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03/05/2018 10:25 EDT | Actualisé 03/05/2018 10:27 EDT

Si je meurs frappé par une voiture

Si jamais je meurs frappé par une voiture, dites-vous que c’était ma pire crainte, que j'y pensais chaque jour. Mais il faut continuer à vivre, continuer à rouler.

Depuis quelques années, la route est devenue une loterie. On a l'impression que ça ne finira jamais.
Getty Images/iStockphoto
Depuis quelques années, la route est devenue une loterie. On a l'impression que ça ne finira jamais.

Ça y est, la neige est partie. Tous les cyclistes roulent dehors.

Dans mon esprit, une question presque morbide me revient maintenant chaque printemps: qui se fera tuer sur son vélo cette année? Si jamais je meurs frappé par une voiture, je serai une autre victime de l'inattention d'un conducteur, d'un texto ou même de l'alcool au volant. Ce sera peut-être en partie de ma faute, mais qui ne fait jamais d'erreur? En général, sur la route, les plus vulnérables n'ont pas droit à l'erreur.

Si jamais je meurs frappé par une voiture, dites-vous que c'était ma pire crainte, que j'y pensais chaque jour. Mais il faut continuer à vivre, continuer à rouler.

Si jamais je meurs frappé par une voiture, dites-vous que j'ai pu voyager un peu dans ma vie, que je considérais le Québec comme un endroit merdique pour pédaler. Nous côtoyons chaque jour des conducteurs haineux sur nos routes. Une minorité très visible qui nous pourrit la vie ou nous l'enlève carrément.

Lors de mon voyage à travers le Canada à vélo en 2011, j'ai été klaxonné 6 fois en 60 jours à travers 9 provinces. Ces 6 coups de klaxon sont survenus au Québec. Une statistique un peu bidon, mais qui me trotte toujours dans la tête.

Nos chauffards, les grands parleurs des radios poubelles et autres diffuseurs de haine sur les réseaux sociaux font mal paraître la majorité silencieuse d'automobilistes courtois, prudents et civilisés, ceux qu'on ne remercie jamais assez. La seule façon d'améliorer la situation, pour nous les cyclistes, c'est d'avoir un comportement exemplaire en tout temps sur la route. À ce sujet, chers amis, nous avons aussi du travail à faire... Avouez-le.

La seule façon d'améliorer la situation, pour nous les cyclistes, c'est d'avoir un comportement exemplaire en tout temps sur la route.

Comme le disait mon ami Geoffroy l'autre jour, « le respect attire le respect ». Voilà un bon message en ce début de saison.

Si jamais je meurs frappé par une voiture, vous pourrez partager cet article à nouveau. C'est mon testament cycliste. Depuis quelques années, la route est devenue une loterie. On a l'impression que ça ne finira jamais.

Si jamais je meurs frappé par une voiture, dites-vous que chaque fois qu'un ami ou l'ami de mes amis s'est fait tuer ces dernières années, j'étais de plus en plus fâché. On s'emporte toujours quand il y a un mort. On exprime sa colère en mots, on efface... Puis on recommence au prochain accident.

Si tout le monde respecte le Code de la route, la fin devrait être merveilleuse: ils vécurent heureux et roulèrent en vélo jusqu'à 100 ans!

Mais aujourd'hui, personne n'est mort. La saison commence, l'histoire va s'écrire. Si tout le monde respecte le Code de la route, la fin devrait être merveilleuse: ils vécurent heureux et roulèrent en vélo jusqu'à 100 ans! Ultimement, c'est notre but à tous.

Si jamais je meurs frappé par une voiture, n'allez jamais dire que je suis mort en faisant ce que j'aimais. Ce qu'on aime, c'est faire du vélo, du sport, voir nos amis, notre famille et profiter de la vie à notre façon. Personne ne meurt de ça.

On meurt de l'imprudence, trop souvent celle des autres.

En mémoire de nos amis

Clément Ouimet

Jason Lowndes

Ellen Watters

Ross Chafe

Mike Hall

Ce billet de blogue a d'abord été publié sur Le livre gris.