la hernie

« Mon médecin vient de me diagnostiquer une hernie discale. Je suis inquiète et je me demande s'il y a un risque que ma hernie se détériore au fil du temps? »

Ma réponse

Une étude publiée en janvier 2016 et réalisée auprès de 106 personnes aux prises avec une ou plusieurs hernies discales a démontré que 65% des hernies demeuraient inchangées durant une période de 8 ans alors que 17,5% diminuaient de volume. Celui des autres hernies avait augmenté ou avait fluctué dans le temps de façon inconstante. À se fier à cette étude, les probabilités qu'une hernie discale demeure stable sont donc beaucoup plus grandes. Ajoutons que les auteurs ont aussi mentionné que les hernies massives avaient plus de chance de diminuer de volume que les petites hernies. Aucun lien direct ne peut toutefois être fait entre l'évolution des symptômes et celui du volume de la hernie. Selon mon expérience, il est fréquent de voir des douleurs au dos qui se résorbent complètement même si une hernie demeure stable.

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Question 3: la lombalgie

« Je souffre de lombalgie depuis plusieurs années. Ça va et ça vient. Et parfois la douleur est très incommodante. J'ai consulté plusieurs intervenants, mais aucun n'a pu éliminer le problème. Les douleurs finissent toujours par revenir. SOS. Que puis-je faire? »

Ma réponse

Le diagnostic de lombalgie signifie littéralement « douleur au dos » et ne donne pas d'informations sur la cause du problème. Malheureusement, il est parfois difficile d'identifier l'origine de certaines douleurs au dos, notamment parce que, dans plusieurs des cas, les causes et l'origine sont multiples. Il est parfois utile d'obtenir plus d'une opinion et de consulter des professionnels de la santé qui travaillent au sein d'une équipe interdisciplinaire. Par exemple certaines cliniques (privées ou dans le réseau public) proposent des évaluations interdisciplinaires, c'est-à-dire que votre condition sera discutée par plusieurs professionnels qui vous auront préalablement évalué individuellement. Je vous propose aussi quelques pistes de solutions pour vous aider vous-même à trouver certaines causes de vos maux. Voici quelques situations qui contribuent aux douleurs au dos:

1. Soulever des objets à répétition

Soulever quotidiennement des objets lourds augmente les probabilités de souffrir de douleurs au dos, particulièrement si cela survient au travail. Le nombre d'années d'expérience est d'ailleurs directement proportionnel à l'augmentation du risque, à l'intensité de la douleur ainsi qu'aux incapacités qu'elle engendre.

2. Perdre l'alignement

Les efforts prolongés en flexion augmentent le risque de douleur au dos, c'est-à-dire lorsqu'on est penché trop longtemps vers l'avant sans plier les genoux. Il est recommandé de favoriser les postures qui permettent d'aligner verticalement la tête, le bassin et les épaules.

3. Être pessimiste

Les personnes qui ne pratiquent pas d'activité physique et qui sont pessimistes face à la santé de leur dos seraient plus à risque de développer de la douleur. La citation bien connue «Un esprit sain dans un corps sain» serait donc démontré dans une étude publiée récemment et réalisée auprès de plus de 2800 personnes.

4. L'exposition à des vibrations

Si vous travaillez en présence de vibrations, votre risque de souffrir de douleur au dos augmente, que ces vibrations soient causées par un véhicule à moteur comme un camion ou une machinerie lourde. Il est parfois difficile de modifier ce facteur de risque mis à part l'utilisation d'équipement spécialisé ayant pour but d'amoindrir les effets de la vibration comme certains types de chaussures ou de sièges hydrauliques. Les vibrations ont notamment pour effet d'augmenter le stress sur les surfaces articulaires du dos ainsi que sur les disques.

5. Être au bout du rouleau

Le dos n'est pas inépuisable et, lui aussi, a besoin de repos. Les personnes qui travaillent beaucoup, voire trop, seraient plus susceptibles de souffrir de douleurs au dos invalidantes, le risque étant jusqu'à 1,8 fois plus élevé selon une étude faite au Japon auprès de 3899 personnes.

6. Les nuits d'insomnie

Une étude faite auprès de 2131 travailleurs par des chercheurs israéliens a démontré que les personnes souffrant d'insomnie avaient 1.4 fois plus de risque de souffrir aussi de douleurs au dos.

7. La cigarette

Le fait de fumer augmente aussi le risque de souffrir de douleur au bas du dos et de façon proportionnelle aux nombres d'années de consommation. Aussi, la prévalence des douleurs chroniques au dos serait de 15,7% chez les non-fumeurs et de 23,3% chez les fumeurs. La cigarette est aussi associée à d'autres pathologies du dos, dont le spondylolyse et une piètre densité osseuse. Une étude publiée récemment a également démontré que les fumeurs étaient plus à risque de souffrir de hernie discale.

Question 4: des signes graves

« Mon conjoint travaille dans la construction et il a des problèmes de dos depuis longtemps, comme plusieurs de ses collègues. Il refuse d'aller chez le médecin ou chez le physiothérapeute. Depuis quelques semaines, il ressent une perte de sensibilité importante à une partie du pied et, lorsqu'il marche, son pied traîne, comme s'il allait s'accrocher dans son pied. Que faire? »

Ma réponse

Il est évidemment impossible de poser un diagnostic à distance sans avoir évalué la personne. Cependant, les signes que vous décrivez me semblent préoccupants. Je recommande à votre conjoint de consulter un médecin dans les plus brefs délais. Il souffre peut-être d'une compression nerveuse ou du syndrome de la queue de cheval. Certains problèmes de dos peuvent entraîner une compression grave de certains nerfs et/ou de la moelle épinière; la hernie discale occupant le haut de la liste. Un portrait clinique qui s'apparente au syndrome de la queue de cheval demande un examen médical dans les plus brefs délais, car il peut y avoir des conséquences graves, comme une paralysie et de l'incontinence urinaire et fécale. Les hommes en seraient plus souvent atteints et une vaste majorité des patients auraient un long historique de douleurs au dos. Voici une liste non exhaustive de certains signes et symptômes associés au syndrome de la queue de cheval:

  • engourdissements ou perte de sensibilité partielle ou complète aux membres inférieurs;
  • douleur aiguë au bas du dos ou aux membres inférieurs;
  • perte de sensibilité à la région génitale ou anale;
  • incontinence ou trouble urinaire/fécal;
  • perte de force musculaire importante, souvent très localisée;
  • apparition brutale ou graduelle des symptômes.

Denis Fortier est physiothérapeute et l'auteur du livre 99 façons de prévenir les effets du vieillissement. Denis est aussi présent sur Facebook.

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