Et si on parlait d’inclusion (la vraie!)?

Nous sommes plusieurs à prôner notre ouverture, mais le contraire arrive quand on met tout le monde dans le même panier, sans exception. Là est notre erreur.
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Nous minimisons la richesse de cette diversité en l’étouffant et en ne la laissant pas rayonner.
Nous minimisons la richesse de cette diversité en l’étouffant et en ne la laissant pas rayonner.

Ce matin, le choc était abrupt. Assis dans une salle de formation de Toronto, je me sentais franchement imposteur. Entouré de professionnels de la philanthropie issus de la diversité, je participais à une journée de formation sur l'inclusion.

Le point critique: non seulement la couleur de ma peau était franchement plus pâle que celle des autres, j'avais également la nette impression d'être «au-delà» de la conversation et du propos. J'étais, à priori, selon ma perception, celui qui était le plus pro-inclusion. Erreur.

J'étais franchement convaincu que mes actions, mes valeurs et mes propos contribuaient à une inclusion optimale. Car, voyez-vous, pour moi, il n'y a pas de barrière ethnique, religieuse, culturelle ou de race. J'accueille sincèrement tout le monde au sein de mon réseau personnel ou de mon milieu de travail. Mais, sans le savoir, je contribue davantage à l'exclusion qu'à l'inclusion. Comment est-ce possible?

Nous minimisons la richesse de cette diversité en l'étouffant et en ne la laissant pas rayonner.

Nous sommes plusieurs à prôner notre ouverture à la diversité, car pour nous, il n'y a pas de barrière. Mais c'est plutôt un peu le contraire qui arrive, quand on met tout le monde dans le même panier, sans exception. Et c'est là notre principale erreur. Nous minimisons la richesse de cette diversité en l'étouffant et en ne la laissant pas rayonner. Nous croyons faire de la place à l'inclusion, quand, au contraire, nous fermons aveuglément les yeux devant la différence et la singularité de tout un chacun.

Ce mécanisme de pensée est bien plus dommageable qu'une volonté claire et exprimée de ne pas soutenir l'inclusion, car il s'agit d'un biais inconscient qui s'incruste, jusqu'à devenir systémique.

Le terme «inclusion» n'a jamais eu autant d'écho, sans toutefois que l'on en comprenne tous bien la portée et le devoir qui vient avec.

Ne parlons pas d'inclusion pour nous donner bonne conscience. Assurons-nous, si nous avons le sentiment d'être choyés par la vie, de contribuer à des environnements inclusifs, respectueux de la diversité et qui laissent place à ces différences culturelles au sens large.

Car, voyez-vous, du haut de mes six pieds et tant qu'homme blanc de 32 ans, j'ai eu le syndrome d'imposteur ce matin, en participant à un fellowship sur l'inclusion en philanthropie. La vie a été bonne avec moi et ma singularité n'a jamais été un frein dans ma vie personnelle ni dans ma carrière.

Alors je me suis donné aujourd'hui ce mandat: étant moi-même issu de ce que l'on peut appeler «la diversité»*, je ferai tout pour faciliter l'inclusion de ceux et celles qui ont à faire face à des enjeux de discrimination sur une base quotidienne.

Et vous, que ferez-vous?

*L'auteur participe actuellement au Fellowship en inclusion et philanthropie de l'Association des professionnels en philanthropie. Ouvertement homosexuel et amputé d'une partie de sa jambe droite, ni son orientation ni sa limitation physique n'ont été des freins pour lui – tous n'ont pas la même chance.

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