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15/02/2018 09:00 EST | Actualisé 15/02/2018 09:00 EST

Le système de soins craque sous la pression, craquons pour la prévention!

La santé est une richesse qu’il est nécessaire de protéger et de propager à tous, notamment aux communautés les plus vulnérables.

 Avant que le système public de santé craque pour de bon, travaillons davantage en amont et faisons une plus grande place à la prévention.
BrianAJackson via Getty Images
Avant que le système public de santé craque pour de bon, travaillons davantage en amont et faisons une plus grande place à la prévention.

Au cours des dernières semaines, de nombreux articles et reportages ont exposé un système de soins surchargé où le personnel peine à répondre aux besoins des patients. Depuis des années, des centaines de professionnels et organismes de la santé martèlent l'urgence d'investir davantage en prévention des maladies chroniques évitables et de l'obésité pour réduire la pression et les coûts de santé. Pourtant, par rapport à la gravité de la situation, les gestes posés et les investissements restent timides, particulièrement dans le contexte de vieillissement de la population.

En octobre 2016, le dévoilement d'une Politique gouvernementale de prévention en santé annonçait un nouveau départ en reconnaissant qu'il fallait une vision globale et durable de la santé, au-delà du système de soins. Enfin, la prévention devenait une véritable stratégie transcendant les frontières des divers ministères ! Promis pour l'automne 2017, le plan d'action de cette politique se fait toujours attendre.

Pour soutenir les comportements sains et la mise en place de milieux de vie qui sont promoteurs de santé, des investissements massifs sont nécessaires. Or, contrairement à l'an dernier, le sondage des consultations prébudgétaires 2018-2019 ne cite aucun élément de prévention en santé parmi les priorités du gouvernement. Pourquoi la prévention ne mérite-t-elle pas une mention dans les consultations ? Parce qu'il s'agit désormais d'un acquis ou parce que cela est moins important pour le gouvernement qu'au lancement de la politique ?

Des millions de Québécois souffrent de maladies invalidantes alors que plusieurs cas de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de cancers pourraient être évités par une saine alimentation et un mode de vie physiquement actif.

Le surpoids touche un jeune sur trois et un adulte sur cinq. Les maladies chroniques qui y sont associées font des ravages. Des millions de Québécois souffrent de maladies invalidantes alors que plusieurs cas de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de cancers pourraient être évités par une saine alimentation et un mode de vie physiquement actif. Avec l'état de notre système de santé et un personnel à bout de souffle, s'offrir des mesures de prévention est loin d'être un luxe !

Le Québec ne peut plus attendre pour mettre en œuvre des actions concrètes de prévention en santé. Avec la fin des investissements privés de la Fondation Chagnon en promotion des saines habitudes de vie, le gouvernement doit s'engager davantage pour bâtir des milieux de vie où les choix sains sont plus faciles à faire. Cela d'autant plus que le retour sur l'investissement est plus qu'intéressant : les mesures efficaces en prévention de l'obésité et des maladies chroniques ont aussi des effets positifs sur l'amélioration de la santé des personnes malades ou en surpoids, multipliant les économies et réduisant la pression sur le système de soins.

L'effort collectif pour réduire le fardeau des maladies chroniques et de l'obésité doit rejoindre l'ensemble des politiques, actions et investissements des différents ministères. Dans une logique préventive intégrée, tous doivent participer. Par souci de cohérence, même le soutien à l'innovation et au développement doit considérer l'impact à la santé découlant des activités des entreprises et industries soutenues. La santé est une richesse qu'il est nécessaire de protéger et de propager à tous, notamment aux communautés les plus vulnérables. Avant que le système public de santé craque pour de bon, travaillons davantage en amont et faisons une plus grande place à la prévention.

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