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05/05/2018 08:00 EDT | Actualisé 05/05/2018 08:00 EDT

Plus ça change...

Ils appellent ça la brutalité policière, c'est de bon ton.

Marc Bruxelle via Getty Images

Je n'ai pas été très surpris de lire dans le Journal de Montréal du mercredi 2 mai, que des manifestations anticapitalistes se tenaient la veille à Montréal.

Ce qui m'a surpris par contre est que les grandes centrales syndicales CSN à l'avant-plan ne marchent pas au son du tambour, des banderoles et photos de Lénine, Marx et Staline. À l'époque, c'était pourtant ça l'idée des marches, celles du peuple, celles des travailleurs prolétaires. Ces mêmes marches se terminaient quelques fois par une certaine confrontation avec les policiers antiémeute. Il y avait aussi les marches maoïstes, qui à 100% tournaient à l'affrontement armé. Ces jeunes comme ceux du Black Block attendaient avec impatience l'occasion d'en découdre avec la police. La seule différence était qu'à l'époque, la police n'attendait pas trop longtemps avant d'agir.

Depuis quelques années, les 1er mai, on n'y voit plus de travailleurs. Quelques banderoles rouges avec faucille et marteau et surtout des drapeaux noirs des anarchistes. Et comme toujours, des jeunes masqués, casqués, armés de pierres, de briques, de frondes et de bâtons. Des petits morveux et insolents qui des travailleurs n'ont rien à foutre. Ils viennent lancer des pierres aux flics, casser des pare-brise, faire du dommage un peu partout. Protester? Bien sûr, mais comme ils n'ont aucune connaissance de l'histoire même récente, ils contestent tout et surtout le fait qu'on ne les laisse pas faire. Ils appellent ça la brutalité policière, c'est de bon ton.

Ces groupes s'accrochent depuis plus de trente ans à des fantômes de pseudo bavures policières.

Les brutaux policiers qui reçoivent, roches, briques, bouteilles, bâtons et qui finissent par faire une dizaine d'arrestations. Il faut bien les dénoncer. Ces groupes s'accrochent depuis plus de trente ans à des fantômes de pseudo bavures policières. Et s'ils le faisaient de façon pacifique?

En regardant bien une des photos du journal, nous devinons bien une jeune femme lancer une brique en direction des policiers. J'imagine qu'elle est une travailleuse à la sueur de son front. La seule chose qui me console est qu'elle vieillira et que son mai 2018 lui passera. Ce sont ceux de la génération suivante qui changeront le monde en mai. Cette génération comme la nôtre comprendra que tout change, et ce, malgré nous.

Dans un autre ordre d'idée. Nous avons tous vu sur le Net, le vidéo de la jeune femme dans le métro de New York, ne voulant pas enlever ses pieds du banc et la crise qui s'en suit.

Bien, toujours dans le Journal de Montréal, une jeune fille de 15 ans fut attaquée par trois policiers du SPVM au métro McGill. Selon ses dires : la jeune femme serait passée par hasard près d'un attroupement de jeunes que la police dispersait. Une fois avisée par un policier, elle serait retournée vers le groupe pour chercher une amie. Dès lors, des policiers l'auraient intercepté et elle aurait refusé de s'identifier «On ne me disait pas pourquoi on m'arrêtait». Le ton a monté, mais elle n'était pas agressive. «Je me suis débattue, mais je n'étais pas agressive». C'est drôle, on croirait relire les propos de Dany Villanueva consignés dans le rapport du coroner.

La petite qui aurait juste pu se tenir loin de l'opération policière en a décidé autrement. Elle aurait pu donner son nom, elle en a décidé autrement. Elle aurait pu la jouer cool, mais elle en a décidé autrement. Là, elle a des rougeurs au cou et des bleus aux poignets et surtout une amende de 120$.

Finalement, maman ira en déontologie, car les policiers auraient dû comprendre qu'à quinze ans, on a tous les droits et surtout celui d'être chiants. Les Anglos disent: A woman with attitude. Nous comprenons «arrogance» et l'arrogance ne paie jamais longtemps.