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23/07/2013 12:49 EDT | Actualisé 21/09/2013 05:12 EDT

Ces souverainistes «purs»...

Je ne parle pas de «purs» comme dans l'expression «purs et durs», mais bien des souverainistes qui semblent se croire meilleurs, plus convaincus, plus souverainistes, plus «purs» que les autres.

J'ai lu le texte de Catherine Dorion, l'ex-candidate d'Option nationale dans Taschereau. Et même si son discours est partagé par une foule d'électeurs, je ne comprends simplement pas l'insistance de ces gens à encourager un parti qui, si on est brutalement réaliste - et je crois qu'il faut l'être en tant qu'électeurs, car une élection n'est pas un test de pureté -, ne fait que diviser le vote souverainiste. Ça «tanne» bien des gens de se faire ramener cette dure réalité mais c'est, je crois, quelque chose d'incontournable. Tellement incontournable que Jean-Martin Aussant lui-même avait compris cette situation jusqu'au point de créer une entente de non-agression avec Françoise David dans leurs comtés respectifs, afin de ne pas diviser le vote souverainiste.

À lire l'ex-candidate d'ON, tous ceux et celles qui ne sont pas fans d'Option nationale, ne sont pas des «vrais-es». Enfin, c'est l'impression que j'ai quand je lis notamment ceci dans son texte: «Option nationale n'est pas l'entreprise d'un groupe de politiciens de carrière capables d'avoir leur face en première page des journaux une fois par semaine». Les connait-elle personnellement? N'est-ce pas prétentieux d'affirmer cela? Bernard Drainville, Jean-François Lisée, Véronique Hivon, François Gendron, Pierre Duchesne, Stéphane Bérard, Pauline Marois, etc. ne seraient pas des gens de conviction? Ils seraient moins «purs» que les onistes? Et quand elle écrit que le paysage politique est, et je cite, «extrêmement morne», elle croit que les politiciens mentionnés ci-haut, et bien d'autres politiciens, sont des coquilles vides?

De plus, à lire Catherine Dorion, j'ai le sentiment qu'on tombe dans le culte de la personnalité. Jean-Martin Aussant a certes des qualités, mais je vois une forme d'idôlatrie dans la manière de le décrire. «Il nous a fait cadeau, sinon de son endurance, du moins d'un courage inespéré de la part d'un homme dans sa position», dit-elle. «Courage inespéré»? Il me semble que c'est le genre de paroles qui pourrait être dites pour qualifier Nelson Mandela...

Le billet se poursuit après la galerie

Jean-Martin Aussant quitte Option nationale


À l'approche des élections, j'ai choisi de défendre le Parti québécois (pour qui Jacques Parizeau a voté même s'il a exprimé son appui pour Aussant, en passant...), parce que c'est le seule parti qui peut nous donner un pays.

J'encourage ce parti parce que je veux réaliser le pays. Pas juste le rêver (...)

Je ne suis pas le plus grand fan de toutes les décisions du PQ, au contraire, mais et je pense au-delà de mon petit nombril et je mets de l'eau dans mon vin, pour le bénéfice du projet d'indépendance du Québec. Je trouve que plusieurs souverainistes se comportent en égoïstes en parlant constamment au «JE». «Je veux ceci, je veux cela, ceci au PQ ne me plait pas...», etc. Peut-on faire preuve d'un peu d'abnégation de soi, de magnanimité et surtout de réalisme, pour la cause? Être intransigeant, voire radical, n'est pas le barème qui détermine le niveau de vertu d'une personne.

C'est réconfortant de savoir que nos idées ne seront probablement jamais confrontées au test de la réalité. C'est peut-être ça le problème. Cela serait typique des idéalistes extrêmes. C'est tout ou rien, c'est même plus que le client en demande, et demander plus que ce qui est réalisable, c'est se conforter dans son petit monde où on ne sera pas remis en question... J'avoue que ça doit être douillet. Mais le projet d'indépendance du Québec demande un effort de chacun pour tendre vers le collectif. Et pour faire ça, pour sortir du monde merveilleux de son petit paradis interne égocentrique, ça demande de l'altruisme et des compromis. J'entends déjà certains dirent que voter pour le PQ, ça demande de faire des compromissions. Toute chose étant relative, il faut néanmoins mentionner que depuis quelques mois, le PQ a débuté la plus grande opération de promotion de la souveraineté hors des périodes référendaires. Certains ne seront jamais contents mais la souplesse du roseau veut mieux que la rigidité de chacun, si on veut atteindre la victoire.

Que ça leur plaise ou non, les onistes (et autres souverainistes des partis marginaux), sont, dans les faits, des alliés de la victoire des Jean Chrétien, Jean Charest, Stephen Harper et autres fédéralistes de ce monde.

«C'est vrai dans tous les secteurs de la société, il faut l'union...Tout le monde s'en rend compte. Tous ceux qui ont quelque chose à offrir ou à vendre, sentent ce besoin-là. La chose qu'ils ont à offrir sous forme de marchandise, de service, quelle que soit la forme, peut être mieux poussée, peut être mieux rentable pour eux s'ils la défendent, la poussent, la moussent ensemble, en groupe, unis». Plutôt clair, non? Qui a dit cela? René Lévesque. Vous voulez visionner la vidéo où Lévesque affirme cela? La voici:

Plaidoyer pour l'unité de René Lévesque from Jocelyn Desjardins on Vimeo.