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17/09/2018 11:50 EDT | Actualisé 17/09/2018 11:53 EDT

Qu'on fasse des «vieux», un grand projet de société

Une grande corvée nationale, voilà ce qu'il faut. Une société qui prend soin de ses vieux, quelle belle initiative!

Vite! Il faut des idées et surtout une volonté politique pour le soutien aux ainés. Évitons une idée orpheline, mais trouvons des solutions d'envergure et globales et surtout structurantes.
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Vite! Il faut des idées et surtout une volonté politique pour le soutien aux ainés. Évitons une idée orpheline, mais trouvons des solutions d'envergure et globales et surtout structurantes.

Je suis déçu par la campagne électorale. Que des promesses anecdotiques lors du débat à l'exemple de la campagne électorale! Tout parti politique confondu! Quand on promet 200 millions$ pour la santé sans dire exactement pour faire quoi, c'est parce qu'on ne le sait pas. Et ainsi de suite pour les promesses à l'adresse des différentes clientèles de l'électorat.

Depuis le début, j'attends le grand projet de société venant d'un grand chef d'État. Le vide. Un projet qui nous inspirera pour les 10 ou 15 années à venir. Un projet qui nous enthousiasmera et saura nous rendre fiers.

Pourquoi pas le projet des ainés, des vieux? C'est le plus grand défi de l'heure face à l'augmentation de cette tranche de la population.

Par exemple, pourquoi pas le projet des ainés, des vieux? C'est le plus grand défi de l'heure face à l'augmentation de cette tranche de la population. Selon des données fournies par le ministère de la Famille, près de 18,6% de population québécoise est âgée de 65 ans et plus (données de 2017). Dans une douzaine d'années, ce sera autour de 25%. Quant au domaine de la santé de nos vieux, ce sera une catastrophe appréhendée.

Vite! Il faut des idées et surtout une volonté politique pour le soutien aux ainés. Évitons une idée orpheline, mais trouvons des solutions d'envergure et globales et surtout structurantes. Une solution qui englobera toutes les sphères de la société qui devront travailler vers un objectif commun, main dans la main.

Une grande corvée nationale, voilà ce qu'il faut. Une société qui prend soin de ses vieux, quelle belle initiative!

François Legault a proposé une idée orpheline, soit celle de la création de «maisons des aînés», plus humaines, pour remplacer en dix ou vingt ans ces mouroirs décrépis que sont les CHSLD. Une belle idée. Mais c'est une idée esseulée au cœur d'un grand projet à inventer. Une grande corvée nationale, voilà ce qu'il faut. Une société qui prend soin de ses vieux, quelle belle initiative!

C'est un besoin à deux volets qu'il faut distinguer, soit les besoins des ainés autonomes et les personnes âgées malades.

Il faut d'abord un plan. Et après y accorder les millions, sinon les milliards, nécessaires.

Rehausser la qualité de vie des vieux

Il faut d'abord valoriser la gériatrie. Il faut prévoir des formations pointues pour tous les intervenants. Des administrateurs aux préposés, en somme ce sont tous les travailleurs de la santé qui doivent recevoir la formation spéciale que requiert la vieillesse. Les médecins de famille sont au cœur des soins multiples.

Que pensez-vous de tous les aspects auxquels se confrontent les vieux comme le logement, le transport, la pauvreté, la solitude, l'intimidation, la psychologie, etc.?

En somme, l'objectif à atteindre est de rehausser la qualité de vie des vieux et la qualité des soins pour les malades âgés.

Est-ce possible d'attribuer à chaque personne dans les CHSLD un traitement financier égal aux prisonniers, que ce soit pour la nourriture ou autres? Combien coûte un prisonnier et combien coûte une personne âgée non autonome dans une résidence? Comparons.

Une carrière à se dévouer auprès des vieux se doit d'être valorisante. Tant par le salaire que par la formation et la tâche. Il existe un manque de connaissances sur la vieillesse.

Combien d'ainés appréhendent ce moment de se retrouver dans un CHSLD? Ils n'ont pas les moyens de se payer des services dans le privé. Ils sont si nombreux à ne pas profiter de pensions généreuses et à se contenter des maigres allocations gouvernementales.

Encore faut-il penser aux proches aidants qui doivent souvent abandonner un travail pour s'occuper des vieux en pertes d'autonomie.

Et que penser des soins à domicile? Encore faut-il y accorder une formation et une offre de services adéquats. Encore faut-il penser aux proches aidants qui doivent souvent abandonner un travail pour s'occuper des vieux en pertes d'autonomie.

Toute la société devra être mise à profit pour que les vieux soient mieux traités. Car la vieillesse subit une perception plutôt négative dans notre société. Il nous faut tous, sans exception, mettre la main à la roue de la grande corvée.

Le temps presse. Il sera bientôt trop tard. Ils seront nombreux ces vieux, dans peu d'années. On attend souvent avant d'agir. Nous réagissons devant un problème devenu trop grand pour y apporter des solutions valables.

Il nous faut un premier ministre qui soit un chef d'État avec une vision pour entamer une corvée nationale. Avec du charisme pour mobiliser jeunes et vieux.

Au débat des chefs, à une question d'une vieille dame qui exprimait la crainte de ses vieux jours, aucun candidat n'a pu répondre à cette dame autrement que par des chiffres anecdotiques, parce qu'ils n'ont aucune connaissance véritable du problème des ainés.

Ce sont les familles qui sont épuisées. Ce ne sont pas que les ainés.

S'occuper des vieux permettrait de désengorger les lits d'hôpitaux, rendant disponibles ces mêmes lits pour ceux qui attendent de longues heures à l'urgence.

S'occuper des vieux rend service à toute la société sous bien des aspects.

Outre les maltraités et les pauvres, il y a tous ces ainés capables d'apporter leur assistance active à une telle œuvre. Il y a ces vieux, en forme et profitant d'une généreuse pension, qui ne demandent pas mieux que de se retrousser les manches, participer ainsi que de prendre la parole sur toutes les tribunes disponibles.

25% de la population signifie un bassin important d'électeurs à venir, si on veut parler un langage bien compris de nos politiciens. Sans oublier que dans 20 ans, ils feront partie de la cohorte.

C'est un texte tellement d'actualité du président de l'Association des médecins gériatres du Québec, Serge Brazeau, qui m'a inspiré l'écriture de ce blogue.

Pour lire le blogue personnel de l'auteur, consultez ce site leptitvieux.

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