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30/01/2017 08:42 EST | Actualisé 30/01/2017 08:42 EST

29 janvier blanc froid

Chez nous, ce sont les couleurs de Montréal, les plaines de l'Estrie, l'eau salée de la Gaspésie, les forêts d'Eeyou Istchee, la neige du Nunavik. Ce n'est pas Québec du 29 janvier blanc froid, des taches dans la nuit.

Chez nous, mais ce n'est pas nous. Des morts et des blessés. Dans un climat global pas trop lointain, à quelques kilomètres plus au sud, nourri par une peur d'autrui qui ne sera jamais justifiée.

Chez nous, ce sont les couleurs de Montréal, les plaines de l'Estrie, l'eau salée de la Gaspésie, les forêts d'Eeyou Istchee, la neige du Nunavik. Ce n'est pas Québec du 29 janvier blanc froid, des taches dans la nuit.

Les mots peinent à s'enchaîner. Essayer de faire le vide pour essayer de mieux comprendre quelque chose qui ne se comprend pas. Et qui se rationalise encore moins. Se remettre en question pour savoir ce qu'on a échappé. Quelle maille de notre tricot social n'était pas assez serrée?

On regardait avec un certain intérêt, une empathie, les coups et les tempêtes ailleurs. On s'est tenus debout avec Paris, Londres, Bruxelles, New York. On se disait en sécurité, à l'abri avec nos notions d'ouverture, de tolérance. On s'est tellement félicités d'être «mieux», d'accepter tellement bien ces «différences». Finalement, on n'est pas si différent de tout le reste du monde. Tout un choc.

Est-ce qu'on a fait assez? En tant que citoyen, en tant qu'acteur civil, en tant que voisin, en tant que soi-même? Et répondre en se disant qu'il est évident qu'on pourrait s'ouvrir, partager, échanger, bâtir, encore plus. À chaque jour.

Nombre d'entre nous ont grandi dans un monde qui ne connaît pas de frontières. L'école a toujours eu mille et une couleurs. On y a laissé des parcelles de nous-mêmes dans ces 197 pays qui entourent le globe, sans notion des barrières de langues, de religions, de couleurs, de régimes politiques.

On sera différents dans notre façon de répondre, ensemble - en bleu, en rouge, en noir, en blanc, en jaune. Surtout, on réapprendra à ne pas avoir peur, à tenir ces discussions tellement difficiles qui font mal, qui scient, sur ce que nous sommes réellement - nos failles exposées à la lumière crue d'un hiver solaire -, et ce que nous aspirons à devenir. On mettra dans un grand bac commun toutes nos façons d'aller mieux, ensemble.

À nous de continuer le dialogue, de maintenir nos amitiés au-delà des frontières, et ici même, chez nous. À réinventer nos politiques et nos discours publics. À faire de la place. Ouvrir nos portes encore plus grandes. Accepter, respecter, s'unir. Des grands mots qui auront désormais une signification encore plus spéciale.

Soyons Québec. Soyons nous-mêmes.

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