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01/04/2017 08:29 EDT | Actualisé 01/04/2017 08:29 EDT

Je crois rêver

Je suis las, très las de me sentir dans l'obligation de crier «NON, JE NE SUIS PAS RACISTE».

Je suis tombé sur la chronique de Martineau de mercredi 29 mars, Le paradis des racistes qui parle du gouvernement Couillard qui va mettre en place une consultation publique sur «le racisme systémique».

Ça y est. Nous, en tant que collectivité, je parle ici des Québécois dits de souche, formons une communauté raciste et, de façon «systémique», donc érigée en système. Wow. L'autoflagellation à son plus haut niveau. Il est vrai que nous encourageons le racisme. La preuve: cette vilaine caricature du premier ministre en Djellaba lapidant une méchante opposante à ses idées ou la petite manif contre la loi 29 et l'autre contre la motion m-103, où, les antiracistes menés par Jacky Sigh ont attaqués par deux fois, violemment les méchants racistes tentant de marcher paisiblement.

Ceci m'amène à vous raconter quelques petites histoires mettant en perspective cette vision du racisme.

Octobre 1987, le policier Allan Gosset tue un jeune noir dans la cour du poste de police numéro 15. Accident bête, qui met fin à la vie d'un jeune homme qui volait des cartons de cigarettes en fracassant les vitres de dépanneurs. Ça ne vaut certes pas la mort bien sûr. Mais là, le racisme en sera la cause selon les groupes de pression de la communauté noire anglophone. Ce policier blanc raciste venait, rien de moins, que d'assassiner froidement un futur pilier de la communauté. Le gouvernement libéral de l'époque avait ouvert les coffres de subventions aux organismes communautaires des «minorités visibles», termes de l'époque.

À partir de ce moment, les dirigeants de la police de l'époque engageront la première policière noire qui s'empressera de dénigrer ses futurs patrons lors d'une entrevue télévisée. Cette même policière sera remerciée après cinq ans de services, pour des raisons qui ne peuvent être dévoilées. Autres mesures, grâce à notre département, nous aurons droit à des visites dominicales de groupes communautaires, venant nous dire combien nous étions racistes. Pourtant, quelques semaines avant le drame, Allan était venu m'aider à transporter des meubles usagés pour une famille jamaïcaine, une famille que le Black Community Center n'avait pas le temps de s'occuper. Ces mêmes groupes communautaires niaient le fait que nous étions nous mêmes victimes de racisme inversé lors de nos interventions. «Fuck... Pigs, white ass. Racist, black killers». Nous nous faisions bousculer et repousser lors de ses interventions. Les réponses étaient invariables: «Ils sont en réaction des actes passés de votre police raciste.»

Un intervenant aborda donc de profilage racial et du fait que beaucoup de noirs étaient arrêtés dans ce secteur par le département. Ça tombait bien, j'étais en fait officieusement le spécialiste de la communauté noire du secteur.

«Dans les crimes noirs, il y a souvent des victimes noires et si les suspects sont noirs, dois-je les laisser partir sans intervenir?» Après mon exposé oral, appuyé par des piles de rapports et photos, il y eut un petit silence gêné.

Plus tard, à l'université du Québec dans un certificat interethnique et immigration. Quarante étudiants par classe. Ouf. Des Algériens criants nous allons pourrir le monde et y mettre la merde. Un cours où il était interdit de dire les mots races, couleur, noirs, «blanc étant accepté» et où une Sud-Américaine m'apostrophait, car j'avais une arme et un cours où dans une vidéo on voit un bonhomme de 70 ans avec une pancarte Ligue de défense des hommes blancs et se disant président du groupe. Tollé dans la salle, la preuve du raciste québécois... Jusqu'au moment où je pose la question: «Quelqu'un connait-il le président de cette ligue ou même cette ligue?» Long silence...

Puis, les policiers recevront les mêmes propos lors de la mort de Marcellus François, petit revendeur de crack, tué lors d'une arrestation. «Tué parce qu'il est noir!» Parce qu'il est noir, ou revendeur de crack s'étant malheureusement penché dans la voiture pour cacher son stock... Geste malheureux s'il en est un.

Dans ma carrière de flic, j'ai fait l'arrestation de plus de 500 membres de gangs de toutes sortes. Jamaïcains, Haïtiens, Iraniens, Roumains, Russes: croyez-moi neuf fois sur dix, les premiers mots étaient: «C'est parce que je suis noir», «c'est du racisme», «Tu n'aimes pas les Juifs russes», «Tu me détestes parce que je suis Marocain». Bien oui... je suis sûrement raciste, sinon je vous laisserais voler. Une mère jamaïcaine était dans mon bureau pour me semoncer, elle hurlait au racisme, sa fille était victime de mon racisme. Quand je lui ai montré le revolver que sa petite cachait entre ses jambes, elle se tut bêtement. Bien oui, dès le départ, le policier blanc ne pouvait qu'être raciste.

Lors d'une enquête où trois voyous avaient volé un sac à main et envoyé une dame de soixante-cinq ans à l'hôpital, j'ai eu à rencontrer une travailleuse communautaire cubaine pour tenter de retrouver les malfrats. «S'ils ont fait ça, c'est de votre faute les blancs, c'est vous qui les avez amenés en esclavage ici, maintenant payez pour». Muet quelques instants, je répondis que je n'avais pas souvenir que mes parents, grands-parents et aïeuls aient eu des esclaves.

Je finirai avec l'affaire Villanueva, où invité lors d'une table de concertation, les non racistes autour de moi ont tout simplement dit: «On ne va pas prendre des conseils de blancs comme toi.» Et quand je donnerai de petites conférences à quelques étudiants, j'aurai la surprise d'apprendre que la police de Montréal avait tué une dizaine de noirs dans les dernières années. J'avais dû dormir pendant tout ce temps. Quand j'ai posé la question à ces mêmes jeunes: pourquoi ne manifestaient-ils pas contre les meurtres commis par les gangs de rue? Mes conférences prirent une fin abrupte.

Oui, il y a du racisme au Québec, mais il n'est pas à sens unique.

Oui, il y a du racisme au Québec, mais il n'est pas à sens unique. Il arrive fréquemment que les arrivants se ghettoïsent, c'est aussi une normalité. Le problème est que certains individus décident que ceux qui les accueillent sont des racistes et forment des groupes pseudo-communautaires ou infiltrent ces groupes, pour qu'au moindre soupçon ils crient au racisme et à l'injustice.

Le néoracisme semble cibler les musulmans du Québec, c'est drôle... Des Imams voulant instaurer la charia au Canada prétendent que nous sommes des infidèles et qu'il faut nous assimiler ou nous détruire. Drôle que dans tout le monde, ces mêmes islamistes répètent inlassablement les mêmes litanies. Est-il possible que tous les citoyens de ces pays soient des racistes finis ? Je suis las, très las de me sentir dans l'obligation de crier «NON, JE NE SUIS PAS RACISTE». Car les non-racistes visent les gens n'ayant pas la même idéologie. Ces mêmes personnes ne veulent surtout pas de la laïcité, ça détruirait leurs arguments de victimisation.

Ne vous étonnez pas que les prochaines consultations publiques sur le racisme systémique deviennent un déversoir de fiel et un moment de flagellation national. Il y a des gens à qui profite le racisme et nous sommes en plein sommeil.

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