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29/03/2018 09:00 EDT | Actualisé 29/03/2018 09:00 EDT

Relâcher la supervision des devoirs… c’est possible?

L’autonomie, c’est ce qui permet à nos filles de se débrouiller au quotidien, de devenir de plus en plus indépendantes et de pouvoir prendre leurs propres décisions.

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Mon conjoint et moi avons toujours dit que notre rôle de parents consistait à accompagner nos enfants vers leur autonomie scolaire, affective, sociale et financière.

L'autonomie, c'est ce qui permet à nos filles de se débrouiller au quotidien, de devenir de plus en plus indépendantes et de pouvoir prendre leurs propres décisions. Être en mesure de compter sur soi-même est, à mon avis, l'élément moteur de l'estime de soi, de la motivation et de la persévérance face aux difficultés de la vie, qu'elles soient scolaires ou non.

Autonomie = confiance en soi

L'une de mes filles m'a confié s'être sentie confiante après avoir pris elle-même, à 15 ans, un rendez-vous chez l'optométriste et s'y être rendue seule, en autobus. Encore davantage lorsqu'elle a réussi à se rendre, en transport en commun, à son autre rendez-vous, celui-là chez l'orthodontiste, à Montréal (nous habitons la banlieue). Cette autonomie nouvellement acquise lui a d'ailleurs été d'un grand secours lorsqu'elle a dû se dénicher un premier emploi d'été, peu de temps après.

Cette autonomie nouvellement acquise lui a d'ailleurs été d'un grand secours lorsqu'elle a dû se dénicher un premier emploi d'été, peu de temps après.

Si mes filles ont su être indépendantes assez jeunes, c'est que nous les avons accompagnées très tôt vers leur autonomie : de l'apprentissage à se verser un verre de lait en passant par la responsabilité progressive des devoirs et leçons, jusqu'à l'utilisation d'une carte de guichet automatique.

Cet accompagnement s'est fait par essais et erreurs et a varié énormément d'un enfant à l'autre.

Pour ce qui est de l'autonomie et de la responsabilité face aux devoirs et aux leçons, les étapes ont sensiblement été les mêmes pour chacune de mes filles, mais elles ne les ont pas toutes franchies au même âge. Voici nos étapes vers l'acquisition d'une plus grande autonomie!

Table de la cuisine

Mon enfant et moi sommes bien installés à la table de la salle à manger ou dans un espace commun. J'ouvre l'agenda de mon enfant et lui indique, mot par mot, tout ce qu'il a à faire. Je reste à ses côtés et le guide pendant toute la période des devoirs.

À cette étape, les devoirs prennent souvent la forme de jeux : épeler les mots en sautant à la corde, écrire les jeux d'addition sur un grand tableau blanc, jouer au magasin pour apprendre à compter l'argent, etc.

Sa responsabilité : Ne pas oublier ses livres à l'école et rester assis sur sa chaise quelques minutes.

Coin devoirs

Mon enfant s'installe dans sa chambre, à sa table de travail.

J'ouvre encore son agenda plusieurs fois par semaine pour vérifier si ses devoirs ont été bien faits et je l'aide à apprendre ses leçons.

Selon mon expérience, cette étape peut arriver dès la troisième année pour certains enfants et vers la fin du secondaire pour d'autres.

Sa responsabilité: M'appeler moins souvent. Garder sa concentration, ne pas se laisser distraire par ses jeux ou son iPod et, éventuellement, s'installer lui-même à sa table.

Aide à l'organisation

Ce n'est pas parce que mon enfant a pris l'habitude de s'asseoir lui-même à sa table ou qu'il étudie à la bibliothèque municipale qu'il est nécessairement capable d'organiser son travail. Cette phase arrive généralement au début du secondaire (au cégep, pour certains), alors que tous les enseignants donnent en même temps les devoirs et les leçons, sans s'être nécessairement consultés.

Je me souviens de l'une de mes filles qui, au primaire, était autonome depuis sa troisième année, mais qui ne l'était plus du tout une fois arrivée au secondaire.

Je me souviens de l'une de mes filles qui, au primaire, était autonome depuis sa troisième année, mais qui ne l'était plus du tout une fois arrivée au secondaire. Elle pouvait prioriser l'étude de l'anglais, qui n'allait être évalué que dans trois semaines, alors qu'elle avait un examen de mathématiques le lendemain matin.

Sa responsabilité : Planifier son temps (à l'aide de son agenda ou d'un planificateur mural) et demander de l'aide à son parent, à son tuteur ou à Alloprof, au besoin.

Soutien et attention

À ce stade, mon enfant s'organise lui-même avec ses devoirs, ses loisirs, ses relations, son petit boulot (s'il en a un) et l'entretien de sa chambre. Nous jetons un œil attentif aux bulletins, rencontrons les enseignants et réajustons le tir, au besoin.

Quand il est disponible, nous ouvrons le dialogue et nous nous informons sur l'école, ses relations et ses loisirs. Le meilleur moment pour discuter est en voiture, lors des 1001 transports que nous devons assurer!

Notre rôle n'est plus de l'aider à s'organiser.

C'est de lui faire comprendre que nous sommes là et, à l'occasion, de lui donner quelques balises pour que son rythme de vie soit équilibré. Nous pouvons l'aider à bien se nourrir, lui imposer un certain nombre d'heures de sommeil ou encore, lui donner un couvre-feu lors de ses sorties.

Lorsque ma fille a voulu travailler à temps partiel pendant ses études secondaires, son père et moi lui avons rappelé qu'elle avait ses cours de conduite, deux activités parascolaires et beaucoup de bénévolat. Elle devait faire des choix, et nous l'avons aidée à faire les bons pour elle.

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