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04/07/2015 08:42 EDT | Actualisé 04/07/2016 05:12 EDT

Une décision qui coûte cher

Je ne vais pas me faire beaucoup d'amis, mais je vais quand même livrer le fond de ma pensée au sujet de ces deux agents du SPVM qui ont arrêté un homme intoxiqué manu militari avant de l'emmener hors de Montréal.

Je ne vais pas me faire beaucoup d'amis avec ce billet, mais je vais quand même livrer le fond de ma pensée.

En 2012, un citoyen passablement en boisson nargue deux policiers au point, selon ses dires, qu'il leur crache dessus. Il se fait embarquer manu militari, mais au lieu de l'arrêter, les policiers décident de lui faire traverser le pont Jacques-Cartier et de le laisser sur une île déserte, l'île Ste-Hélène. Bon, ils ont probablement manqué de jugement. Si l'homme était trop ivre et qu'au retour il déambulait au beau milieu de la circulation, il est évident qu'ils auraient dû mieux évaluer la situation.

Les deux méchants hommes devraient en être quittes pour deux semaines de suspension, soit l'équivalent d'une amende d'environ 2 800 $.

S'ils avaient suivi les procédures : ils auraient détenu l'homme; l'auraient transporté du coin St-Laurent-Ste-Catherine à celui de Guy et René Levesque, au centre de détention; l'auraient accusé avant de le mettre dans une cellule nauséabonde puis de le remettre en liberté trois heures plus tard, moyennant une promesse de comparaitre. Donc un minimum d'une heure trente de paperasse, sans compter le trajet, alors qu'il manque d'effectifs. L'homme serait retourné chez lui par ses propres moyens, puis serait passé une ou deux fois en cour pour recevoir une amende d'environ 150 $.

C'est ce qu'auraient dû faire les deux policiers, judiciariser le contrevenant pour leur bien et protéger leurs fesses. Ils auraient aussi pu appeler une ambulance et le déclarer intoxiqué par une drogue quelconque - ne riez pas, je l'ai déjà vu - ou laisser le bonhomme crier lors de leur rencontre et repartir tout simplement, ça aussi je l'ai vu.

Si je l'ai fait lorsque j'étais policier? Je vous répondrais oui, sans souci. Les policiers de ma génération ont probablement tous agi ainsi. Nous laissions des gars agressifs 10 ou 15 rues plus loin et la marche les dégrisait. On avait des trucs plus dangereux à faire. Par contre, il y avait le petit côté jugement. Si le bonhomme était tellement ivre qu'il devenait dangereux pour lui-même, il se retrouvait à dormir dans un poste de police, en compagnie de quelques autres poivrots.

En général dans le centre-ville, un policier se fait cracher dessus plus de deux fois par semaine, et il se fait baver encore plus souvent. Les bagarres sont monnaie courante et les armes tout autant. Prendre la décision de faire marcher un petit baveux au lieu de l'incarcérer n'est peut-être pas gentil, mais on vient de couper les frais de cour de 100%. Malheureusement, nous sommes à un moment de notre société où même si tu es dans ton tort, c'est la faute de tous les autres, sauf la tienne.

Alors, la prochaine fois qu'un gars bavera tout le monde, que vous le sentirez agressif et que deux policiers s'en iront au loin, vous comprendrez qu'ils ne veulent pas s'embarquer dans un bourbier de deux heures de paperasse pour regarder partir le gars presque en même temps qu'eux.

Dans un autre ordre d'idée, j'ai vu comme plusieurs personnes cette policière donner un billet à un automobiliste qui, bien que stationné légalement, aurait entrouvert sa porte et l'aurait accrochée. Légal... Oui! Intelligent? Pas tellement. Je ne sais pas pourquoi, nos universitaires armés deviennent de plus en plus des « sans-génie ». Protéger ses fesses? Probablement. Comme ça, le citoyen lui, il est bien en faute. Pourtant, devant le palais de justice, une jeune policière dans sa voiture de service dépasse à toute allure une automobiliste par la droite, frôlant une des voitures stationnées, puis s'arrête au feu rouge suivant pour regarder ses textos. Tout ça devant l'automobiliste encore sous le choc. Jugement 101 au cégep... Il fallait suivre le cours qui n'était pas obligatoire.

« Servir et protéger »

Une dernière chose. Il semble que Marc Parent ne terminera pas son mandat. Il venait de faire quelques nominations aux postes de direction, et tout a été bloqué. Belle façon de dire : « Tu pars quand? » Pauvre Monsieur Parent, on ne vous aura rien épargné.

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