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23/08/2014 08:57 EDT | Actualisé 23/10/2014 05:12 EDT

Une histoire de famille

Nous sommes sur la rue Somerled, il est tôt le matin. Un bonhomme se cache dans des bosquets tout près d'une pharmacie. Il attend quelques instants et d'un seul coup, il passe à l'attaque. Ramassant une brique, il défonce la porte avant et court vers la caisse.

Nous sommes sur la rue Somerled, il est tôt le matin. Un bonhomme se cache dans des bosquets tout près d'une pharmacie. Il attend quelques instants et d'un seul coup, il passe à l'attaque. Ramassant une brique, il défonce la porte avant, court vers la caisse, ramasse l'argent, les billets de loto, quelques boîtes de médicaments, du shampoing et une arme à feu de calibre .38. Le voleur file rapidement vers sa voiture et disparait avant l'arrivée de la police. Malheureusement pour lui, une dame matinale promenant son chien le regarde partir et note la plaque de la voiture.

Sur les lieux, les policiers prennent le rapport et parlent avec le propriétaire quand la maitresse du chien vient leur donner l'information. Forts de tout ceci, les deux policiers retournent au poste de police de Notre-Dame-de-Grâce et cherchent un enquêteur à qui donner le dossier. Et moi, devant une liasse de rapports, des arrestations qui doivent se traduire en paperasse, je les écoute... On ne se refait pas.

- Claude, on a quelque chose de bon pour toi.

Je lis et prends moins de 10 minutes à convaincre mon lieutenant de relève de me donner les deux policiers impliqués, qui se retrouvent dès lors en civil. Reste à rencontrer un juge pour m'accorder un mandat de perquisition.

En moins d'une heure, tout est fait. Je me retrouve à Pointe-Claire au domicile du suspect devant une superbe jeune femme, l'épouse du voleur. Le temps de lui expliquer, je fouille la maison et trouve un .44 Magnum dans le tiroir d'une table de chevet ainsi qu'une partie du butin.

De retour au poste avec la belle, nous passons une entente et j'obtiens le nom du receleur. Pendant que je bosse à écrire un autre mandat de perquisition pour Laval, je reçois un coup de fil de mon ami Serge, le sergent de filature.

- Hey, mon Claude, tu travailles sur un de nos bandits... Si tu as le mandat, veux-tu de l'aide?

- Bien sûr que je veux de l'aide... Quelle question?

Les gars de la filature se rendent sur les lieux et attendent avec impatience. La maison ne paye pas de mine, mais juste devant trône une énorme Harley-Davidson et bizarrement, la porte est protégée par un système d'alarme. Bref moment de réflexion, puis je fracasse la porte d'un coup de pied. Les policiers de Laval seront avisés...

La perquisition se fait dans l'allégresse, les gars de la filature retrouvent ce qu'ils cherchaient. De mon côté, je descends à la cave et remarque une énorme valise. J'ouvre celle-ci. Elle est remplie à craquer de billets de 100 dollars US contrefaits. Juste à côté, deux énormes tablettes de haschich. La journée s'annonce bonne!

Une photo et je remonte tout ça. En haut, mes gars retracent de la cocaïne, de l'héroïne, des boites de médicaments, des bijoux et un tas de babioles. Mais surtout, un .357 Magnum et un .38, celui de la pharmacie. Oui, le pharmacien avait une arme.

Les policiers de Laval sont à peine arrivés qu'un homme en décapotable se pointe. Il est dans la cinquantaine, bien habillé. Il semble calmement inquiet de ce qui se passe. Je me présente et tout en lui parlant, je tire des billets de sa poche mouchoir : des 100 $ US, les petits frères de ceux de la valise. Il en a encore dans les poches de son pantalon.

Rendu au poste de police de Notre-Dame-de-Grâce, nous avons une discussion et je lui parle du 44. L'autre me demande de voir l'arme. Après quelques minutes, il me regarde et dit : «Cette arme était la mienne, je me suis fait voler des bijoux aussi.»

Le receleur venait de connaitre l'identité de son voleur... Celui-là même qui lui revendait ses prises de la nuit. Il va s'en dire qu'il ne portera pas plainte, c'est une affaire d'honneur entre Italiens.

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