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28/02/2015 08:32 EST | Actualisé 30/04/2015 05:12 EDT

Servir et protéger...

La police est là pour servir et protéger. Elle n'a pas à devenir la vache à lait de la Ville. En devenant des percepteurs de taxes sans discernement, les policiers ne font que creuser l'écart qui les sépare des citoyens.

Depuis quelques mois, nous lisons de plus en plus d'articles démontrant des aberrations dans les nouvelles pratiques policières du SPVM au quotidien.

Donner des billets à des voitures n'ayant pas les roues dans l'angle du trottoir. D'autres pour des portes déverrouillées. Lors de tempêtes, des billets pour stationnement un peu trop loin, ou un peu en angle. Des billets pour les fameuses lignes jaunes ensevelies sous les bancs de neige. Ou encore ces fameux traits jaunes que l'on ne voit plus, maintenant, pour lesquels un citoyen reçoit une contravention après avoir laissé son char plus de 24 heures en face de chez-lui.

J'ai été témoin d'un autre cas de stupidité. Un vendredi soir, alors qu'il tempête, que des bancs de neige recouvrent les rues, une voiture se stationne près du coin, l'homme entre au dépanneur. Voiture de police et vlan! Billet. Pourtant, ils le savent, mais le règlement est le règlement.

Je ne sais pas ce qui est le pire. Le crétin qui donne le billet, ou son supérieur répondant au public que c'est tout à fait normal?

Je défends régulièrement mes anciens confrères quand la foule dérape quelquefois en montant en épingle certains incidents. Mais la police de quartier, ce n'est pas engranger des dollars pour la ville. Il y a déjà les hideux petits bonshommes en noir pour faire ce sale boulot.

Pour renflouer ses coffres, le maire et son directeur de police croient qu'ils ont trouvé une merveilleuse façon de plumer et d'écœurer le citoyen. Ils n'ont pas à embaucher des policiers pour ça, des contractuels payés moins cher feront l'affaire.

Cette politique des tickets est venue avec la nouvelle génération d'officiers supérieurs, et ce dès les années 80. Nous, les officiers de premier niveau, nous ragions de voir nos patrons demander d'augmenter l'efficacité par les contraventions. Notre génération croyait dans la protection des gens pour les préserver des voleurs, violeurs, fraudeurs et bandits de tous acabits.

L'idiot de village qui arrivait avec des billets aussi inutiles passait dans mon bureau pour tout un savon. Je lui faisais comprendre qu'il ferait mieux de connaitre les criminels de son secteur.

Malheureusement, cette vision fut lentement mais surement remplacée par les cibles faciles. Billets de stationnement, contraventions pour vitesse à 10km/h au-dessus de la vitesse permise, ou par ces opérations ponctuelles et inutiles comme le « dimanche matin au coin Peel et Ste-Catherine pour donner des billets aux touristes traversant la rue sur le feu rouge ou négligeant de se rendre au coin de la rue pour traverser». Ceci juste pour démontrer l'efficacité du service de police. Prendre des voleurs coûte cher, donner des billets rapporte.

Quand un commandant prétend faire de la prévention parce qu'il a récolté 250 billets en une semaine, et que les 51 suivantes tout revient à la normale, comment défendre l'indéfendable?

La police est là pour servir et protéger. Elle n'a pas à devenir la vache à lait d'une ville en banqueroute. En devenant des percepteurs de taxes sans discernement, les policiers ne font que creuser l'écart qui les sépare des citoyens.

« Quand nous allons marcher dans les rues pour notre fonds de retraite, pensez les gars que des citoyens nous regardent. Ces mêmes citoyens qui ont l'impression de se faire traiter comme des merdes par de petits pré-universitaires un peu gâtés, laissant régulièrement leur cerveau à la maison. » Vous avez non seulement le droit, mais le devoir de refuser l'imbécilité, l'injustice, l'arbitraire. J'ai déjà répondu à un de mes officiers supérieurs : « Seul un imbécile obéit à un ordre imbécile. »