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16/02/2018 09:00 EST | Actualisé 16/02/2018 09:00 EST

Les réformes du Dr Barrette: tout ça, pour ça?

À qui appartient le système de santé? Certainement pas à tous ceux et celles qui le financent.

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Les changements de structures consécutifs à l'application de la loi 10 abolissant les agences régionales de santé et de services sociaux et créant environ 90 mégas établissements auront affecté par un effet domino des dizaines de milliers de travailleurs et de gestionnaires du réseau de la santé et des services sociaux. L'économie n'en valait pas la chandelle et ne nous y trompons pas, sauf pour ceux et celles qui prirent leur retraite et ne furent pas remplacés, tout le personnel des agences régionales fut très majoritairement réintégré au sein des CISSS, des CIUSSS et du ministère de la Santé. Cette loi aux effets délétères fut appliquée de manière expéditive sans aucune considération pour le personnel. Dans cet exercice sans précédent, les employés de l'État furent traités comme du petit personnel.

Quant à la médecine que l'on devait servir aux dieux du stade, après avoir osé les défier, le gouvernement libéral, espérant survivre à la prochaine élection, s'est fait tout petit, tout petit, et a continué d'enrichir indûment des travailleurs très autonomes et a négocié à la baisse le contenu original des lois 20 et 130, les rendant pratiquement inopérantes.

Ainsi, lorsqu'il décide de centraliser au bureau du ministre de la Santé la gestion du réseau, le gouvernement n'a aucune hésitation, il frappe vite et fort. Mais lorsqu'il est question d'exiger des médecins qu'ils travaillent tous à temps plein et que leurs activités en établissement soient mieux encadrées afin de traiter plus efficacement les patients alors là, attention, le gouvernement dégriffé n'est plus qu'un tigre de papier.

Cet à-plat-ventrisme est d'autant plus navrant que le spectacle annoncé par le célèbre dompteur de fauves s'annonçait prometteur. Toutefois, après avoir repoussé la bête durant un temps à coups de menaces tonitruantes, le dompteur fut expulsé par le maître du jeu laissant seule et triomphante, au milieu de l'arène, l'insatiable bête. Tout ce cirque pour rien et à la fin, interloqués, les spectateurs demandèrent en vain le remboursement de leur billet.

Revenons à nos moutons: ce gouvernement a conclu de mauvaises ententes avec les syndicats des médecins, mauvaises au point qu'il refuse de les rendre publiques dans leur intégralité.

Lorsque les coûts du système de santé augmentent démesurément, que finance-t-on exactement?

À qui appartient le système de santé? Certainement pas à tous ceux et celles qui le financent. Et, lorsque les coûts du système de santé augmentent démesurément, que finance-t-on exactement? Essentiellement l'augmentation phénoménale de la masse salariale des médecins dont la gestion opaque permet aux syndicats, propriétaires de celle-ci, de s'en servir pour payer entre autres des médecins pour qu'ils arrivent à l'heure ou qu'ils enfilent une chemisette et des gants, ce que fait déjà sans incitatif particulier le personnel du réseau.

Après tous ces sparages législatifs, force est de constater que les réformes Barrette n'en sont pas puisqu'une réforme consiste en un changement qu'on apporte dans les mœurs, les lois ou les institutions afin d'en obtenir de meilleurs résultats.

Le bilan santé du gouvernement libéral est mauvais, le triumvirat médical formé de messieurs Couillard, Iglesias et Barrette a lamentablement échoué à améliorer significativement la performance de notre système de santé.

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