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17/02/2018 08:00 EST | Actualisé 17/02/2018 08:00 EST

Pour en finir avec la fresque Villanueva

Une fresque ou un monument: pourquoi? Souligner le racisme systémique de la communauté blanche?

Radio-Canada/Simon-Marc Charron

Cette semaine, j'étais invité à un poste de télé communautaire anglophone. Nous étions trois personnes a discuter de la fresque ou d'un monument à l'effigie de Fredy Villanueva. Sur le panel, pas un seul représentant latino. Nous avions une jeune journaliste et un jeune homme bien vêtu et structuré, qui ne laissait pas beaucoup de temps de réponse. Ce verbomoteur a bien tenté de monopoliser la scène. Mais, j'ai quand même donné mon idée sur la fresque: vous la faites, tout en marquant au-dessus et en gros « On se fout des règles, mais on veut du respect».

J'ai eu droit a une diatribe, sur le racisme des policiers blancs. Le jeune homme a même eu l'audace de douter du fait, que des noirs pouvaient être de mes amis.

Selon lui, le coroner, par peur du politique, n'a pas voulu blâmer les policiers alors, il aurait blâmé tout le monde. La police a caché des faits, les employés des édifices publics ont mal positionné les caméras, le système s'est acharné contre les Villanueva.

Dans le peu de questions que j'ai réussi à poser, j'ai glissé: et si Dany Villanueva avait tout simplement obtempéré à la demande du policier? Après tout, il était en non-respect de condition. Cette remarque n'a pas fait plaisir aux invités, comme si obéir a un policier, était devenue un acte contre nature. «Je ne me sauvais pas, je m'éloignais»*. Comme si s'éloigner du policier n'était pas un acte de désobéissance. Comme si se battre et frapper à coups de pied un policier était un acte correct. «Je ne me battais pas, je me défendais»*. Un témoin appelé D. dit avoir entendu déjà que le policier aurait déjà été arrogant*.

Oui, finalement, le coroner blâme tout le monde. Peut-être que tout le monde est à blâmer. Vous savez, si... et si...

Une fresque ou un monument: pourquoi? Souligner le racisme systémique de la communauté blanche? Alors j'invite les Chinois à souligner le mois des Asiatiques opprimés travaillants pour le chemin de fer, celui des Premières nations à en faire tout autant, avec tout ce que nous avons entendu. Des gauchers dans les années 60. Une fresque pour les porteurs d'eau qui fut un temps le lot des Québécois.

Désolé, quand tu te fais dire «C'est de votre faute si les noirs sont révoltés, ils étaient vos esclaves». Ni mes grands-pères, ni mon père n'ont eu d'esclaves, ils étaient trop occupés à survivre, à 70 heures semaine.

Une fresque pour tous les opprimés du monde, oui bien sûr. Mais pas pour un incident totalement évitable, où la désobéissance et le défi en sont les moteurs.

Une fresque pour tous les opprimés du monde, oui bien sûr. Mais pas pour un incident totalement évitable, où la désobéissance et le défi en sont les moteurs. Je pose encore la question: si Dany Villanueva décide de prendre une tout autre attitude, aurions-nous une affaire Villanueva? Nous pouvons toujours blâmer le policier, les confrères, les avocats, etc. Mais au départ, il reste qu'une très mauvaise décision fut prise par un seul homme et je l'imagine aujourd'hui, se posant les mêmes questions que les miennes.

Une fresque «On se fout des règles, mais on veut du respect».

* Tiré du rapport du coroner.

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