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08/12/2017 06:36 EST | Actualisé 08/12/2017 06:36 EST

Le dîner de... Gary

«On regarde notre beau colisée vide, à côté du vieux colisée vide, à côté du pavillon de la jeunesse... vide.»

Andy Marlin via Getty Images

Le commissaire de la Ligue nationale de hockey devrait ouvrir ses livres afin de faire une place à Seattle, de quoi refroidir les ardeurs des partisans de la Vieille Capitale, éloignant encore plus la possibilité d'une équipe à court terme. Bettman continue de marteller qu'il n'a rien promis à Québec. Pourtant...

Vous savez, dans les films comiques où à Vegas, le lendemain matin, le gars se réveille avec un mal de tête et se rend compte en se regardant dans le miroir qu'il a la moitié du corps tatoué, les mamelons percés et une alliance au doigt... C'est comme ça qu'on file à Québec.

Ces poupées russes silencieuses et étalées sur le site d'Expo Cité sont les témoins de l'éternelle volonté de la Capitale à se doter de divertissement et de sport de grande envergure.

On regarde notre beau colisée vide, à côté du vieux colisée vide, à côté du pavillon de la jeunesse... vide. Ces poupées russes silencieuses et étalées sur le site d'Expo Cité sont les témoins de l'éternelle volonté de la Capitale à se doter de divertissement et de sport de grande envergure.

Pendant ce temps, une franchise de la Ligue nationale n'a jamais valu aussi cher et le circuit semble plein de projets et de possibilités, sauf à Québec. Au fond, la Capitale n'a-t-elle pas été un vecteur de première importance dans la situation actuelle de la Ligue? Sans la marche bleue, la Nordiques Nation et l'arrivée du Centre Vidéotron – tous des éléments qui mènent normalement à l'obtention d'une franchise – la LNH aurait-elle pu créer cet engouement, cette spéculation qui lui a valu des centaines de millions de dollars de la part de Las Vegas et là, 650 millions de la part de Seattle? Non.

Québec a pris part à un dîner de futés, croyant en un faste repas, aveuglée par son émotivité. Elle avait tué le veau gras pour l'occasion quand en fait, au bout du compte, on ne lui a même pas offert l'apéro.

Dépourvue de son émotivité, Québec aurait compris la passe. Elle ne sera jamais rationnelle et ça, Gary le sait.

Toute cette « gamique » fut extrêmement payante pour la Ligue. La possibilité de voir arriver les Nordiques a propulsé d'autres chaînes de sport dans l'arène, faisant aussi monter les enchères pour les droits télé, eux qui autrefois, trouvaient preneur et à bon prix auprès de quelques joueurs.

Dépourvue de son émotivité, Québec aurait compris la passe. Elle ne sera jamais rationnelle et ça, Gary le sait. Elle a servi d'appât, point... et continue d'en être un! Tant qu'il y aura des fans prêts à tout pour avoir une équipe et tant que la Ligue dira non, on aura l'impression d'un club sélect, désiré, où les élus se font rares... et la rareté, dans un marché d'offre et de demande, n'est-elle pas l'essence-même de la valeur de toute chose?

Mais pas besoin d'aller jusqu'à New York pour voir clair. Dans la communauté d'affaires de 2017, aux allures monopolistiques et où la convergence fait foi de tout, croyez-vous sincèrement que Molson et Bell ont envie de voir arriver un club à Québec avec Vidéotron et peut être une autre marque de bière comme commanditaires principaux? Croyez-vous sincèrement qu'après avoir été seuls dans un marché pendant 22 ans, des gens d'affaires – au nom de la belle rivalité – vont se départir de 50% de leurs parts de marché? Jamais.

Pourquoi ne pas explorer d'autres avenues? Une autre ligue? La KHL? Organiser une vingtaine de rencontres internationales en territoire québécois? Et ne me parlez pas des Remparts s'il vous plait. Je parle de hockey d'adulte, de sport professionnel. Est-ce que ne rien faire est la bonne chose à faire? Je crois que la Ville doit tourner la page. Elle doit agir.

Mais non. La Ville attend le mari qu'on lui a (pas) promis, se pointant chaque jour sur le quai de la gare, attendant l'arrivée du dernier train et portant sur son visage les rides de la naïveté d'y avoir cru trop longtemps et d'avoir privé Québec de son droit fondamental : être une des plus grandes villes de hockey au monde.

Galerie photoSouvenirs des Nordiques de Québec Voyez les images