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14/10/2018 06:00 EDT | Actualisé 14/10/2018 06:00 EDT

L’Union européenne et les sanctions contre l’Iran

La protection américaine de l’Europe est plus que jamais indispensable.

En Iran, l’inflation atteint 24% et le chômage touche 30% des jeunes. La monnaie iranienne a perdu 50% de sa valeur depuis le mois d’avril.
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En Iran, l’inflation atteint 24% et le chômage touche 30% des jeunes. La monnaie iranienne a perdu 50% de sa valeur depuis le mois d’avril.

Le président Trump n'a jamais mâché ses mots pour critiquer l'accord des 5 +1 conclu par les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne ainsi que l'Allemagne avec l'Iran au sujet du contrôle du programme nucléaire iranien signé à Vienne en 2015. Il a décidé unilatéralement de se retirer de cet accord et de rétablir les sanctions contre l'Iran.

Ces sanctions touchent également les compagnies qui transigent avec ce pays, car elles ne pourront faire affaire avec les États-Unis. Étant donné que pour les Européens, le marché à l'exportation iranien s'élevant à une vingtaine de milliards de dollars est relativement négligeable par rapport au marché américain de plus de 350 milliards de dollars, il ne faut pas s'étonner de ce que les compagnies européennes se retirent de l'Iran.

La première série de sanctions a pris effet le 6 août et touche les transactions financières, les importations de matières premières et les secteurs de l'automobile et de l'aéronautique. À la suite de cette mesure, de nombreuses compagnies de communications, d'aviation, d'automobile, de métallurgie et de conteneurs ont cessé de faire affaire avec l'Iran.

La seconde série de sanctions prendra effet en novembre, affectant le secteur de l'énergie.

La Corée du Sud, le Japon et l'Inde ont déjà annoncé leur intention de cesser leurs importations de pétrole iranien. L'Iran, qui produit quotidiennement 2,5 millions barils de pétrole, s'attend à ce que ses exportations diminuent de 75% et qu'elles se transigent à très bas prix. À lui seul, le secteur énergétique représente 20% du PNB iranien et 50% du revenu gouvernemental.

L'effet des sanctions sur l'économie iranienne

En Iran, l'inflation atteint 24% et le chômage touche 30% des jeunes. La monnaie iranienne a perdu 50% de sa valeur depuis le mois d'avril. Le cours non officiel s'élève à plus de 150 000 rials comparés au taux officiel de 42 000 rials.

Le public iranien est frustré que son pays, qui vient au 27e rang international sur le plan du produit intérieur brut, possède 10% des réserves mondiales de pétrole et 14% des réserves en gaz naturel, ne voie pas les retombées de cette richesse et soit réduit au troc et au marché noir. L'Iran est classé au 130e rang sur le plan de la perception de corruption selon Transparency International et le corps des Gardiens de la Révolution se conduit comme un état dans l'état.

Les slogans qui ont été entendus en Iran expriment cette frustration: «Mort au dictateur; non à Gaza et non au Liban; mort au Hezbollah; mort à la République islamique; mort à la Palestine; laissez tomber la Syrie et occupez-vous de nous.»

La réaction de l'Iran

Mis à part le langage injurieux envers les États-Unis, l'Iran menace de fermer le Golfe persique par lequel transitent 30% de la production de pétrole mondiale et dont 90% sont destinés à la Chine, au Japon, à la Corée du Sud et à Singapour. Plusieurs officiels Iraniens ont menacé d'activer des milliers de cellules terroristes dormantes en Occident, advenant le cas où les exportations de pétrole iraniennes seraient bloquées. De telles cellules ont été récemment appréhendées à Paris, à Chicago et à Vienne.

Le leadership iranien se refuse de négocier avec les États-Unis qu'il qualifie de grand Satan. La population iranienne proteste contre la politique étrangère ruineuse et stérile de l'Iran en Irak et en Syrie, d'autant que l'Iran fait face à une crise de sécheresse depuis 15 ans qui a forcé des centaines de milliers de villageois à abandonner leur demeure.

L'Iran est écarté de la Syrie par la Russie, malgré les dizaines de milliards qu'il y a investis.

En outre, l'Iran est écarté de la Syrie par la Russie malgré les dizaines de milliards qu'il y a investis. Le Liban est frustré de ce qu'il soit devenu l'otage du Hezbollah financé par l'Iran. Les interventions iraniennes au Yémen y ont aggravé la misère des Yéménites. En Irak même, et notamment dans la région de Basra, la population chiite est frustrée de l'ingérence iranienne et manifeste son mécontentement.

Le durcissement de la mullacratie iranienne est la preuve même du radicalisme chiite: l'ayatollah Khomeiny affirmait: «l'économie, c'est pour les ânes... la révolution n'est pas là pour amener la prospérité, mais pour donner une chance de devenir martyr.» Cet état d'esprit risque de mettre le feu aux poudres dans le futur et radicaliser encore plus la mullacratie iranienne.

La position de l'Europe

Les banques européennes ne veulent plus transiger avec l'Iran. L'Union européenne tient à maintenir l'accord des 5 +1 bien qu'il ne soit pas parfait, car d'ici sept ans, l'Iran aura les mains libres pour développer des technologies nucléaires. Pourtant, la rhétorique anti occidentale n'a jamais cessé en Iran après la signature de l'accord et les slogans «Mort à l'Amérique» et «Mort à Israël» sont régulièrement scandés dans les manifestations publiques. Qui plus est, l'interventionnisme iranien en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen n'a pas baissé d'un iota.

L'Europe qui veut maintenir l'accord des 5+1 en cherchant le moyen de transiger avec l'Iran autrement qu'en dollars, ignore obtusément l'interventionnisme des Mullahs iraniens et le développement accéléré de missiles balistiques de longue portée. L'Europe pense contourner les sanctions américaines contre l'Iran en échangeant le pétrole iranien vendu à la Chine en devises chinoises et en exportant des marchandises à l'Iran tout en se faisant payer par un crédit d'importations de marchandises chinoises.

Il n'est pas certain que le gouvernement américain accepte ce genre de troc.

L'Europe pense à contourner les sanctions américaines contre l'Iran en échangeant le pétrole iranien vendu à la Chine en devises chinoises en exportant des marchandises à l'Iran et en se faisant payer par un crédit d'importations de marchandises chinoises. Il n'est pas certain que le gouvernement américain laisse faire ce troc.

L'Europe réfléchira deux fois avant d'agir, car contrairement au Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire ratifié en 1987, la Russie développe des missiles et pourrait en activer des lancées pratiquement sans préavis. La protection américaine de l'Europe est plus que jamais indispensable.

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