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17/11/2015 09:48 EST | Actualisé 17/11/2016 05:12 EST

Au-delà des frontières, au-delà des murs

Au fil des années, on se crée des barrières, on se forge des murs, on s'oublie dans une identité qu'on apprivoise.

On se demande parfois l'importance des dialogues. De discuter honnêtement de ce qui nous fait peur, de ce qui nous dérange, de ce qui nous allume, de ce qui nous donne espoir.

Au fil des années, on se crée des barrières, on se forge des murs, on s'oublie dans une identité qu'on apprivoise. On n'y est pas infaillibles, c'est un peu le chemin qui nous est tracé pour survivre, pour s'intégrer. Et l'on finit par s'y plaire, dans cette réalité. On vit entouré d'actualités qui débordent, de nouvelles qui nous inondent jour après jour, bien plus souvent mauvaises que bonnes, qui nous font oublier le pire comme le meilleur.

Et puis, il y a ce choc, ce coup de trop, qui remet tout en perspective. Ce plancher de verre qui s'effrite, le sol qui se dérobe, son regard fixé sur un horizon qui ne donne pas les réponses que l'on cherche, auxquelles l'on voudrait s'agripper de toutes ses forces. On nous dérobe de ce qu'on croyait acquis, assuré, respecté dans notre quotidien.

On se referme sur nous-mêmes, avec ceux qui sont de pâles miroirs de ce que l'on aimerait être. On évite l'étranger, on s'invente des peurs. On s'érige des frontières, avec des fils de fers, des parcelles d'idéologie, des bouts de préconçu - comme ces clôtures qui décorent aujourd'hui les pieds de l'Europe.

On cherche des coupables. Ça serait tellement plus facile de pouvoir mettre tout le blâme sur une seule personne. Mais la complexité nous en empêche. Des conflits bien enracinés, des apprentissages répétés sur les bancs d'école, un regard à sens unique, une solution parfaite qui n'existe pas.

Paris, c'est un peu ça, tout comme le Liban, la Palestine, la Tunisie. Et la plus récente crise en Europe, avec ces centaines de milliers de réfugiés qui traversent mers et terres dans l'espoir de pouvoir se reconstruire, de fuir ce qu'on redoute tant, de s'entourer d'une dose d'espoir, de futur, d'avenir, c'est aussi un peu de tout ça.

C'est dans toute cette réflexion que cet automne, Stories For Humanity, une maison d'édition montréalaise, porte un tout nouveau projet, intitulé #FrontieresWalls. À la place de s'attarder sur des virgules dans des définitions, à la place de bâtir des murs de béton entre les mots, à la place de mettre des gens dans des catégories.

À la place de tout ça, on vous offre une avenue vers l'ouverture, l'échange, le partage. On se questionne, on se demande, on dialogue. On vous donne parole. Des deux côtés de la frontière, de part et d'autres des murs. On veut parler, honnêtement, courageusement - de peur, d'injustice, d'espoir.

Jusqu'à la fin novembre, on vous donne la place. Avec vos textes, vos photos, vos poèmes, vos réflexions, vos oeuvres, #FrontieresWalls s'efforcera d'écrire notre histoire, ensemble, avec une conversation sans frontières, au-delà de nos murs de verre.

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#FrontieresWalls est un projet de Stories for Humanity, une maison de production basée à Montréal. Tous sont invités à envoyer une contribution au projet et d'ainsi faire partie de ce livre, qui se veut une ouverture au dialogue face à la grande crise des réfugiés qui secoue le monde. 10% des profits seront versés à l'UNHCR afin de soutenir leur travail. Pour plus d'informations, www.frontiereswalls.com.

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