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16/11/2013 09:58 EST | Actualisé 17/01/2014 05:12 EST

La vision tordue de la police communautaire du SPVM

La police de quartier, instaurée par l'ex-directeur Jacques Duchesneau, devait rapprocher le policier du citoyen. L'idée, bonne au départ, fut pervertie par un besoin de renflouer les coffres et l'arrivée d'une génération indifférente à ce qui se passe plus loin que l'appareil texto les reliant à la société.

Je ne vais pas, encore une fois, me faire des amis chez mes anciens collègues de la police, mais j'ai peur qu'une tendance presque irréversible se soit développée. Je parle ici, de la police inutile au citoyen et profitable aux coffres de la ville.

La police de quartier, instaurée par l'ex-directeur Jacques Duchesneau, devait rapprocher le policier du citoyen. L'idée, bonne au départ, fut pervertie par un besoin de renflouer les coffres et l'arrivée d'une génération indifférente à ce qui se passe plus loin que l'appareil texto les reliant à la société.

Les billets

J'ai toujours cru que nos policiers à vélo étaient là pour se rapprocher des gens. Une façon d'établir une relation avec les commerçants du coin, les habitués du secteur, les passants. Non! Selon une source à l'interne, ils sont là pour atteindre une cible, 16 billets par jour et quartier libre pour le reste de la journée. Ces policiers travaillent de jour, de soir pas très tard et peu souvent les fins de semaine.

L'unité des policiers-circulation, formée de jeunes policiers, fut créée par Yvan Delorme et équipée à la fine pointe de la technologie. Cette section rapporte plus de 40 millions de dollars à la Ville de Montréal, en multipliant les trappes et les astuces. Sa vocation est de remplir les coffres, pas de se rapprocher du citoyen.

Cette section travaille de jour et de soir la semaine. Le hic : les statistiques démontrent que les accidents mortels se font surtout du jeudi soir tard au lundi très tôt. Soit durant les congés de cette section. Quelle est donc l'utilité de celle-ci, sauf de récolter des dollars?

Les groupes de soutien: Ces groupes font de temps à autre ce qui est convenu d'appeler des opérations par programme. Billets aux piétons ne traversant pas aux intersections, ceci pendant deux jours. La raison? Sensibiliser les gens aux dangers des intersections. Bravo! Si vous croyez ça, vous êtes naïfs. 200 billets donnés, on se reverra dans un an. Billets donnés aux voitures ne mettant pas les clignotants (vu sur Saint-Hubert et Jarry) alors que de nouvelles flèches vous obligent à tourner. Ils sont inventifs ces policiers.

Aux policiers de quartier: Opérations porte d'autos non verrouillées, voitures stationnées à plus de 10 centimètres du trottoir, roues non tournées vers le trottoir, cyclistes sans casque. Cycliste dans une rue piétonnière déserte à 8h du matin. Je suis persuadé que toutes ces petites attentions rapprochent le policier du citoyen.

L'attitude

Un bref aperçu des réponses données par des policiers, lors de certaines interventions dans lesquelles je fus personnellement impliqué.

Lors d'un affaissement de terrain dangereux, je demande à une policière de communiquer avec les cols bleus.

- « La craque va s'arrêter à la maison. Moé, j'suis pas une ingénieure! »

Son partenaire : « Pourquoi prendre un rapport? »

Réponse donnée par une policière alors que je suis arrêté dans un endroit interdit au stationnement et expliquant que mon fils sort dans la minute.

- « En té cas... C'pas fort! »

Puis elle disparait... J'aurais préféré une décision.

Une voiture de police se stationne en double derrière trois autres voitures, un des policiers fait comme les autres citoyens et va au guichet automatique, pendant que son confrère tapisse les voitures devant lui. Je lui fais remarquer que son partenaire est au guichet.

- «Ce que fait mon partenaire ne me regarde pas».

Les citoyens sont en colère, mais l'homme reste de marbre.

Dans un autre dossier où je devais remettre des douilles de pistolet 9mm trouvées sur les lieux d'un tir.

Au départ, les deux policiers sont occupés avec une dame assise sur un banc et entourée d'une dizaine de bouteilles de bière vides. Ils ne peuvent me répondre immédiatement.

- « Monsieur, on est avec une dame droguée ».

On fait venir l'ambulance, comme ça pas besoin de la transporter à la détention. Puis maintenant chez moi, ils regardent les douilles mises dans un sac plastique.

- « Vous savez, ces douilles peuvent être reliées à une arme à feu. Avez-vous trouvé l'arme? Avez-vous été voir les points d'impact? Bon. On va s'en occuper... »

Autre cause difficile à régler par un coup de téléphone! Une policière devant aviser le propriétaire d'une moto de venir remplir les documents de la S.A.A.Q.

Elle me répond : « Pourquoi c'est moé qui pogne toujours la marde! C'est une cause civile pis j'veux pas perdre ma job ».

Je pourrais ajouter quelques autres mésaventures pour compléter un tableau peu reluisant, mais on aura compris l'idée.

Les doléances s'accumulent et les citoyens se sentent de moins en moins solidaires envers cette police qui ne fonctionne pas. Fatigués de devoir se rendre aux postes de police remplir leurs rapports, fatigués de voir des postes de police fermés la nuit, fatigués de se faire dire qu'on ne peut intervenir parce que c'est civil, fatigués d'avoir à quémander des services, qui sont nécessaires.

Cette formule est à repenser, pour ne pas dire à jeter au panier. Quand les officiers supérieurs iront-ils acheter des couilles et diront ouvertement que cette police de proximité ne fonctionne pas, que la police ne sert pas juste à donner des billets, mater les foules et faussement rassurer les citoyens? Peut être verrons-nous un changement bénéfique. Mais, plus il y a de postes de police, plus il y a d'officiers supérieurs et tout ce petit monde veut se parer de dorures. Être flic, ce n'est plus servir et protéger, c'est devenu : ne fais pas de gaffes, donnes tes billets et tu auras un bel avenir.

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