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27/05/2018 08:00 EDT | Actualisé 27/05/2018 08:00 EDT

«Le Diable rebat les cartes» de Ian Rankin

Critique ardue s'il en est une que celle de ce Ian Rankin.

Chic! Un nouveau roman d'Ian Rankin avec son personnage clef John Rebus. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Le Diable rebat les cartes parait en même temps qu'un recueil de nouvelles qui fait un portrait intime de l'ensemble de la carrière de l'inspecteur Rebus. Le chroniqueur pense se régaler!

Le nouveau chef de la pègre d'Édimbourg, Darryl Christie est agressé par un inconnu devant sa maison. Il n'en faut pas plus pour que l'on soupçonne fortement le vieux Big Ger Cafferty, l'ancien chef des mauvais garçons, de vouloir reprendre le contrôle. Mais l'affaire prend une tout autre tournure lorsque l'inspectrice Siobhan Clarke, l'inspecteur Malcolm Fox et le retraité John Rebus, découvre qu'un russe spécialiste du blanchiment d'argent est en ville et qu'il s'est fait voler quelques millions d'euros.

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Critique ardue s'il en est une que celle de ce Ian Rankin. Bien que j'apprécie tout particulièrement son personnage de Rebus, qui à mon avis, s'aligne au panthéon des plus grands personnages de l'histoire du roman policier, nous voici tout de même à la croisée des chemins.

La faute, d'une certaine manière, en incombe à son créateur, lequel a voulu suivre les règles en vigueur pour les policiers écossais. Aussi, après un certain nombre d'années de service, fidèle à cette réalité, le personnage a été poussé à la retraite (Exit Music, 2007). Dès le roman suivant, John Rebus, reprend du service pour s'occuper, avec d'autres anciens, de cas non résolus. Mais lorsque ce service est définitivement aboli, Rebus retourne au civil.

Dans Le Diable rebat les cartes, il n'a plus d'autre place que celle que lui font ses amis Siobhan Clarke et Malcolm Fox; un rôle qui ressemble à celui d'un consultant (mais sans émoluments). Toutefois, sa personnalité intransigeante le mène à prendre la tête de l'enquête. Cette suite me semble forcée et pas très logique. Consultant, peut-être, mais le chef de meute?

Ceci n'efface aucune des qualités de ce roman qui, par ailleurs, pointe le nez au-dessus de ses concurrents. Ian Rankin sait y faire et possède l'art délicat de raconter une aventure. Mais John Rebus, à mon grand désarroi, m'a irrité et — temporairement — je le souhaite, ne semble plus à sa place dans la galerie de personnages et d'histoires de l'auteur écossais. Sa présence, ici, prend les apparences d'un dernier tour de piste, d'une tournée d'adieu. Peut-être même s'agit-il d'un tour de trop?

The Beat goes on

La magie Rebus disparue, il reste, pour me consoler, un brillant recueil de nouvelles qui fait le tour du personnage et dresse un portrait saisissant de toute l'étendue du talent, des qualités et des défauts de ce personnage magnifique. Par extension, ne l'oublions pas, ce recueil est aussi l'occasion de découvrir à quel point Ian Rankin est un grand écrivain. Ce recueil de plus de trente nouvelles vient sans aucun doute apaiser la déception du dernier roman!

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Sur les tablettes

Joël Dicker, La Disparition de Stephanie Mailer

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30 juillet 1994, Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l'état de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu'une passante, témoin des meurtres.

L'enquête, confiée la police d'État, est mené par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l'appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.

Mais vingt ans plus tard, au début de l'été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu'il s'est trompé de coupable à l'époque.

Avant de disparaître à son tour dans des conditions mystérieuses.

Qu'est-il arrivé à Stephanie Mailer? Qu'a-t-elle découvert? Et surtout : que s'est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à l'Orphea?

Ian Rankin, Le Diable rebat les cartes,Éditions Du Masque. Traduit de l'anglais par Freddy Michalski (Rather Be the Devil, 2016). Avril 2018. 382 pages.

Ian Rankin, The Beat Goes On, La Vie de l'inspecteur Rebus en nouvelles. Éditions Du Masque. Traduit de l'anglais par Freddy Michalski (The Beat Goes On, 2014). Avril 2018. 669 pages