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11/01/2019 06:00 EST | Actualisé 11/01/2019 06:00 EST

L'éducation publique doit demeurer gratuite!

Si nous ne sommes pas vigilants, le ministre pourrait officiellement mettre fin à la gratuité scolaire en inscrivant dans la Loi des principes d’utilisateurs-payeurs.

On fait de l’éducation de nos enfants un bien de consommation individuel au lieu d’être perçue comme une de nos richesses collectives.
Annie Otzen via Getty Images
On fait de l’éducation de nos enfants un bien de consommation individuel au lieu d’être perçue comme une de nos richesses collectives.

En toile de fond de ce débat sur les frais chargés aux parents, souvenons-nous que le Québec a le système scolaire le plus inégalitaire au Canada. La concurrence déloyale du réseau des écoles privées subventionnées a fait en sorte que le réseau public a développé des projets particuliers sélectifs dans le but de tenter de limiter l'exode des élèves.

Ces projets particuliers coûtent souvent très cher et sont en partis responsables de la ségrégation scolaire qui affligent notre système d'éducation. Le marché scolaire s'accentue depuis une quinzaine d'années. Nous avons même un palmarès des écoles produit par la Fraser Institute, comités d'experts conservateurs canadiens, qui met en concurrence nos écoles et nous parents, face à un dilemme insoutenable.

On fait de l'éducation de nos enfants un bien de consommation individuel au lieu d'être perçue comme une de nos richesses collectives.

Mais heureusement qu'il y a eu ce recours collectif pour finalement ouvrir les yeux à nos dirigeants sur les frais scolaires facturés illégalement par les écoles publiques.

Mais c'est une arme à double tranchant, car nous sommes au point de bascule sur l'équité selon le conseil supérieur de l'éducation. Notre système d'éducation public a été créé afin de donner une chance à tous de prendre l'ascenseur social et ainsi aplanir les inégalités socioéconomiques. Or, si nous poursuivons dans la voie actuelle, il fera l'inverse!

Il faut se rappeler qu'en 2007, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a demandé aux commissions scolaires et au gouvernement de s'assurer que tout élève répondant aux critères d'admission d'un projet particulier puisse y être admis et s'y maintenir indépendamment de la capacité financière de ses parents. Mais rien n'a été fait en ce sens, bien au contraire.

Si nous ne sommes pas vigilants, le ministre pourrait officiellement mettre fin à la gratuité scolaire en inscrivant dans la Loi des principes d'utilisateurs-payeurs.

Lorsque j'entends notre nouveau ministre de l'Éducation affirmer que savoir ce qu'on doit facturer ou pas est un débat de société, je m'ennuie de Paul Gérin-Lajoie et je m'inquiète pour la suite. Il est nécessaire que des balises claires soient mises en place pour les frais chargés aux parents pour s'assurer de l'accessibilité et de l'équité de notre système scolaire.

Mais soyons vigilants afin que l'esprit et la lettre de la Loi sur l'instruction publique concernant la gratuité scolaire soient respectés. Si nous ne le sommes pas, le ministre pourrait officiellement mettre fin à la gratuité scolaire en inscrivant dans la Loi des principes d'utilisateurs-payeurs.

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