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02/05/2016 10:37 EDT | Actualisé 03/05/2017 05:12 EDT

Quand la lune de miel de Justin perdure...

La lune de miel enrobe un manque de leadership évident.

J'ai lu le 26 avril dans La Presse la chronique de Lysiane Gagnon qui portait presque le titre de ce texte. Elle y traitait de cette lune de miel qui embaume le début du mandat de Justin Trudeau. Elle y écrivait que «l'agenda de Justin Trudeau est lourdement chargé, et ses premiers pas au gouvernement ont connu des ratés qui auraient fait bien des remous si le pays et les médias n'étaient pas encore en lune de miel avec le nouveau gouvernement».

Combien de temps dure et durera une lune de miel qui emmitoufle les premiers jours d'un pouvoir? On fait peu de vagues durant cette période. Jean Chrétien disait que c'était le temps d'aborder les dossiers controversés.

Justin joue de son charme évident pour calmer les ardeurs de ses adversaires et des oppositions possibles. Entouré d'un cabinet et d'un caucus peu expérimentés, les mandarins des hautes fonctions ont une belle chance de pousser leurs dossiers impopulaires pour profiter de cette manne. Comme le dossier de Radio-Canada, déjà annoncé par le président il y a plusieurs mois, sous le règne Harper.

Les 25 000 réfugiés sont bel et bien entrés, mais qu'en est-il des résultats et des intégrations? Le téléphone ne sonne pas.

Justin a sorti au vol des millions pour la cause autochtone. Peu de questions sur l'utilisation de tant de millions.

Poussé par la Cour suprême, on a pondu une loi mi-figue mi-raisin pour l'aide à mourir, pour éviter les vagues et se rapprocher d'un simili-consensus.

Les blindés de l'Arabie saoudite l'ont écorché sans trop de mal. Le temps qui passe risque de jouer en faveur de l'ouest et de l'oléoduc de l'est, malgré les oppositions.

Le mutisme sur la CSeries, devant le lobby torontois et du Canada anglais, laissera des traces indélébiles. Un cocktail de 500 $ par avocat de Toronto pour rencontrer la ministre de la Justice laisse planer une odeur nauséabonde, telle que dénoncée par la Commission Charbonneau.

La lune de miel enrobe un manque de leadership évident. Brian Mulroney disait qu'un chef ne doit pas jouer les médiateurs, mais prendre le leadership, rapporte Gagnon. La garde rapprochée anglophone du chef et un cabinet majoritairement unilingue laissent présager de mauvaises décisions et de voir revenir les malaises du passé.

Le premier ministre devrait profiter de cette lune de miel et de son pouvoir de persuasion pour convaincre le Canada en entier que le pétrole de l'Alberta, que l'industrie automobile de l'Ontario, et que l'aéronautique du Québec sont des industries majeures du Canada, et non régionales, dont tous les Canadiens devraient être fiers. Une belle occasion de travailler à l'unité canadienne.

Son charisme et sa lune de miel devraient être mis à contribution pendant que ça dure et perdure. Une éclipse peut survenir à tout moment et les dossiers risquent d'être plus bruyants et le téléphone de sonner.

Lisez d'autres textes de Claude Bérubé en visitant son blogue Leptitvieux.com

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