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08/03/2015 08:51 EDT | Actualisé 08/05/2015 05:12 EDT

L'Effet papillon de Jussi Adler Olsen: un vent du nord !

Depuis quelques années déjà, le Danois Jussi Adler Olsen s'est imposé comme l'un des grands auteurs contemporains de polars. Son nouveau titre, L'Effet papillon, vient consolider sa place dans le cœur des amateurs de romans policiers.

Depuis quelques années déjà, le Danois Jussi Adler Olsen s'est imposé comme l'un des grands auteurs contemporains de polars. Son nouveau titre, L'Effet papillon, vient consolider sa place dans le cœur des amateurs de romans policiers.

Le cinquième épisode de la série Département V de Jussi Adler Olsen est une histoire de corruption qui implique une banque danoise et un ministère voué à l'aide humanitaire à l'étranger. L'agent gouvernemental William Stark, que tous croient intègre, puise dans la caisse pour payer les frais médicaux exorbitants de la fille de sa conjointe. Ce faisant, il découvre que de hauts dirigeants pratiquent le détournement à grande échelle et que l'aide humanitaire est une grotesque farce. Soupçonné d'avoir tout compris, il disparaît sans laisser de trace. Des années plus tard, un adolescent, Marco, fuit le clan de Zola, un gang de voleurs, et découvre le cadavre de Stark enterré dans les bois.

L'Effet papillon peut commencer. Le simple battement d'ailes de Marco à Copenhague devient un ouragan qui emporte le stratagème frauduleux et l'ex-famille de Marco, pour la plus grande satisfaction du département V avec à sa tête le toujours ténébreux Carl Morck.

L'aventure concoctée par l'auteur de polars numéro un du Danemark est extraordinaire en ce sens que sous une sombre histoire de corruption se cache bien autre chose. Il s'agit ni plus ni moins qu'un grand roman sur la liberté. C'est ce que représente le jeune sans-papier Marco. Il a pour lui l'intelligence et la jeunesse; il a contre lui tout le reste. S'il est pris par la police, il sera déporté. Capturé par sa famille, il sera estropié, s'il est attrapé par les autres, des sbires, ex-enfants-soldats africains, c'est la mort.

Alors il court, il fuit, en métro, à vélo, à pied, en train, à la nage dans les eaux glacées, n'importe comment pour survivre quelques heures de plus, une minute peut-être... sans nourriture, sans argent. Marco rêve d'une existence normale, d'aller à l'école, de servir une société, comme tous ces enfants danois qui ne réalisent pas leur chance. Ce Marco, antonyme du cynisme, fait du bien à l'âme, remet les choses en perspective et démontre par sa fougue et sa vitalité que, oui, ça vaut la peine de se battre et survivre. Qu'importe la corruption cynique des gens hauts placés et des grandes banques, tôt ou tard ils finiront bien par payer. En tout cas, dans ce polar-ci, le crime ne paie pas et les voleurs ne profitent guère de leur larcin!

Vous pourriez me rétorquer, avec raison, que Jussi n'est pas le premier écrivain à élaborer un roman autour de la liberté. Le charme de L'Effet papillon naît de l'opposition entre un garçon né dans le racket et qui fait tout pour s'affranchir versus des individus nantis dérapant sans remords ni valeurs.

Sans compter les éléments du Département V; Rose, la petite punkette qui prend de plus en plus de place, l'émigré d'origine syrienne Assad, aussi sympathique que nébuleux et ce bougre de Carl Mork, à lui seul un monument d'humanité et d'humour caustique.

L'Effet papillon est un autre excellent polar à l'humour corrosif, savant mélange de sarcasme et d'ironie. Il n'y a pas de casse-tête, tout s'enchaîne sans heurt, logiquement et avec vraisemblance.

La série ne semble pas vouloir s'essouffler. Pour les amateurs, c'est plutôt réjouissant.

Jussi Adler Olsen, L'Effet papillon, Éditions Albin Michel. Traduit du danois par Caroline Berg (Marco Effekten, 2012). Janvier 2015. 646 pages.

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