LES BLOGUES
17/12/2013 12:05 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Les entreprises québécoises vont-elles se ludifier ?

En télétravail hier, justement en train d'écrire quelques billets pour le HuffPostQuébec, je suis tombé par hasard (lire sérendipité) sur un statut de Nadia Seraiocco sur Facebook portant sur la ludifcation des processus d'embauche pour les entreprises. Oups... Mon attention s'est tout de suite portée à ce statut (voir capture d'écran ci-dessous).

gamenad


Ce n'est pas rien... 70% des très grandes entreprises, surtout aux É.-U., vont utiliser cette nouvelle technologie dans leurs processus d'embauche d'ici deux ans ! Pas surpris de lire pareille affirmation. Pourquoi ? Simplement parce qu'il y a deux ans à Paris, lors de la conférence LeWeb11, j'avais entendu la VP Social Business Sales & Evangelism chez IBM, Sandy Carter venir dire que «the name of the game is gamification». En effet, elle était invitée à participer à un panel sur l'entreprise «dite» sociale, panel animé par l'ami Richard Collin. Et justement en réponse à une question de Richard qui lui demandait quel serait «the next Big Thing» en entreprise, elle n'a pas hésité à répondre la «gamification». comme vous pourrez l'entendre è 15m21s de la vidéo du panel ci-dessous:


Imaginez... Comme je l'ai déjà écrit ici, les entreprises en sont toujours à se demander ce que sont les médias et réseaux sociaux et voilà que la VP en charge de la stratégie «social business» d'IBM, le navire amiral de l'entreprise sociale (on ne dit plus entreprise 2.0) avec Salesforce, vient dire qu'en plus des blogues, wikis, réseaux socio-professionnels, idéagoras, mashups et magasins d'applications en interne, on devra compter avec ce nouveau phénomène issu tout droit de plates-formes telles que FourSquare...

En fait, c'est quoi au juste la «gamification» ou ludification en français ? En plus de ce qu'en dit Wikipédia, le mot le dit un peu car il y a «game» dedans soit le jeu. C'est d'utiliser le jeu pour toucher nos désirs et besoins, soit en tant que consommateurs, soit en tant qu'employés et faire en sorte que nous ayons une expérience plus engageante, plus complète et satisfaisante avec un produit, une application ou un service. Et c'est relié directement à l'arrivée de la génération Y sur le marché du travail.

gamegraph


Comme vous le voyez sur ce tableau, on utilise classements, défis, biens virtuels, niveaux, points et même badges.

Voici comment commence le livre blanc publié par Bunchball et disponible sur son site, une des entreprises qui se spécialise dans la conception de ces jeux pour entreprises et qui travaille entre autres avec Salesforce et IBM:

«How Businesses can use Gamification to Engage & Motivate Gen Y Employees and, in the Process, Benefit Everyone.

The emergence of Generation Y, people born from the early eighties to mid-nineties, as a demographic force is driving dramatic change in education, technology, media, and most critically, at work. Gen Y makes up 25% of the workforce today, and their numbers are growing rapidly.

These new entrants into the workforce expect even more from their work experience than their Gen X and Baby Boomer counterparts, making it imperative that businesses understand the unique characteristics of this group, and how to best engage and motivate them.»

Gestion du changement, engagement total, motivation, reconnaissance, statut social et professionnel sont les mots-clés de cette nouvelle tendance qui s'alourdira au fil des prochaines années. Je vous invite à prendre quelques minutes pour visionner la vidéo ci-dessous. Elle explique clairement ce qu'est la gamification et ses avantages pour les entreprises:


C'est cela que Sandy Carter a compris et c'est pour cela qu'IBM ainsi que Salesforce travaillent avec Bunchball et sa plate-forme Nitro.

Cette entreprise n'est pas la seule dans ce nouveau marché en pleine émergence (j'aime ce mot). Il y a aussi RedCritterTracker, qui est basée sur SilverLight de Microsoft et donc peut interagir avec plusieurs des produits du géant de Redmond. Voyez aussi leur vidéo qui explique leur produit, mais aussi le concept. À voir les badges pleuvoir, on pense tout de suite à Foursquare. Justement, on se demandait à quoi pouvait bien servir cette plate-forme de SoLoMo (Social, local et mobile). Là on comprend que le modèle d'affaires peut se transposer en entreprise sous une toute autre forme.

Et justement, à Paris, du 13 au 15 mai prochains se déroulera une importante conférence sur le sujet et visant tout particulièrement la clientèle des services de ressources humaines (DRH). Et comme c'est en France, le titre est anglais: «Gamification in HR 2014 Summit». On y présentera plusieurs études de cas concrètes, des ateliers, tables rondes, etc.

Et où mènera cette nouvelle tendance? À mon avis, à l'introduction graduelle en entreprise du «Serious Gaming» et du «Digital Game Based Learning» dans les institutions d'enseignement et dans les centres de formation comme c'est déjà le cas pour plusieurs forces armées dont celles des É.-U., de France et du Canada. Et vous savez peut-être si vous êtes gamer ou gameuse, que des jeux en ligne comme World of Warcraft (WoW) sont en train de former une toute nouvelle classe de travailleurs et de gestionnaires.

Car ce jeu en ligne propose de faire des quêtes et pour les réaliser, les joueurs doivent se regrouper en guildes avec des membres qui possèdent des expertises différentes. Le leader, souvent un Top niveau, ne gardera pas son autorité et son leadership tout au long de la quête. Au contraire, les membres vont se passer le leadership en fonction de l'expertise requise à tel moment pour réaliser une des étapes.

Dans le milieu du travail, on appelle ça des équipes de projet multidisciplinaires qui travaillent en collaboration ouverte...

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