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20/06/2016 10:31 EDT | Actualisé 21/06/2017 05:12 EDT

Perspectives de la baie d'Hudson: des histoires inspirantes

Aujourd'hui, alors que nous célébrons le 20e anniversaire de la Journée nationale des Autochtones, partageons des histoires inspirantes d'un océan à l'autre afin d'ériger une nation toujours plus avertie et bienveillante.

Bonne Journée nationale des Autochtones, Canada!

Il y a quinze ans, nous assistions à la sortie de ce que qui est maintenant considéré comme l'un des plus grands films canadiens, Atanarjuat: La légende de l'homme rapide. Il s'agissait du premier long-métrage à être écrit, dirigé et joué entièrement en inuktitut. Le film relate une légende inuite illustrant le courage et l'endurance d'un guerrier confronté à un esprit maléfique qui bouleverse sa communauté. Dans l'une des scènes clés du film, Atanarjuat, «l'homme rapide», court pieds nus pendant des kilomètres à travers les champs de glace de l'Arctique, fuyant le mauvais esprit qui accable sa collectivité depuis des années. Courageusement, il vit au jour le jour.

Cette scène mémorable m'est revenue à l'esprit au cours d'une visite récente à Salluit, au Nunavik, sur les berges du détroit d'Hudson, où j'ai rencontré les membres du club de course de Salluit. Plus tôt cette année, sept coureurs du club se sont rendus à Hilo, à Hawaii -- à plus de 7 500 kilomètres de distance -- pour participer au demi-marathon international de Big Island. Et devinez quoi? Il se trouvait justement parmi eux quelques coureurs très rapides, dont Joanasie Genest Saviadjuk, âgé de 17 ans, qui a terminé le demi-marathon course au premier rang dans le groupe masculin des 16 à 19 ans, grâce à un impressionnant chrono de 1 h 48 min et 49 sec. Deux autres coureurs, Jason Alariaq et Lucasie Amaamatuak, se sont aussi classés parmi les cinq premiers, et les sept participants ont tous de bonnes raisons d'être fiers de leur performance.

Pourquoi est-ce que je vous parle de cette course pendant la Journée nationale des Autochtones? Simplement parce que le club de course de Salluit est un exemple de situations dont nous n'entendons pas assez parler dans le sud du Canada: un exemple de tout ce qui se fait de positif dans le Nord. Et même si nous ne pouvons ni ne devons faire abstraction du fait que Salluit, comme de nombreuses communautés nordiques, fait face à des défis importants, dont tragiquement un nombre hautement préoccupant de suicides chez les jeunes, j'ai constaté qu'il y avait de nombreuses raisons d'entretenir les plus grands espoirs lors de mes visites dans les communautés du nord du Manitoba, du Nunavut et du Nunavik. Ces rapides coureurs de Salluit, qui s'entraînent si intensément au centre de conditionnement physique local Iqaliarsarvik avec l'aide de leur enseignante et entraîneuse Maggie MacDonnell et de nombreux autres enseignants et mentors, ne sont qu'un exemple encourageant parmi tant d'autres.

J'ai pris connaissance d'une autre bonne nouvelle à Arviat, au Nunavut, à l'occasion de ma visite de l'école secondaire John Arnalukjuak. C'est là que j'ai eu le privilège de remettre la Médaille académique du gouverneur général à Shelby Angalik, une élève qui connaît un succès exceptionnel dans ses études et qui, j'en suis convaincu, est promise à un très brillant avenir. En plus d'être une lutteuse médaillée et porte-drapeau aux Jeux d'hiver de l'Arctique, Shelby a fondé un programme d'alphabétisation à Arviat qui aide les enfants à lire autant en inuktitut qu'en anglais. Et Shelby n'est qu'une élève parmi tant d'autres jeunes à l'école qui se démarquent dans leur région, notamment dans le cadre des pièces de théâtre et des vidéos scolaires qu'ils produisent en réponse aux enjeux sociaux pressants au sein de leur collectivité. Je ne serais pas surpris de voir un autre grand film canadien émerger d'Arviat!

Je pourrais vous parler encore longtemps de toutes les belles initiatives que j'ai observées au cours de ma visite, mais je vais contenir mon enthousiasme et vous donner simplement un autre exemple en provenance de Kuujjuaraapik, sur la rive Est de la baie d'Hudson. Dans cette collectivité, nous avons visité le Complexe de recherche Whapmagoostui-Kuujjuaraapik du Centre d'études nordiques pour en savoir plus sur ses nombreux projets de recherche et voir comment le centre communique ses connaissances aux communautés locales et scientifiques. Kuujjuaraapik compte des résidents à la fois cris et inuits, et les chercheurs travaillent en étroite coopération avec les jeunes pour étudier la biodiversité, le changement climatique et les autres enjeux environnementaux, et comment les sciences et les technologies peuvent mener à une meilleure compréhension des écosystèmes nordiques.

Quelle merveilleuse représentation du Canada: des Inuits, des Cris, des francophones et des anglophones qui travaillent ensemble à acquérir une meilleure compréhension de l'environnement et à nous assurer à tous un meilleur avenir!

Trop souvent, les Canadiens pensent au Nord sous l'angle des difficultés à surmonter plutôt que des possibilités à développer. Cependant, les collectivités que j'ai visitées autour de la baie d'Hudson comptent des milliers de personnes intelligentes, résilientes et accueillantes qui, entre autres choses, entretiennent des cultures et des traditions d'une grande richesse et mènent des activités de recherche scientifique de pointe. Sans compter qu'on y trouve aussi des coureurs très rapides! Aujourd'hui, alors que nous célébrons le 20e anniversaire de la Journée nationale des Autochtones, partageons des histoires inspirantes d'un océan à l'autre afin d'ériger une nation toujours plus avertie et bienveillante.

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