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07/03/2014 12:25 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Trois chefs de parti, trois ex-ministres de la Santé

La campagne a démarré. La santé devrait être au premier plan des dossiers abordés durant cette consultation populaire. Les journalistes vont se régaler de questions sur le sujet. Les chefs de parti vont promettre d'appliquer les freins à la bureaucratie et d'investir dans les soins à domicile pour désengorger les hôpitaux. Chacun aura sa solution miracle pour contenir les coûts et accélérer les attentes. Mais le passé doit revenir à la surface.

Pauline Marois, Philippe Couillard et François Legault ont déjà été ministres de la Santé et des Services sociaux dans le passé (ministre d'État pour François Legault). Malgré ce fait, les problèmes de ce grand ministère ont sans cesse pris de l'embonpoint sous leur tutelle. À tel point qu'aujourd'hui, ce ministère est affligé d'obésité et les mêmes problèmes s'inscrivent à l'ordre du jour. Les trois chefs de parti furent autrefois des ministres incapables d'insuffler leur personnalité durant chacun des mandats.

Pour preuve, voici les déclarations de trois hommes crédibles. Vous remarquerez les années où elles ont été prononcées.

Jean Garon,il y a 21 ans, pendant le mandat du ministre libéral de la Santé, Marc-André Côté (en 1991):

«On aura de l'argent pour la bureaucratisation du système. Je n'en suis pas revenu (...) Ça va être plus compliqué de se faire soigner sans doute. Il y aura plus de gens pour compter. Il y aura plus de gens pour créer des problèmes (...) Alors qu'essentiellement, quand vous êtes malade, vous avez besoin de soins ; vous n'avez pas besoin d'une bureaucratie plus forte.»

1995, quatre ans plus tard, un groupe de travail présidé par Paul-A. Lamarche a remis son rapport pendant le mandat du ministre de la Santé du péquiste Jean Rochon:

«Concernant la bureaucratie, certains faits se révèlent également inquiétants. Ainsi, l'augmentation du personnel dans les régies régionales ne s'est pas traduite par une diminution correspondante au ministère ; le personnel du ministère n'a pratiquement pas diminué dans les faits : 920 postes de plus étaient autorisés au ministère au premier avril 1995, en sus aux 1 225 en 1990.»

1999, Georges Farah déclarait durant le mandat de la ministre de la Santé soit la péquiste Pauline Marois:

«Étant donné, et ce, à cause de l'actuel ministre, que les régies ont échoué et se sont éloigné de leur mandat, le ministre peut-il cesser d'investir près de 100 000 000$ par année dans cette structure bureaucratique et plutôt injecter ces fonds publics dans les soins aux patients?»

2012, 13 ans plus tard, pendant le mandat des ministres de la Santé des libéraux Philippe Couillard et Yves Bolduc, le p'tit vieux que j'étais écrivait: «La situation de 1971 est du menu fretin à comparer à celle d'aujourd'hui. Je suis indigné. Tant et aussi longtemps qu'on maintiendra le système actuel de la fonction publique en Santé, à la lumière de ces trois textes d'hommes publics éminents, une boulimie bureaucratique nécessitera des injections pour endiguer le diabète de la structure qui sévira très bientôt.»

Les trois chefs de parti actuels devraient expliquer cet accroissement, eux qui en sont les auteurs. C'est scandaleux surtout quand on regarde les succès ailleurs, dans d'autres pays. Comment ces ministres ont-ils réussi avec leur baguette magique à augmenter aussi allègrement les effectifs de la fonction publique? Malgré les avertissements et les rapports mentionnés ci-haut.

Il est temps que nos trois politiciens se réveillent avant les dures échéances et écoutent l'inquiétude qui gangrène chez le peuple de toutes les classes sociales. Pourquoi ces politiciens ne rendent-ils pas des comptes sur l'époque où ils tenaient les rênes de la Santé? S'ils n'ont pas réussi, comment mèneront-ils à terme-il la gouverne de l'État?

Pauline Marois, Philippe Couillard et François Legault sont trois chefs de partis actuels qui ont tous été à un moment de leur carrière aux commandes de ce ministère qui est devenu au cours des ans le plus «argentivore» et le plus boulimique de la bureaucratie. Le plus malade aussi.

En 2007, il représentait 38,8% du budget du gouvernement et 47,5% trois ans plus tard. Presque la moitié du budget! Il versait à ses médecins, en 2011, 5 milliards de dollars et 301 millions de dollars de plus en 2012. En 10 ans, il est passé de 7 000 employés-cadres à 14 000. Ce n'est pas sans avertissements. Le hasard vient de m'étonner, celui d'avoir déniché ces déclarations. Je n'en reviens pas.

Comme l'écrivait Claude Castonguay, ce patriarche actuaire de 82 ans qui a marqué le Québec moderne: «le Québec s'en va comme un somnambule vers de dures échéances».

Lisez d'autres textes de Claude Bérubé en visitant son blogue Leptitvieux.com

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