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15/11/2013 12:57 EST | Actualisé 14/01/2014 05:12 EST

L'éthique? On s'en fout...

Les élections municipales à peine digérées, avec notamment M. Coderre fraîchement élu à Montréal, la poussière peut tranquillement retomber sur les dossiers de la commission Charbonneau... à savoir si elle n'en a jamais vraiment décollé.

Après une année de massacre pour la métropole, on pensait que la corruption serait l'argument numéro un de la campagne; le souci principal des électeurs qui devaient se ruer vers les urnes entre deux épisodes de la fameuse commission télévisée. Grossière erreur. Avec un taux de participation toujours aussi anémique, on a surtout mis fin à Occupation triple dans les rares sondages offerts aux Montréalais.

Comment sommes-nous passés de l'indignation générale à la réélection haut la main d'élus de l'ex Union Montréal, le parti de ceux qui faisaient tout, mais qui ne voyaient absolument rien?

Tout d'abord, la lassitude : on nous a eus à l'usure, les politiciens sont tous des pourris et le monde, écœuré, n'a pas eu le goût d'aller voter. Ensuite le concours de popularité : à force de confondre élection et séduction, on a préféré inviter à notre table le monde le plus populaire ou le mieux marketé plutôt que l'expérience d'apparence trop austère. Enfin, le peu de cas que l'on fait de l'éthique.

Pourtant, l'éthique concerne tout le monde, à commencer par les électeurs qui parfois payent des impôts, et souvent boudent les bureaux de vote à cause de la météo, parce qu'il ne fait pas assez beau ou pas assez mauvais. D'ailleurs, c'est quoi le temps idéal pour aller voter? De la petite neige rafraîchissante sous un soleil de plomb peut-être? Je propose que l'on remette à chaque votant, en échange d'avoir fait leur devoir de citoyen, un droit de chialer pour quatre ans. Au final, ça devrait pas mal être plus calme, surtout sur les réseaux sociaux.

L'éthique est aussi de la responsabilité de l'élu. Quand madame Marois déclare sans vergogne que le Parti québécois n'a pas besoin de charte d'éthique, il y a de quoi tomber à la renverse, ne serait-ce qu'en repensant à la double nomination de M. Boisclair, à la fois à la tête de la Délégation générale du Québec à New York et comme employé de la fonction publique. Notre première ministre porte ainsi un coup très dur à la notion de probité, vu le tollé suscité par la révélation.

Quand M. Coderre, également appelé Monsieur Tolérance zéro à ses heures perdues, soutient ses candidats ayant des accointances avec les milieux mafieux parce qu'ils se connaissaient avant les accusations, et que, donc, ça ne compte pas, il y a de quoi être découragés.

Reste que si le nouveau maire de Montréal tient sa promesse de créer un poste d'inspecteur général, il va falloir dépasser l'effet d'annonce et tasser la poudre aux yeux en même temps que la poussière. Surtout que la probabilité que le monde se fiche de ce nouveau poste est élevée au plus haut point.

Pourtant, ça ne prend pas nécessairement des moyens extraordinaires pour faire preuve de transparence. D'abord, généraliser les meilleures pratiques, comme webdiffuser les conseils d'arrondissements, et indiquer les montants des soumissions présentées par les fournisseurs dans l'ordre du jour. Également, mettre en ligne et à la disposition des citoyens les outils permettant de retracer l'historique des contrats octroyés aussi bien par dates, montants que prestataires.

La population pourrait ainsi vérifier les dépenses et constater par elle-même l'utilisation qui est faite des fonds publics qu'elle alimente. Et finalement, avoir un processus de lancement d'alertes qui irait au-delà du simple repérage des nids-de-poule. Une ville intelligente c'est bien, encore faut-il qu'on lui mette à disposition tous les neurones disponibles.

Et n'oublions pas que signer une feuille qui engage à se comporter de façon déontologique ne constitue en aucun cas un gage d'éthique.

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