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01/02/2014 08:54 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

Rien ne va plus à la SQ et au SPVM!

Nous avons appris cette semaine deux mauvaises nouvelles. Des accusations portées contre quatre ex haut-officiers de la SQ. pour détournement de fonds de la police et un autre policier vedette du SPVM se fait ramasser.

À la Sûreté du Québec

Comment expliquer cette dérive? Des fonds disponibles, des moyens de les atteindre, des gens pour en profiter... Il y a des personnes assez conciliantes pour fermer les yeux et d'autres obsédés par l'image qu'il faut sauvegarder.

La méthode n'est pas nouvelle. Dans les années 90, alors que je présentais un compte de dépense pour mon cellulaire, un officier supérieur ne voulant pas toucher à son budget me conseilla de faire un faux rapport de source et d'y ajouter un montant pour une rencontre au restaurant. Je lui avais demandé s'il allait prendre le blâme devant la discipline si jamais la chose tournait au vinaigre. Nul besoin de donner la réponse.

Par contre, lors de certaines enquêtes, des officiers supérieurs profitaient de la petite caisse pour payer certaines gratifications à quelques privilégiés. Comme le disait si bien un de ces officiers: «Égalité pour tout le monde, favoritisme pour les amis.»

Il n'y aura jamais de système parfait. Les contrôles sont faits pour être déjoués. Il faut comprendre que tant qu'il est en place, un cadre supérieur a des pouvoirs presque illimités. À son départ, c'est au suivant de gérer le scandale, et ce de plusieurs façons. Ne pas parler, ne rien voir. Pousser les fautifs vers la retraite pour s'abstenir de déclencher une super enquête pouvant miner le moral des troupes et briser le mince lien de confiance avec les citoyens? Ou, frapper même si la boue éclabousse plusieurs confrères au passage?

Au SPVM

À Montréal, j'ai ces temps-ci l'impression que les scorpions se frappent mutuellement. Des gens de la même boîte, à étique variable, arrivent à un haut degré de duplicité. Quand des personnes ayant elles-mêmes été suspendues pour des amitiés particulières dénoncent d'autres enquêteurs aux amitiés tout aussi particulières. Quand un enquêteur vedette déclare au fond de sa cellule: «Si je tombe je ne serai pas le seul!» Quand une autre vedette se fait enquêter et suspendre. Ne me dites pas que tout va bien madame la marquise.

Je ne me souviens pas d'avoir connu une telle déchéance dans toute l'histoire de la police. Je ne dis pas qu'il n'y a jamais eu de scandales, mais à cette échelle, c'est apeurant. Le crime organisé n'a rien à faire, les enquêteurs se désorganisent eux-mêmes. Maintenant, la suspicion, le secret, la méfiance, le silence deviennent de rigueur. La confiance entre partenaires ou différents corps policiers est mise à rude épreuve.

J'ai toujours prétendu que moins de 5% des policiers pouvaient être malhonnêtes, je le crois encore. Mais cette malhonnêteté démolie l'aura des 95% qui travaillent avec probité et sincérité.

Je ne sais pas comment Marc Parent va faire pour démêler tout ça, mais il y a urgence. Une ou deux autres histoires comme celle-là et un ministre pourrait réfléchir à une tutelle. Les prochains mois s'avèrent difficiles pour ce directeur dont l'intégrité n'est pas mise en doute. Mais celle de son département est mise à mal.

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