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15/07/2016 10:39 EDT | Actualisé 15/07/2016 10:58 EDT

«Tout Écartillé» à Trois-Rivières: physique et électrique!

Le Cirque du Soleil nous séduit de nouveau avec le deuxième de sa série de spectacles Hommage à l'Amphithéâtre Cogeco. Après Beau Dommage, l'hommagé de cette année, c'est nul autre que l'éternel Robert Charlebois

Rebelote à Trois-Rivières. Le Cirque du Soleil nous séduit de nouveau avec le deuxième de sa série de spectacles Hommage à l'Amphithéâtre Cogeco. Après Beau Dommage, l'hommagé de cette année, c'est nul autre que l'éternel Robert Charlebois, celui qui donne la note depuis La Boulé de son premier disque et qu'on chante à l'unisson depuis 50 ans.

Monter un show à partir d'un répertoire riche d'autant de tubes, de vers d'oreille, de chansons légendaires, constituait un défi de taille pour l'équipe de 45 DEGREES (filiale du Cirque du Soleil qui produit Tout écartillé) considérant qu'un spectacle de cirque de 75 minutes peut compter à peine plus d'une douzaine de titres. Il y a donc des évidentes comme Je reviendrai à Montréal, Les Ailes d'un ange, Tout écartillé, Entre Deux Joints, Le Mur du son, Lindbergh, Fu Man Chu. Ces chansons donnent le ton.

« Rêver c'est voyager » dit la chanson Fu Man Chu. Dans les 19 tableaux deTout Écartillé, l'ingénieux metteur en scène Jean-Guy Legault s'assure que l'esprit du spectateur s'arrache de l'attraction terrestre.

Et je vous assure que le décollage est réussi grâce à des performances de cirque exceptionnelles si on tient compte du peu de temps de répétition et de rodage.

Dans le numéro de barre russe, Alexandra Royer swingue dans les airs aux rythmes de CPR BLUES. Tu veux savoir? Non tu veux le voir. Sur Te v'là, c'est la contorsionniste Marjorie Nantel qui est flyée comme une garnotte par des partenaires qui n'ont pas peur sur un chopper.

C'est suivi du plus spectaculaire duo trapèze féminin que je n'ai jamais vu, exécuté par Shannon Gélinas et Évelyn Paquin-Lanthier, sur la bien choisieTout Écartillé. Et le niveau stratosphérique se maintient dans le magnifique Main à Main de Valérie Benoît et Mason Ames qui se font et se défont sur l'air de Je reviendrai à Montréal.

Qu'est-ce qu'on a trouvé pour la chanson Entre Deux Joints? Le jongleur Éric Bates, découvert dans Séquence 8 des 7 doigts de la main, qui nous bluffe avec ses boîtes de cigare. Pour Ordinaire, on a opté pour une mise en scène dramatique. L'acrobate Kent de Mond monte une échelle de cirque jusqu'au sommet du chapiteau et se lance dans le vide. On appelle ça le High Fall. Il y a un gigantesque matelas pour amortir sa chute. N'empêche ça fesse et traduit bien, en même temps, la charge de cette grande chanson de Charlebois et Mouffe.

Robert Charlebois a aussi eu une période pop-bonbon. Les deux chansons de l'ère Plamondon, Je t'aime comme un fou et Les Talons hauts, nous procurent des moments très enlevés de danse.

Parmi les déceptions, Le Mont Athos qui me confirme que j'ai eu ma dose de Tissus aériens, Les Ailes d'un ange en version fanfare humoristique, un numéro qui fait pouet pouet et Fu Man Chu, une puissante locomotive qui méritait plus que ce mélange un peu confus de diabolo, cheerleading et cerceau aérien.

Heureusement le numéro imaginé pour la chanson Lindbergh permet de finir le spectacle sur un high! Dans leur Roue de la mort, les téméraires Carlos Marin et Luis Delgado, récupérés de Zarkana à Las Vegas, sont comme les pigeons de la chanson. Ils essaient de tenir leur balan dans le vent et c'est absolument, absolument, absolument très... énervant. Alors on fait des ououuuuuuuu de frayeur, en chœur avec Louise Forestier, en priant pour qu'il n'y ait pas de chute, de criss de chute, parce qu'il n'y a pas de parachute, ni de harnais de sécurité.

Contrairement au spectacle hommage à Beau Dommage de l'an dernier, cette fois-ci toutes les voix ont été refaites. Ce ne sont donc pas les versions originales qui sont tatouées dans nos oreilles depuis des lustres qu'on entend. Je craignais que cela gâte mon plaisir, mais chapeau à Robert Charlebois qui est encore capable, à 72 ans, d'interpréter ses succès avec la ferveur et la justesse de mes souvenirs de jeunesse.

Aux arrangements, Jean-Phi Goncalvès a encore une fois réussi à briser le mur du son. Les tounes sont parfaitement reconnaissables, mais elles se permettent des vols planés électros, des ponts qui permettront d'aller chercher des jeunes qui n'ont pas le même rapport sacro-saint avec le répertoire de Charlebois que ma génération. Disons que, par moments, ça déchire grave. Jean-Phi c'est lui le plus jeune, plus fou qui fait danser les boogaloos.

Bref, Tout Écartillé à Trois-Rivières, jusqu'au 16 août, c'est physique ET électrique. Si vous voulez avoir des ailes cet été, partez donc pour... Trois-Rivières.

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