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08/07/2014 11:40 EDT | Actualisé 07/09/2014 05:12 EDT

Le développement durable, cette farce qui dure

Créée dans les années 1980 à la croisée d'un voeu pieux et d'une commande marketing, l'expression «développement durable» a désormais viré à la grosse blague. Tout d'abord parce qu'au bout de 30 ans le concept tarde à se matérialiser, ensuite parce que plus personne n'y croit vraiment.

Créée dans les années 1980 à la croisée d'un voeu pieux et d'une commande marketing, l'expression "développement durable" a désormais viré à la grosse blague. Tout d'abord parce qu'au bout de 30 ans le concept tarde à se matérialiser, ensuite parce que plus personne n'y croit vraiment.

Une notoriété en trompe-l'oeil

Allez visiter n'importe quel site Internet de compagnie pétrolière, vous êtes quasiment assuré d'y trouver un volet vert qui sent bon l'air frais d'une nouvelle planète. Les panneaux solaires et les éoliennes y poussent d'ailleurs souvent comme des champignons. Tout le monde aujourd'hui connaît le développement durable, mais êtes-vous seulement capable de citer un exemple concret ? Par "exemple concret", entendons-nous bien sur une chaîne complète, et non sur une note perdue dans une partition de croissance effrénée.

Les partis politiques dédiés à l'environnement sont d'ailleurs désormais les derniers à vouloir utiliser l'expression tant elle a été galvaudée par les publicitaires chevronnés. De nouvelles formulations plus pragmatiques sont d'ailleurs en cours de création, mais la banalisation et les modes auront vite fait de les rendre désuètes tant que le fond du problème restera dans la noirceur du puits de pétrole de schiste bitumineux.

Des tentatives politiquement faibles

La vérité est que rares sont les gouvernements réellement prêts à s'engager dans une profonde réforme de leur politique énergétique. On devrait même être capable de les compter sur les deux doigts d'une main accidentée. Pourtant les pays scandinaves, et l'Islande si on prend la zone géographique au sens élargi, ont une sérieuse longueur d'avance, entre la Suède qui manque de déchets pour ses incinérateurs assurant 20% du chauffage urbain du pays, et la ville de Reykjavik qui fonctionne grâce à un cocktail géothermique hydroélectrique. Ceci dit, ces deux pays font partie des huit qui constituent le Conseil de l'Arctique, et chacun entend bien avoir sa part du gâteau du pétrole et du gaz honteusement retenus par la banquise, qui fort heureusement finira bien par fondre.

Il faut dire aussi que la pauvreté du lexique de campagne électorale est constamment basée sur le refrain de la croissance. L'économie du pays va mal ? Allons chercher de la croissance. La croissance est trop faible ? Vite, une plus grosse croissance ! Le manque d'originalité de la plupart des partis aujourd'hui en charge d'un gouvernement, partis qui perpétuent le modèle économique actuel, est si bien ancré dans notre style de vie que l'on finit par se contenter de rengaines constantes. En les décortiquant au minimum, on pourrait quasiment traduire tous les slogans de campagne par "Ensemble, du nouveau mieux pour vous".

La solution à la source économique

La problématique est pourtant simple : nous vivons sur une planète dont les ressources sont limitées. Or nous ne pouvons pas réclamer une croissance économique toujours plus forte sans en payer le prix à un moment donné. Dans quelques semaines seulement, vraisemblablement peu après la mi-août, nous aurons de nouveau épuisé en moins de huit mois les ressources naturelles que la Terre peut générer en une année. D'où la responsabilité du citoyen, au sens noble du terme, de ne pas gaspiller l'eau et de limiter sa production de déchets tout en résistant aux sirènes de la surconsommation.

Car nul doute que lorsque viendra le temps de régler les prochaines factures environnementales, les gouvernements continueront à se servir dans les poches des contribuables. Ça au moins c'est durable.

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