LES BLOGUES
13/01/2018 08:00 EST | Actualisé 13/01/2018 08:00 EST

Un peu de justice que diable

Je ne suis pas un adepte de la punition à tout prix, mais dans certaines conditions, un petit coup de pied dans le derrière ferait réfléchir.

Getty Images

Un article du Journal de Montréal du 10 janvier m'a fait tiquer plus que d'habitude.

Une dame de 89 ans se fait placer de force dans un CHSLD, par deux fraudeurs, Mme Anita Obodzinski et Arthur Trzciakowski, ceci avec l'assistance d'une travailleuse sociale Alicia Kerner et d'un avocat, Charles Gelber. Pourquoi? Pour 500 000 dollars, toute la fortune de cette vieille dame. Les deux «voleurs», il n'y a pas d'autres mots, auraient réussi cette arnaque, si cette dame ne s'était pas évadée du CHSLD pour se rendre à la police.

Cette pauvre victime a dû se battre des mois, à la cour civile pour récupérer ses droits et ce qui restait de son argent. Puis, quelque temps plus tard, épuisée elle s'est éteinte, avant la fin de ce procès infâme.

Les deux criminels ont été trouvés coupables. Bravo... Le juge Pierre Labelle a beau dire: «Je n'ai pas de mots pour exprimer mon dégoût en entendant les faits.» Cette fraudeuse a reçu comme sentence deux ans moins un jour à purger dans la communauté, plus 240 heures de travaux communautaires. Le complice a reçu 170 heures de travaux, la travailleuse sociale, 2000$ aux victimes d'actes criminels et Maitre Gelber devra faire face à ses pairs du barreau. La farce dans tout cela: selon son avocat, Madame Obodzinski est conseillère en immobilier. Je me sens tellement en confiance, je suis persuadé qu'elle prendrait mes intérêts à cœur. Une photo dans le journal montre nos deux génies, le visage bien caché par des foulards et des capuchons.

Je ne veux pas être trouble-fête, mais un ado fait un vol qualifié de 30$ au dépanneur et reçoit une sentence de prison ferme.

Je ne veux pas être trouble-fête, mais un ado fait un vol qualifié de 30$ au dépanneur et reçoit une sentence de prison ferme.

Nos institutions sont là à nous faire de belles annonces sur la protection des ainés. Mais comment croire à cette protection? Si nos tribunaux croient qu'avec des sentences ridicules, les fraudeurs vont tellement avoir peur qu'ils cesseront immédiatement de voler, on n'a pas fini de mal dormir.

Si nos tribunaux croient qu'avec des sentences ridicules, les fraudeurs vont tellement avoir peur qu'ils cesseront immédiatement de voler, on n'a pas fini de mal dormir.

Sauf pour celles qui sont médiatisées, les sentences pour fraudes, sont depuis fort longtemps dans ce système, digne des pires plaisanteries. Et, chez les ainés, c'est pire. Peu de gens les écoutent, peu de gens s'en inquiètent.

Je sais que nous ne pouvons accuser ces criminels de meurtre. Cette dame avait 89 ans. Mais entre vous et moi, avait-elle besoin de cette saga écœurante au crépuscule de sa vie? Une bataille devant les tribunaux, une autre pour reprendre possession de sa vie et de son argent. L'accepterions-nous pour nos proches, je ne le crois pas.

Ceci me rappelle un événement passé. La piste cyclable où trois hommes avaient été battus par des voyous. L'une des victimes ayant passé un mois dans le coma s'était enlevé la vie deux ans plus tard. L'homme avait perdu ses facultés mathématiques nécessaires au travail, donc son travail. J'avais à l'époque, appelé ça un meurtre à retardement.

Je ne suis pas un adepte de la punition à tout prix, mais dans certaines conditions, un petit coup de pied dans le derrière ferait réfléchir.

Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost