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02/06/2016 10:03 EDT | Actualisé 03/06/2017 05:12 EDT

Élections: les proportionnelles ou bien les autres?

Les commentaires se sont enflammés sur le choix d'un scrutin de remplacement que ce soit la présidentielle à un tour ou à deux tours, que ce soit le statu quo, que ce soit la préférentielle à deux choix ou que ce soit une des multiples variantes complexes de la proportionnelle.

Justin Trudeau a déclaré que le Canada aura un nouveau mode électoral lors du prochain scrutin. Le système actuel lui a pourtant accordé une majorité de députés élus, soit la gouverne de notre pays, malgré un vote individuel minoritaire d'environ 38%. Admettons qu'un parti ne dépasse le 50% de la majorité simple des votes presque jamais.

Depuis lors, les commentaires se sont enflammés sur le choix d'un scrutin de remplacement que ce soit la présidentielle à un tour ou à deux tours, que ce soit le statu quo, que ce soit la préférentielle à deux choix ou que ce soit une des multiples variantes complexes de la proportionnelle.

Ces dernières circulent sur les lèvres de bien des électeurs, surtout celles des membres des partis minoritaires qui y voient une plus grande participation de leurs partis à la gouverne. Le NPD, le Bloc, le Parti québécois, Québec solidaire et le parti vert soutiennent cette option avantageuse à leur égard. Y compris plusieurs commentateurs politiques itou.

Mais, pour le peuple non instruit sur le sujet dont je suis, on se demande ce que cela mange en hiver. Quels en sont les mécanismes qui semblent si compliqués et les résultats potentiels? Quels avantages combleront les citoyens et la démocratie? Sur quels concepts fonctionneront ces options? Il suffit d'en mentionner les noms pour entendre plusieurs interprétations de la part des gens concernés.

Je sens que viendra bientôt le temps d'un nouveau mode électoral. Comment se déroulera le choix des députés élus. Les détails me sont inconnus. D'autant plus que plusieurs types de proportionnelles existent. En quoi la démocratie y gagnera-t-elle? La démocratie actuelle au vote nominal de députés et ses composantes ou la démocratie en choisissant un parti?

Dans ce dernier cas, il est évident qu'il serait pratiquement impossible de gouverner avec plus de 50% de députés, et le parlement devra vivre avec le phénomène des coalitions. Comme cela se fait dans plusieurs pays avec succès parfois et désillusions en d'autres circonstances. Comment envisager une certaine alliance contre nature d'un parti de droite et d'un parti de gauche? Quelles seront les exigences négociées entre eux pour accorder le soutien mitigé de l'un à l'autre? Bien souvent leurs politiques importantes divergeraient de façon majeure? Un marchandage, des compromis, des projets escamotés en vue! Une gouvernance possible, mais plus complexe.

Voilà autant de questions que se pose un simple citoyen non instruit comme moi sans qu'un débat public offre de meilleures informations complémentaires sur le sujet.

Certains pays ont abordé les aléas de ce mode électoral ou d'autres, et mêmes mixtes, avec des facettes différentes et des ajustements constants. En sont-ils plus heureux?

Il y a le système présidentiel, à deux tours, qui permet une autorité dépassant le 50 % pour le chef, comme la France et bien d'autres pays. Est-ce mieux? Justin Trudeau, pour sa part, qui vient de former une commission d'études sur le sujet a mentionné sa faveur à l'égard d'un système préférentiel à un deuxième choix dans l'isoloir. Ça s'exprime comment? Il semble que l'électeur y manifeste un premier et un deuxième choix. Et la suite à tout cela?

Certaines provinces l'auraient déjà adopté comme certains pays à l'exemple de l'Australie. Par ailleurs, pourquoi la Colombie-Britannique, l'Ontario et l'île du Prince Édouard ont-ils choisi le statu quo par un référendum. Le référendum représentant la forme idéale du scrutin populaire. Il n'y a aucun doute sur leur choix. Est-ce pour cela que plusieurs partisans libéraux au fédéral veulent éviter ce référendum pour un choix aussi important?

De nombreux pays partagent ces mêmes modes électoraux que j'ai ci-haut nommés, avec toutes leurs imperfections flagrantes pour chaque forme de scrutin. Il est évidemment inopportun qu'un pays soit gouverné par un seul parti n'ayant récolté qu'une minorité des suffrages. La démocratie par le vote nominal comme chez nous a aussi démontré ses carences.

Les grands réseaux de nos médias ont changé la donne du système actuel en ciblant les chefs et les partis plutôt que les députés, privant ces derniers d'une grande visibilité pour un choix éclairé. Dans l'isoloir, on vote encore pour le député. Alors que dans les faits, nous pensons à son chef et son parti. Qu'il soit un bon député, un minable ou un poteau n'a aucune importance.

En élisant les meilleurs, nous devrions hériter hypothétiquement du meilleur parlement. Mais cette représentation a été viciée par les médias et les partis eux-mêmes. En démocratie, il importe de ne pas dénaturer la nature du vote. Celui-ci est l'icône de la démocratie.

Tout accommodement électoral doit tenir compte de la modernité et des instruments qui l'accompagnent. Voilà pourquoi ils sont nombreux à vouloir le vote en ligne.

Je souhaite un débat public entourant l'information sur tous les modes électoraux. Qu'il ne se fasse pas entre initiés. Sinon les simples citoyens comme moi ne pourraient sans une information adéquate choisir la bonne solution qui fera triompher la démocratie. Si, évidemment, ce peuple a droit démocratiquement au chapitre.

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