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17/03/2018 08:00 EDT | Actualisé 17/03/2018 08:00 EDT

Dur d'être mâle, blanc, hétéro, dans ce nouveau monde

Il devient de plus en plus difficile de porter l'étiquette «mâle blanc hétéro» dans une société qui se cherche des repères d'un tout autre genre.

Getty Images/iStockphoto

Au Canada et au Québec, depuis un certain temps pour ne pas dire un temps certain, nous connaissons en tant que société, une période de guerre à peine larvée entre des groupes se disant féministes, «racisés», genrés ou non genrés et le mâle blanc hétérosexuel. Il devient de plus en plus difficile de porter l'étiquette «mâle blanc hétéro» dans une société qui se cherche des repères d'un tout autre genre.

Il est devenu de bon ton de frapper sur le modèle dit «patriarcal». Ce modèle qui, on peut se le dire, s'il existe encore, devient une espèce en voie de disparition. Quand on veut changer le mot patrimoine par matrimoine et gommer le sexe de l'individu sur des papiers officiels, c'est un peu faire de l'enculage de mouches. Oubliez le flirt, c'est de l'incitation au viol.

Depuis quelque temps, nos universitaires féministes heureuses de supporter les femmes qui se voilent, par semble-t-il une néo religiosité de bon aloi. Ces mêmes féministes tout aussi heureuses de se battre contre un racisme latent et une religiosité séculaire au Québec. Oui, nous sommes les blancs, les privilégiés du système, les nantis, ceux qui ne souffrent pas et n'ont jamais souffert.

J'ai, pour ma part, en tant que policier, été traité de tout ce que vous pouvez imaginer.

J'ai, pour ma part, en tant que policier, été traité de tout ce que vous pouvez imaginer. J'ai côtoyé la misère blanche tout autant que celle des «racisés», j'allais dire de la communauté noire avec laquelle j'ai travaillé pendant plus de 7 ans. Mais dire noire aujourd'hui, ça aussi pour les «racisés» est un sacrilège.

Peut-être ne le savez-vous pas, mais un homme blanc pauvre, ressemble à tout autre homme et ça, mes belles universitaires subventionnées, vous ne l'avez pas vécu. Vous pouvez toujours tenter de ressembler à la «passionaria» que vous ne connaissez pas, à Frida Kahlo ou Assata Shakur, mais pour cela, il vous faudrait un vrai combat.

Au Québec, il est maintenant interdit de penser en tant que mâle et si par malheur vous tentez de vous faire voir, immédiatement des yeux réprobateurs viennent vous remettre à votre place.

En choisissant ici l'homme blanc hétéro, vous faites fausse route. Il est vrai qu'il s'agit d'une cible facile. Au Québec, il est maintenant interdit de penser en tant que mâle et si par malheur vous tentez de vous faire voir, immédiatement des yeux réprobateurs viennent vous remettre à votre place. Vous avez eu votre temps, votre heure de gloire, maintenant, dégagez.

Alors, dans plusieurs domaines, la parité homme, femme, blanc, racisés, hétéro, genrés ou non... Fait que la compétence est définitive, une denrée non essentielle, pourvu que la parité soit respectée.

En même temps, nous avons des centres d'entraînement pour femmes seulement, des bars pour femmes seulement, des patronnes choisissant que des femmes, tout cela dans une harmonie complète avec les hommes qui... ferment leurs gueules.

Une jeune femme dans la quarantaine, Jamaïcaine, née à Montréal, devient infirmière, mais comme elle ne connaît pas un traître mot de français, elle s'étonne de ne pas trouver de travail et crie au racisme. Les blancs ne veulent pas me donner de travail et je n'ai pas à apprendre le français. J'ai tenté de dialoguer avec elle et son groupe social... Ouf un vrai raciste blanc, colonialiste, esclavagiste, exploiteur. Me faire dire que le malheur des racisés, vient du fait que nous ayons eu des esclaves, c'est du délire, mais je l'ai quand même bien entendu.

Si vous, les universitaires féministes, connaissiez votre histoire, vous verriez que défendre des valeurs presque haineuses envers un groupe précis d'individus a toujours été contre-productif et mène à l'affrontement, tous ceux qui les ont adoptés. Mais pour le moment, continuez le combat. La seule chose qui réussit à me faire sourire, c'est que dans quelques années, si vous faites des enfants, ils vous diront que vous avez tort. Ils auront eux aussi des combats aussi futiles que les vôtres.

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