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10/11/2018 06:00 EST | Actualisé 10/11/2018 06:00 EST

SPVM, une saga interminable

Je souhaite donc bonne chance au nouveau directeur en lui recommandant de surveiller ses arrières. Assis sur cette chaise, on connait ses ennemis, reste à se méfier des amis..

Je veux bien donner une chance au coureur, mais j'aurais aimé que le directeur partant ne se mêle pas de l'embauche de son successeur.
Graham Hughes / Canadian Press
Je veux bien donner une chance au coureur, mais j'aurais aimé que le directeur partant ne se mêle pas de l'embauche de son successeur.

Nous apprenons cette semaine que M. Martin Prud'homme, directeur intérimaire du SPVM quitte ses fonctions en décembre, pour retourner à la SQ. Selon ses dires, sa mission est terminée. L'homme aurait assaini le climat en faisant un ménage au sein de l'organisation de la police municipale de Montréal.

Dans un même souffle, celui-ci annonce que le département est encore trop fragile pour trouver un chef parmi les troupes disponibles. Il recommande donc deux personnes externes au département, capables de prendre les rênes d'un service des plus complexes.

Je veux bien donner une chance au coureur, mais j'aurais aimé que le directeur partant ne se mêle pas de l'embauche de son successeur.

Le hic, les deux ont des CV de 20 ans de gestionnaire, le premier à la GRC et aux normes professionnelles et le deuxième, 36 ans de police dont 20 comme gestionnaire et 21 comme policier à Sorel-Tracy. Le côté positif dans son cas: il fut directeur adjoint aux enquêtes criminelles et directeur général adjoint à la SQ. Finalement, ce sera le flic de Sorel, adjoint au directeur, qui remportera la palme.

Je veux bien donner une chance au coureur, mais j'aurais aimé que le directeur partant ne se mêle pas de l'embauche de son successeur. J'aurais préféré que M. Prud'homme fasse preuve de retenue dans ce dossier, car il y aura apparence de favoritisme. La suggestion ne lie pas la Ville de Montréal, mais elle vient de celui en qui les édiles municipaux ont totalement confiance.

Si le travail du directeur Prud'homme semble terminé, les manœuvres plus ou moins indélicates de certains enquêteurs et policiers du SPVM, me font croire que le prochain aura du pain sur la planche. Le fait est que MeMadeleine Giauque, directrice du BIE, anciennement du DPCP, se plaint particulièrement du SPVM, du comportement de policiers lors de certains événements comme la mort de Nicholas Gibbs ou en d'autres occasions où le département de police a tardé à faire appel au BEI.

Le Journal de Montréal mentionnait ce matin que 35% des enquêteurs exercent sans diplôme. Rassurez-vous, cette formation dure une semaine et j'avouerai que la mienne, je l'ai reçue plus de deux ans après ma nomination. Ce cours était utile à ceux qui n'avaient pas fait beaucoup d'arrestations en tant que policiers d'autoradios. Pour ceux du centre-ville, il avait une utilité plus que relative. Mais disons qu'à la façon dont les enquêtes traînent en longueur et se terminent, il serait bon que plusieurs enquêteurs retournent sur les bancs d'école.

Un changement de chef ne va pas résoudre tous les problèmes au SPVM. Un changement de comportement, peut-être.

Pour les promotions, c'est et ça restera pour encore un bon moment un profilage d'obéissance aveugle et vision directoriale. Ici, les gens de caractère, ceux pouvant argumenter ou même refuser une décision pour ne pas dire un ordre, ne seront pas sélectionnés. C'est la démonstration fidèle d'une des lois de Parkinson. Auparavant, les policiers passaient un examen écrit sur leurs connaissances policières, sur les lois et règlements. Une fois l'examen réussi, vous étiez sur une liste d'attente, et même si vous n'étiez pas en accord avec votre département, votre nomination devenait effective. Nous avions des officiers de terrain, décisionnels à hauteur de plus de 80%. Des hommes n'ayant pas de dettes envers un groupe d'officiers supérieurs et qui n'avaient pas à leur plaire.

Un changement de chef ne va pas résoudre tous les problèmes au SPVM. Un changement de comportement, peut-être. Mais en ces temps de: je, me, moi, j'ai bien peur que les cliques ne fassent qu'attendre le bon moment pour reprendre les bonnes vieilles habitudes. Celles que nos arrivistes connaissent si bien. Je souhaite donc bonne chance au nouveau directeur en lui recommandant fortement de surveiller ses arrières. Quand on est assis sur cette chaise, on connait ses ennemis, il nous reste à nous méfier des amis.

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