LES BLOGUES
03/03/2018 08:00 EST | Actualisé 03/03/2018 08:00 EST

Un gouvernement gelé au pot

Si vous croyez que le crime organisé va cesser la vente illégale de pot, vous êtes naïfs.

Getty Images

Selon le Journal de Montréal, le gouvernement fédéral, prévoit faire 690$M. En cinq ans, avec la vente de la marijuana. Quel pactole pour notre société, un puits d'or vert, un trésor, des électeurs ravis. Nous pourrons regarder l'avenir avec beaucoup d'espoir, ça servira peut-être à éponger le déficit.

Un pot légal, sûr et abordable. Un pot «bio» peu dommageable et responsable, presque miraculeux. Une transition douce, remplie de bonheur et un respect des règles établies par la société.

Bon, assez d'angélisme. Le fédéral décide de plonger, il ne donne pas le choix aux provinces. Celles-ci doivent maintenant composer avec le flou artistique des prochaines années. Comment contrer la vente illégale de marijuana? Comment surveiller la vente aux mineurs? Comment procéder, si le fédéral décide que quatre plants chez soi sont une norme et que les provinces aimeraient mieux une SAQ du pot? Qui devra faire cette surveillance? L'âge légal? 18 ou 21 ans? Les sentences pour les contrevenants et les revendeurs.

Si vous croyez que le crime organisé va cesser la vente illégale de pot, vous êtes naïfs. Nous parlons de millions de dollars, du pot au THC plus élevé et moins cher que celui légalisé. Des revendeurs qui ne vont pas te demander de cartes, qui vont continuer à livrer à domicile et rester ouverts 24 heures, des gens aux produits connexes plus costauds. Qui peut battre ça? Les Asiatiques du Canada contrôlent 80% du pot, des millions et des millions de dollars. Des organisations mieux structurées que plusieurs corps policiers. Les policiers, dépassés par les événements, hésiteront à s'attaquer à un problème qui n'en est officiellement plus un. En fait, ils sont déjà débordés par toutes les autres drogues illégales, en vente d'un océan à l'autre.

Les policiers, dépassés par les événements, hésiteront à s'attaquer à un problème qui n'en est officiellement plus un.

Ici, je ne parlerai pas des causes civiles à la tonne. Propriétaires et locataires. Interdictions de fumer autour des bâtisses, etc. Mais oui, c'est aussi ce qui va arriver.

Quand le gouvernement nous dit qu'il n'y aura pas plus de vente ou de fumeurs de marijuana que maintenant, c'est du délire. Ces élus planent déjà dans des volutes de fumée odorante.

Il me semble que des problèmes plus urgents auraient mérité d'être mis de l'avant. Justin, le grand ado aux autoportraits, se croit «in» avec ce projet de loi. Il faut dire que déjà les amis des amis, ont les mains dans la marmite. On ne pourra pas dire que l'affaire ne va pas rapporter.

Au diable, les problèmes sociaux. Les provinces sont là pour nettoyer les dégâts. Justin va continuer à promener son sourire niais dans des bains de foule, où faire la moue quand des questions heurtent son petit cœur. En attendant, ce sont les exécutants qui seront pris avec les problèmes.

«Ne fumez plus la cigarette, c'est cancérigène. Fumez du pot, c'est un produit naturel.»

Imaginez, l'argent servira à soigner les toxicomanes et les problèmes reliés à la consommation. Mangez du gâteau, rendez-vous malade et nous vous soignerons avec les profits des ventes. Dix provinces se posent les mêmes questions: comment allons gérer tout ça? La réponse, on ne le sait pas. Alors, bonne chance dans la vie.

Voir aussi: