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15/03/2014 08:12 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

Le pape François peut-il sauver l'Église?

Dans son livre «Peut-on sauver l'Église catholique?», le théologien Hans Küng répond par l'affirmative à cette interrogation en s'appuyant sur le renouveau proposé par le pape François.

Hans Küng, faut-il le rappeler, est le théologien suisse libéral qui, en décembre 1979, à la suite d'une longue controverse avec la hiérarchie catholique, et spécialement avec la Congrégation pour la doctrine de la foi, était sanctionné par la perte de la reconnaissance officielle de l'Église l'autorisant à enseigner la théologie et lui permettant de participer à la collation des grades universitaires catholiques.

Cette sanction visant à le faire taire ne l'a jamais empêché de critiquer la hiérarchie catholique et ses enseignements .

En 1995, Hans Küng accuse le pape Jean Paul II d'être «un dictateur spirituel voulant détruire la liberté de conscience», de vouloir faire taire les dissidents dans son Église et d'imposer sa morale au reste du monde.

En 2001, Hans Küng dénonce la lettre du cardinal Ratzinger aux évêques catholiques portant sur les crimes les plus graves commis contre les mœurs ou les sacrements, lettre qui impose le secret aux victimes d'abus sexuels commis par des prêtres catholiques, les empêchant de porter plainte.

En 2005, alors que le pape Jean-Paul II agonise, il dresse une analyse de son pontificat, qui restera selon lui «comme une grande espérance déçue et, finalement, comme un désastre», et aura plongé l'Église «dans une crise qui fera époque».

Pour motive ses interventions, Hans Küng a expliqué être attaché au «Jésus de l'Histoire» et a déclaré que le pape Benoît XVI est attaché à un Jésus dogmatique comme défini par le concile de Nicée. Comme si l'Église catholique romaine n'avait pas évolué et était déconnectée de la réalité.

Si Hans Küng a des attentes élevées envers le nouveau pape c'est notamment en raison du fait que contrairement au pape démissionnaire, le pape François n'est pas dogmatique, préférant plutôt faire preuve d'ouverture et accueillir au lieu de juger.

Depuis son accession à la papauté, Hans Küng constate que le Pape François a modifié le protocole, s'est éloigné du faste du Vatican, porte des vêtements moins ostentatoires, n'habite pas dans les appartements pontificaux et partage ses repas avec des prêtres travaillant avec les fidèles sur le terrain.

Par contre, en s'attaquant à la Banque du Vatican qui a été au centre de nombreux scandales financiers ainsi qu'aux privilèges des cardinaux de la Curie habitués à mener une vie luxueuse, aimant les flatteries et les honneurs, plusieurs vaticanistes sont d'avis que la résistance s'organise et qu'un plan de la Curie est en préparation afin de forcer le Pape à démissionner.

Répétant ainsi le scénario ayant conduit à la démission de Benoît XVI incapable de régler les dossiers litigieux et la corruption qui affectent la Banque du Vatican, la Curie et tel que l'a démontré Frontline à PBS dans son émission «Secrets du Vatican».

Afin de démontrer la résistance systémique au changement de culture au Vatican il n'est pas inutile de rappeler les propos rapportés par le fondateur du journal La Republica Eugenio Scalpari alors qu'il a eu une longue conversation avec le Pape François.

À cette occasion, le pape a dénoncé "les courtisans du Vatican, les considérant comme la «Lèpre de la papauté».

Ce cri du coeur du pape François est révélateur de la résistance de la Mafia Vaticane qui souhaite que rien ne change.

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