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15/10/2016 12:08 EDT | Actualisé 15/10/2016 12:08 EDT

Avec Lisée ou un autre, baisser les bras n'est pas une option

Bien non, Jean François Lisée n'est pas mon candidat, mais dois-je partir vers Québec solidaire et attendre qu'un jour peut être, ils prennent le pouvoir, ou Option nationale qui nous y mènera encore moins rapidement. Les hommes passent, la cause reste.

Le Parti québécois a choisi son chef, ce n'était pas mon premier choix, mais la démocratie, c'est aussi ça. J'ai parcouru des dizaines de colonnes de réactions chez les membres et non membres du PQ et je reste étonné par certaines d'entre elles. Comment peut-on déchirer sa carte parce que celui ou celle que nous avions soutenu n'est pas arrivé le premier. J'ai toujours cru que la cause passait avant l'individu. Je n'ai pas toujours été en accord avec ceux qui ont été choisis et s'il fallait que je claque la porte toutes les fois, j'installerais une porte tournante.

Bien non, Jean François Lisée n'est pas mon candidat, mais dois-je partir vers Québec solidaire et attendre qu'un jour peut-être, ils prennent le pouvoir, ou Option nationale qui nous y mènera encore moins rapidement. Les hommes passent, la cause reste. Il y en aura eu des chefs depuis René Levesque, il y en aura d'autres. L'important n'est-il pas la bataille qui nous unit?

Que ce soit avec Lisée ou un autre, baisser les bras n'est pas une option.

Pour vous les jeunes, qui n'avez pas eu à vous confronter aux « Speak white », « French pea soup », aux unilingues anglos nous traitant de haut à partir de la rue Bleury, vous avez cette mondialisation formidable s'ouvrant à vous et cette anglicisation toute normale qui l'accompagne. Mais avec cette mondialisation vient le deuil de sa langue, la perte de son histoire et de son identité. Combien d'entre nous sont capables de raconter notre histoire à des immigrants, ce pour quoi nous voulons nous battre et partager une langue qui nous est propre.

En 1995, j'échangeais avec des amis péruviens, qui allaient voter NON au référendum. Ils croyaient, et pour eux avec raison, que ce pays devait rester uni. Ils étaient ici depuis six ans, parlaient les deux langues officielles (en fait plus anglais que français). J'avais demandé bêtement quelle était leur compréhension de l'histoire du Québec. Puis, je leur avais fait la remarque que si au Pérou, après six ans de résidence, j'avais voté pour que le président Fujimori demeure au pouvoir, vous m'auriez regardé en disant « Mais tu ne connais rien de ce pays. » Voilà!

Le pauvre enseignement de notre histoire et le manque d'action en faveur de la francisation - de la part des gouvernements même péquistes - font que l'immigrant n'a pas d'intérêt à s'intégrer à la « minorité» canadienne.

Je ne sais pas si nous aurons l'indépendance un jour, mais je ne vais pas m'arrêter de combattre. Que ce soit avec Lisée ou un autre, baisser les bras n'est pas une option.

« Un homme partait tous les jours avec une pelle et enlevait un morceau de montagne devant sa maison. Quand on lui fit remarquer qu'il ne pourrait réussir dans cette vie, il répliqua... J'ai des enfants et ils continueront. » (Vieil adage chinois)

Oui, je suis un vieux Tchétchène qui baragouine quelques langues et échange dans la joie et le respect avec celui qui, par choix, conviction ou manque d'information, n'est pas de mon avis. Même dans un « Québec libre », nous aurons des divergences d'idées et de valeurs. Il devra y avoir une place pour nos pères indiens, car nombre d'entre nous avons aussi ce sang. Ils doivent impérativement faire partie intégrante de ce pays, il n'aurait et ne sera jamais bâti sans eux.

Dans une vraie confédération, nous serions libres de parler notre langue et de choisir nos lois.

Il y aura toujours des arrivants et des « de souche » de toutes les langues. Les Italiens, les Grecs, les Portugais, les Allemands, les Français, les Russes, les Haïtiens, les Marocains et j'en passe, arrivés ici il y a deux ou trois générations, sont pour moi des « de souche ». Ceux qui arrivent le seront aussi un jour.

Nous ne pouvons pas garder un Canada uni, en forçant neuf provinces à parler le français. On a essayé ça depuis 1965 et demandez-moi si ça fonctionne. Ce grand pays a par deux fois manqué une belle occasion de faire un geste. Par deux fois, Trudeau et Chrétien, dirigeants du Canada, nous ont menti.

Dans une vraie confédération, nous serions libres de parler notre langue et de choisir nos lois. Peut-être que juste avec ça, le désir d'indépendance serait rassasié. Comme ça n'arrivera pas, bâtissons donc un pays.

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