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06/01/2015 11:54 EST | Actualisé 08/03/2015 05:12 EDT

Les quotas de la complaisance

Les affiches routières le long de l'autoroute indiquent une vitesse maximale de 100 km/h. Il est pourtant de notoriété que les policiers ne séviront qu'à partir de 118 km/h. Pourquoi ? Pourquoi pas à 105 km/h? Pourquoi les panneaux sont-ils incorrects? Dans la réalité, il est même dangereux de respecter et de rouler le «100 km/h» ou moins. La vitesse minimum est malgré tout indiquée à 60 km/h. Où se situe la vitesse sécuritaire ? Sûrement pas à 60 km/h.

Nous sommes des délinquants de la route. Les limites maximum deviennent des vitesses de croisière et bien souvent la vitesse à dépasser. Que ce soit sur les autoroutes, les routes secondaires et même urbaines.

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Le policier qui nous infligera une contravention deviendra un hurluberlu digne de tous les qualificatifs désobligeants. N'a-t-il rien de mieux à faire qu'à pourchasser les fautifs de la règlementation routière et à atteindre les célèbres quotas qui enrichissent les coffres de l'État, aux dépens des pauvres automobilistes, soutient-on ? En somme, rien de plus dur pour l'égo de l'automobiliste que de se faire prendre, de payer une amende qu'on clame injuste et de perdre des points si précieux.

À quoi servent les règlements ? Sinon qu'à assurer notre sécurité et celle des autres et de la société. À quoi servent les policiers sinon qu'à les faire respecter ? Que les contraventions servent en plus à engraisser l'État, bravo. Que les conducteurs délinquants soient taxés. Tous les délinquants ! Tous ! Les seuls quotas admissibles pour le corps policier est l'atteinte du « cent pour cent ». Et le policier doit faire cette tâche avec la passion que lui inspire la sécurité de tous ses concitoyens. Que ce soit la vitesse excessive, la conduite dangereuse, les arrêts, les mauvais stationnements, les virages fautifs. Il n'y a pas de conduite dangereuse « acceptable ». Les règlements ont été votés pour être observés. Et seul le corps policier est apte à réaliser cette tâche sans laxisme. Son seul quota acceptable est le respect intégral de toutes les lois. Que les revenus des amendes issus de la délinquance des lois garnissent les coffres de l'État, soit ! La punition est de toute façon nécessaire. L'amende est toujours dissuasive.

Les récriminations des citoyens fautifs, pris sur le fait, sont normales. Celles des policiers le sont moins. En voulant s'attaquer à la réduction des quotas, les policiers de Montréal jouent le jeu des délinquants et se cherchent un quota de sympathie auprès de ce segment de la population en ces temps de négociations. La complaisance à l'égard des contrevenants ne sera jamais une avenue positive. La sévérité dans l'application des règlements ajoutera toujours plus de respect à l'égard des lois. Plus la population respectera les lois, moins les quotas et les amendes seront nécessaires. Et moins de revenus pour l'état.

Certains États américains contrôlent les lois de la circulation avec plus de sévérité. Les conducteurs sont plus vigilants dans l'observance des limites sur leurs territoires. On ne veut pas se faire «pogner».

La complaisance de nos policiers ne peut que favoriser la complaisance des automobilistes délinquants. Si les quotas demeurent un contrôle administratif plus rigoureux à l'égard des hors-la-loi, donc plus incitatifs à la sécurité pour nous tous, alors pourquoi pas ne pas privilégier les quotas ?

Lisez d'autres textes de Claude Bérubé en visitant son blogue Leptitvieux.com

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